Je vous fait part d'un petit conte écrit il y a quelques jours... Un peu gore, un peu sombre, peut-être un peu pessimiste, poétique tout plein, mais j'atta quand même d'avoir votre avis

Il était une fée noire. Inconnue de tous. Elle vivait au milieu de ses toiles : ses idées noires qu'elle avait tissé de ses propres pensées. Son seul plaisir était d'admirer au matin ses larmes briller sur les fils poussiéreux lorsqu'elle avait trop pleuré.
Elle souriait alors, et les nuages s'en allaient du ciel : cette fée était celle du passé, avec ses longs cheveux qui s'emmêlaient lorsque sa colère en mille éclats volait.
Je ne l'ai jamais vraiment vue entourée, cette fée, c'est à peine si elle pouvait voler : dans les fils, des pensées noires la retenaient.
Lorsqu'elle vit pour la première fois le Soleil, elle voulut aller par curiosité caresser la chevelure de l'astre doré, mais plus il émergeait de la Terre et plus elle se sentait brûlée. Alors elle hurla, hurla mais personne ne l'entendit. Elle était seule dans cet univers glacial qui l'englobait ...
Elle voulut se faire du mal lorsque les hirondelles dans ses toiles mouraient. Comment faire quand on survit au trépâs alors que tant d'autres pourrissent déjà? ... Elle saisit la longue dague qui scintillait ...
La toile qu'elle vomit pour cracher son chagrin retint sa main ... Si même elle était prisonnière d'elle-même ... Elle écarquilla ses blancs yeux : pourquoi l'en empêchait-on? Et d'abord pourquoi n'était-elle pas même libre?
Une fois de plus -mais peut-être la dernière-, ses pupilles reptiliennes se dilatèrent et elle fût prise de convulsions tandis que de ses ailes noires coulait un sang qui l'engluait d'autant plus. Elle décida de laisser derrière elle ce corps dont elle ne voulait plus et entra en transe. Sa peau se mit à craquer puis tomba en lambeaux, mais le diable au corps, elle continua se déchaîner à l'agonie.
Ses ailes se collaient entre elles et l'on voyait l'Ombre palpiter au travers de ces fins filaments, pour n'en laisser que de longues mains tissées d'argent qui émergeaient pendant que la belle sortait de son enveloppe, à l'apothéose crépusculaire de sa vie.
Elle avait perdu beaucoup de cheveux, mais il lui avait poussé des chaînes d'os sculptées, sa peau avait pris une teinte bleutée et ses yeux un ton ambré. Des crocs aiguisés.
Elle déchira ses toiles et s'évada de son cocon, bondit, la nuit sur ses talons. Elle poursuit toujours le Soleil, insatiable de vengeance et déesse des Ténèbres Eternelles, l'Impitoyable qui arrache les mortels à leurs corps pour grossir les rangs de son armée sombre. Elle attend l'Apocalypse ...
"
Voilà ^_^