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 Extraits

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MessageSujet: Extraits   Sam 24 Juin - 23:51

Allez, c'est parti! Premier extrait!
Vous reconnaîtrez de suite, même moi j'ai reconnu.

Le regard de Cosette tomba sur le seau qui était devant elle. Tel était l'effroi que lui inspirait la Thénardier qu'elle n'osa pas s'enfuir sans le seau d'eau. Elle saisit l'anse à deux mains. Elle eut de la peine à soulever le seau.
Elle fit ainsi une douzaine de pas, mais le seau était plein, il était lourd, elle fut forcée de le reposer à terre. Elle respira un instant, puis elle enleva l'anse de nouveau, et se remit à marcher, cette fois un peu plus longtemps. Mais il fallut s'arrêter encore. Après quelques secondes de repos, elle repartit. Elle marchait penchée en avant, la tête baissée, comme une vieille; le poids du seau tendait et roidissait ses bras maigre; l'anse de fer achevait d'engourdir et de geler ses petites mains mouillées; de temps en temps elle était forcée de s'arrêter, et chaque fois qu'elle s'arrêtait l'eau froide qui débordait du seau tombait sur ses jambes nues. Cela se passait au fond d'un bois, la nuit, en hiver, loin de tout regard humain; c'était un enfant de huit ans. Il n'y avait que Dieu en ce moment qui voyait cette chose triste.
Et sans doute sa mère, hélas!
Car il est des choses qui font ouvrir les yeux aux mortes dans leur tombeau.
Elle soufflait avec une sorte de râlement douloureux; des sanglots lui serraient la gorge, mais elle n'osait pas pleurer, tant elle avait peur de la Thénardier, même loin. C'était son habitude de se figurer toujours que la Thénardier était là.
Cependant elle ne pouvait pas faire beaucoup de chemin de la sorte, et elle allait bien lentement. Elle avait beau diminuer la durée des stations et marcher entre chaque le plus longtemps possible. Elle pensait avec angoisse qu'il lui faudrait plus d'une heure pour retourner ainsi à Montfermeil et que la Thénardier la battrait. Cette angoisse se mêlait à son épouvante d'être seule dans le bois la nuit. Elle était harassée de fatigue et n'était pas encore sortie de la forêt. Parvenue prés d'un vieux chataignier qu'elle connaissait, elle fit une dernière halte plus longue que les autres pour se bien reposer, puis elle rassembla toutes ses forces, reprit le seau et se remit à marcher courageusement. Cependant le pauvre petit être désespéré ne put s'empêcher de s'écrier: "O mon Dieu! mon Dieu!"
En ce moment, elle sentit tout à coup que le seau ne pesait plus rien. Une main, qui lui parut énorme, venait de saisir l'anse et la soulevait vigoureusement. Elle leva la tête. Une grande forme noire, droite et debout, marchait auprés d'elle dans l'obscurité. C'était un homme qui était arrivé derrière elle et qu'elle n'avait pas entendu venir. Cet homme, sans dire un mot, avait empoigné l'anse du seau qu'elle portait.
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MessageSujet: Re: Extraits   Sam 24 Juin - 23:52

Il y a des instincts pour toute les rencontres de la vie. L'enfant n'eut pas peur...
L'homme lui adressa la parole. Il parlait d'une voix grave et presque basse.
"Mon enfant, c'est bien lourd pour vous ce que vous portez là."
Cosette leva la tête et répondit:
"Oui, monsieur.
-Donnez, reprit l'homme, je vais vous le porter."
Cosette lâcha le seau. L'homme se mit à cheminer prés d'elle.
"C'est très lourd, en effet, dit-il entre ses dents. Puis il ajouta:
-Petite, quel âge as-tu?
-Huit ans, monsieur.
-Et viens-tu de loin comme cela?
-De la source qui est dans le bois.
-Et est-ce loin où tu vas?
-A un bon quart d'heure d'ici."
L'homme resta un moment sans parler, puis il dit brusquement:
"Tu n'as donc pas de mère?
-Je ne sais pas", répondit l'enfant.
Avant que l'homme eût le temps de reprendre le parole elle ajouta/
"Je ne crois pas. Les autres en ont. Moi, je n'en ai pas."
Et après un silence, elle reprit:
"Je crois que je n'en ai jamais eu."
L'homme s'arrêta, il posa le seau à terre, se pencha et mit ses deux mains sur les deux épaules de l'enfant, faisant effort pour la regarder et voir son visage dans l'obscurité.
La figure maigre et chétive de Cosette se dessinait vaguement à la lueur livide du ciel.
"Comment t'appelles-tu? dit l'homme.
-Cosette."
L'homme eut comme une secousse électrique. Il la regarda encore, puis ôta ses mains de dessus les épaules de Cosette, saisit le seau et se remit à marcher.
Au bout d'un instant, il demanda:
"Petite, où demeures-tu?
-A Montfermeil, si vous connaissez.
-C'est là que nous allons?
-Oui, monsieur."
Il fit encore une pause, puis il recommença:
"Qui est-ce donc qui t'a envoyée à cette heure chercher de l'eau dans le bois?
-C'est madame Thénardier."
L'homme repartit d'un son de voix qu'il voulait s'efforcer de rendre indifférent, mais où il y avait pourtant un tremblement singulier:
"Qu'est-ce qu'elle fait, ta madame Thénardier?
-C'est ma bourgeoise, dit l'enfant. Elle tient l'auberge
-L'auberge? dit l'homme. Eh bien, je vais aller y loger cette nuit. Conduis-moi.
-Nous y allons," dit l'enfant.
L'homme marchait assez vite. Cosette le suivait sans peine. Elle ne sentait plus la fatigue. De temps en temps, elle levait les yeux vers cet homme avec une sorte de tranquillité et d'abandon inexprimable. Jamais on ne lui avait appris à se tourner vers la Providence et à prier. Cependant elle sentait en elle quelque chose qui ressemblait à de l'espèrence et à de la joie et qui s'en allait vers le ciel.
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MessageSujet: Re: Extraits   Sam 24 Juin - 23:54

Quelques minutes s'écoulèrent. L'homme reprit:
"Est-ce qu'il n'y a pas de servante chez madame Thénardier?
-Non monsieur.
-Est-ce que tu es seule?"
Il y eut encore une interruption. Cosette éleva la voix:
"C'est à dire il y a deux petite filles.
-Quelles petites filles?
-Ponine et Zelma."
L'enfant simplifiait de la sorte les noms romanesques chers à Thénardier.
"Qu'est-ce que c'est que Ponine et Zelma?
-Ce sont les demoiselles de madame Thénardier.
Comme qui dirait ses filles.
-Et que font-elles celles-là?
-Oh! dit l'enfant, elles ont de belles poupées, des choses où il y a de l'or, tout plein d'affaires. Elles jouent, elles s'amusent.
-Toute la journée?
-Oui, monsieur.
-Et toi?
-Moi, je travaille.
-Toute la journée?"
L'enfant leva ses grands yeux où il y avait une larme qu'on ne voyait pas à cause de la nuit, et répondit doucement:
"Oui, monsieur"
Elle poursuivit après un intervalle de silence:
"Dès fois, quand j'ai fini l'ouvrage et qu'on veut bien, je m'amuse aussi.
-Comment t'amuses-tu?
-Comme je peux. On me laisse. Mais je n'ai pas beaucoup de joujoux. Ponine et Zelma ne veulent pas que je joue avec leurs poupées. Je n'ai qu'un petit sabre en plomb, pas plus que ça."
L'enfant montrait son petit doigt.
"Et qui ne coupe pas?
-Si, monsieur, dit l'enfant, ça coupe la salade et les têtes de mouches."
Ils atteignirent le village; Cosette guida l'étranger dans les rues. Ils passèrent devant la boulangerie, mais Cosette ne songea pas au pain qu'elle devait rapporter. L'homme avait cessé de lui faire des questions et gardait maintenant un silence morne. Quand ils eurent laissé l'église derrière eux, l'homme voyant toutes ces boutiques en plein vent, demanda à Cosette:
"C'est donc la foire ici?
-Non, monsieur, c'est Noël."
Comme ils approchaient de l'auberge, Cosette lui toucha le bras timidement.
"Monsieur?
-Quoi, mon enfant?
-Nous voilà tout près de la maison.
-Eh bien?
-Voulez-vous me laisser reprendre le seau à présent.
-Pourquoi?
-C'est que, si madame voit qu'on me l'a porté, elle me battra."
L'homme lui remit le seau. Un instant aprés, ils étaient à la porte de la gargote.

Victor Hugo - Les Misérables - Cosette
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MessageSujet: Re: Extraits   Dim 25 Juin - 0:18

bouhouhou!

*Bon, en même temps... vu que je sais que ça finit bien après...*

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MessageSujet: Re: Extraits   Ven 30 Juin - 17:33

"Plaignons les hommes, mon cher fils! Ces mêmes Indiens dont les coutumes sont si touchantes, ces mêmes femmes qui m'avaient témoigné un intérêt si tendre, demandaient maintenant mon supplice à grands cris, et des nations entières retardaient leur départ pour avoir le plaisir de voir un jeune homme souffrir des tourments épouvantables.
"Dans une vallée au nord, à quelque distance du grand village, s'élevait un bois de cyprès et de sapins, appelé le Bois du sang. On y arrivait par les ruines d'un de ces monuments dont on ignore l'origine, et qui sont l'ouvrage d'un peuple maintenant inconnu. Au centre de ce bois s'étendait une arène où l'on sacrifiait les prisonniers de guerre. On m'y conduit en triomphe. Tout se prépare pour ma mort : on plante le poteau d'Areskoui ; les pins, les armes, les cyprès tombent sous la cognée ; le bûcher s'élève ; les spectateurs bâtissent des amphithéâtres avec des branches et des troncs d'arbres. Chacun invente un supplice : l'un se propose de m'arracher la peau du crâne, l'autre de me brûler les yeux avec des haches ardentes. Je commence ma chanson de mort :
"Je ne crains pas les tourments ; je suis brave, ô Muscogulges! Je vous défie! Je vous méprise plus que des femmes. Mon père Outalissi, fils de Miscou, a bu dans le crâne de vos plus fameux guerriers ; vous n'arracherez pas un soupir de mon coeur."
"Provoqué par ma chanson, un guerrier me perça le bras d'une flèche. Je dis : "Frère, je te remercie."
"Malgré l'activité des bourreaux, les préparatifs du supplice ne purent être achevés avant le coucher du soleil. On consulta le jongleur, qui défendit de troubler les Génies des ombres, et ma mort fut encore suspendue jusqu'au lendemain. Mais, dans l'impatience de jouir du spectacle et pour être plus tôt prêts au lever de l'aurore, les Indiens ne quittèrent point le Bois du sang ; ils allumèrent de grands feux et commencèrent des festins et des danses.
"Cependant on m'avait étendu sur le dos. des cordes partant de mon cou, de mes pieds, de mes bras, allaient s'attacher à des piquets enfoncés en terre. Des guerriers étaient couchés sur ces cordes, et je ne pouvais faire un mouvement sans qu'ils en fussent avertis. La nuit s'avance : Les chants et les danses cessent par degré ; les feux ne jettent plus que les lueurs rougeâtres, devant lesquelles on voit encore passer les ombres de quelques sauvages ; tout s'endort : à mesure que le bruit des hommes s'affaiblit, celui du désert augmente, et au tumulte des voix succèdent les plaintes du vent dans la forêt.
"C'était l'heure où une jeune Indienne qui vient d'être mère se réveille en sursaut au milieu de la nuit, car elle a cru entendre les cris de son premier-né, qui lui demande la douce nourriture. Les yeux attachés au ciel, où le croissant de la lune errait dans les nuages, je réfléchissait sur ma destinée. Atala me semblait un monstre d'ingratitude. M'abandonner au moment du supplice, moi qui m'étais dévoué aux flammes plutôt que de la quitter! Et pourtant je sentais que je l'aimais toujours et que je mourrais avec joie pour elle.
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MessageSujet: Re: Extraits   Ven 30 Juin - 17:34

"Il est dans les extrêmes plaisirs un aiguillon qui nous éveille, comme pour nous avertir de profiter de ce moment rapide ; dans les grandes douleurs, au contraire, je ne sais quoi de pesant nous endort : des yeux fatigués par les larmes cherchent naturellement à se fermer, et la bonté de la Providence se fait ainsi remarquer jusque dans nos infortunes. Je cédai malgré moi à ce lourd sommeil que goûtent quelquefois les misérables. Je rêvais qu'on m'ôtait mes chaînes ; je croyais sentir ce soulagement qu'on éprouve lorsque, après avoir été fortement pressé, une main secourable relâche nos fers.
"Cette sensation devint si vive, qu'elle me fit soulever les paupières. A la clarté de la lune, dont un rayon s'échappait entre deux nuages, j'entrevois une grande figure blanche penchée sur moi et occupée à dénouer silencieusement mes liens. J'allais pousser un cri, lorsqu'une main, que je reconnus à l'instant, me ferma la bouche. Une seule corde restait, mais il paraissait impossible de la couper, sans toucher un guerrier qui la couvrait tout entière de son corps. Atala y porte la main ; le guerrier s'éveille à demi et se dresse sur son séant. Atala reste immobile et le regarde. L'Indien croit voir l'esprit des ruines ; il se recouche en fermant les yeux et en invoquant son Manitou. Le lien est brisé. Je me lève ; je suis ma libératrice, qui me tend le bout d'un arc dont elle tient l'autre extrémité. Mais que de dangers nous environnent! tantôt nous sommes près de heurter des sauvages endormis ; tantôt une garde nous interroge, et Atala répond en changeant de voix. Des enfants poussent des cris, des dogues aboient. A peine sommes-nous sortis de l'enceinte funeste, que des hurlements ébranlent la forêt. Le camp se réveille, mille feux s'allument, on voit courir de tous côtés des sauvages avec des flambeaux. Nous précipitons notre course.
"Quand l'aurore se leva sur les Apalaches nous étions déjà loin. Quelle fut ma félicité lorsque je me trouvai encore une fois dans la solitude avec Atala ma libératrice, avec atala qui se donnait à moi pour toujours! Les paroles manquèrent à ma langue ; je tombai à genoux et je dis à la fille de Simaghan : "Les hommes sont bien peu de chose ; mais quand les Génies les visitent, alors ils ne sont rien du tout. Vous êtes un Génie, vous m'avez visité, et je ne puis parler devant vous."
Atala me tendit la main avec un sourire : "Il faut bien, dit-elle, que je vous suive, puisque vous ne voulez pas fuir sans moi. Cette nuit, j'ai séduit le jongleur par des présents, j'ai enivré vos bourreaux avec de l'essence de feu et j'ai dû hasarder ma vie pour vous, puisque vous aviez donné la vôtre pour moi. Oui, jeune idolâtre, ajouta-t-elle avec un accent qui m'effraya, le sacrifice sera réciproque."
"Atala me remit les armes qu'elle avit eu soin d'apporter ; ensuite elle pansa ma blessure. En l'essuyant avec une feuille de papaya, elle la mouillait de ses larmes. "C'est un baume, lui dis-je, que tu répands sur ma plaie. - Je crains que ce ne soit un poison," répondit-elle. Elle déchira un des voile de son sein, dont elle fit une première compresse, qu'elle attacha avec une boucle de ses cheveux.

Chateaubriand - Atala - L'évasion de Chactas
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Extraits   Ven 30 Juin - 18:05

Tiens, j'ai jamais lu Atala... que des extraits, à chaque fois...

Faut dire (j'en suis vraiment désolée, Mimi, après tant d'effort pour mettre cet extrait, au demeurant magnifique) que les grands textes romantiques ...
*déjà, Ô insensible que je suit, ce genre de passage me fait plus rire qu'il ne m'émeut:
En l'essuyant avec une feuille de papaya, elle la mouillait de ses larmes. "C'est un baume, lui dis-je, que tu répands sur ma plaie. - Je crains que ce ne soit un poison," répondit-elle. Elle déchira un des voile de son sein, dont elle fit une première compresse, qu'elle attacha avec une boucle de ses cheveux.*

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MessageSujet: Re: Extraits   Ven 30 Juin - 19:08

Tu n'as pas a être désolée, j'avoue que moi aussi ça ma laissé perplexe. euh?
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MessageSujet: Re: Extraits   Ven 28 Juil - 19:26

Bon, moins *intello* comme bouquin ^^ ... On en a parlé tout à l'heure avec Nanou, et je ne résiste pas à mettre quelques extraits d'un livre écrit à 4 mains par Mr Terry Pratchett et Mr Neil Gaiman, 2 types très biens, De bons présages (petite info, je sais pas si ça se fera un jour, mais le bruit à couru à un moment - faudra que je me renseigne pour savoir si il court toujours ou s'il s'est arrêté quelque part - que Terry Gilliam pourrait en faire l'adaptation...)

Si l'on admet que l'Univers a été crée et n'a pas commencé officieusement, pour ainsi dire, les théories actuelles sur sa Création lui attribuent entre 10 et 20 milliards d'années.Selon un calcul identique, on juge d'ordinaire que la Terre a 4 milliard et demi d'années.
Ces estimations sont fausses.
Les Cabalistes du Moyen-Age ont évalué la date de la Création à 3760 avant J-C. Les théologiens orthodoxes grecs remontaient jusqu'en 5508 avant J-C.
Erreur, là aussi.
L'archevêque James Usher (1581-1656) publia en 1654 ses Annales Veteris et Novi Testamenti , qui suggéraient que le Ciel et la Terre ont été crées en 4004 avant J-C. Un de ses collaborateurs poussa les calculs plus loin et put annoncer triomphalement que la Terre avait vu le jour le dimanche 21 octobre 4004 avant J-C, à 9h du matin précises, parce que Dieu aimait travailler tôt, pendant qu'Il se sentait frais et dispos.
Il se trompait également. De presque un quart d'heure.
Ces histoires de fossiles de dinosaures sont un canular, mais les paléonthologues ne l'ont pas encore compris.
Ce qui prouve 2 choses :
D'abord, que les voies du Seigneur sont vraiment impénétrables : elles fonctionnent peut-être même ne circuit fermé. Dieu ne joue pas aux dés avec l'univers, mais à un jeu ineffable de Son invention, qu'on pourrait comparer, du point de vue des autres joueurs (1), à une version obscure et complexe du poker, en chambre noire, avec des cartezs blanches, pour des enjeux infinis, face à une Banque qui refuse d'expliquer les règles et qui n'arrête pas de sourire.Ensuite, que la Terre est Balance.

*****


Le jour où commence cette histoire, l'horoscope des Balances, dans la rubrique "Les Etoiles et Vous" de l'Echo de Tadfield, annonçait :

Vous avez l'impression d'être au bout du rouleau et de tourner sans cesse en rond. Dans votre foyer et votre famille, d'importantes rivalités s'éternisent. Evitez les risques inutiles. Un ami jouera un rôle capital. Remettez les grandes décisions en attendant une embellie. Possibilités d'embarras gastriques, auhourd'hui : évitez les salades. Vous pourriez recevoir de l'aide d'une source inattendue.


Tout était rigoureusement exact, sauf l'histoire des salades.

(1) c'est à dire tout le monde.


-------------------------------------------------------------------------------------


La plupart des pensionnaires du couvent étaient des satanistes traditionalistes, comme leurs parents et leurs grands-parents. On les avaient élevés ainsi et, à y regarder de près, ils n'étaient pas vraiment mauvais. En règle générale, les humains ne sont pas vraiment mauvais. Ils se laissent séduire par les idées nouvelles, c'est tout : on enfile de grandes bottes et on se met à fusiller les gens, on s'habille en blanc et on se metà lyncher les gens, on s'affuble de jeans à fleurs et on se met à jouer de la guitare aus gens. Offrez à un humain de nouvelles idées et un costume : il ne tardera pas à vous suivre, coeur et âme.
De toutes façons, recevoir une éducation sataniste tend à dépoétiser la chose. C'est quelque chose qu'on fait le samedi soir. Le reste du temps, on vit sa vie de son mieux, comme tout le monde. De plus, la soeur Mary était infirmière, et les infirmières de toutes confessions sont avant tout infirmières, un métier où, en priorité, on porte sa montre à l'envers, on garde son calme dans les moments d'urgence et on meurt d'envie de boire une bonne tasse de thé. [...]
On comprendra peut-être mieux les affaires humaines s'il est clairement dit que ce ne sont pas les gens fondamentalement bons ou les gens fondamentalement mauvais qui sont à l'origine des plus grands triomphes ou des plus grandes tragédies de l'Histoire, mais des gens fondamentalement humains.

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MessageSujet: Re: Extraits   Ven 28 Juil - 19:28

En fait, dans son appartement, Rampa n'accordait d'attention particulière qu'à une seule chose : ses plantes vertes. Elle étaient plantureuses, chlorophyllées, splendides, avec des feuilles brillantes, saines, lustrées.
Pour obtenir un tel résultat, Rampa arpentait l'appartement une fois par semaine avec un brumisateur pour plantes en plastique vert, humidifiait les feuilles et parlait à ses plantes [...]. Mais peut-être que parler n'est pas le mot le plus approprié pour décrire ce que faisait Rampa.
En fait, il leur faisait une peur de tous les diables. [...]
De plus, tous les 2 mois environ, Rampa sélectionnait une plante : elle croissait trop lentement, elle se mourait d'une moisissure, ses feuilles viraient au brun, ou tout simplement elle n'avait pas aussi bonne mine que ses consoeurs. Il la promenait devant tous les autres végétaux, en leur dsant : "Dites adieu à votre copine. Elle n'était pas à la hauteur..."
Ensuite, il quittait l'appartement avec la plante félonne, et rentrait une heure plus tard avec un grand pot de fleurs vide, qu'il laissait ostensiblement trainer dans l'appartement.
Il avait les plus luxuriantes, les plus belles plantes vertes de tout Londres. Les plus terrifiées aussi.


-------------------------------------------------------------------------------------

Et une petite note de bas de page sur les allume-feu ^^ :

Note à l'intention des Américains et autres créatures urbicoles : les Britanniques ruraux, ayant répudié le chauffage central, jugé beaucoup trop compliqué et, de toutes façons, facteur de dgénerescence de la fibre morale, lui préfèrent un autre système : empiler de petits morceaux de bois et des boulets de charbon, surmontés d'énormes bûches humides, de préférence composées d'amiante, en amas fumants qu'on appelle généralement : "une bonne flambée, y a rien de tel, pas vrai?". Comme aucun de ces ingrédients n'a de don naturel pour la combustion, on introduit sous l'édifice un petit bloc rectangulaire d'un blanc cireux, qui brûle avec ardeur jusqu'à ce que le poids du bois l'étouffe. On appelle ces petits blocs blancs des allume-feu. Nul ne sait pourquoi.

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MessageSujet: Re: Extraits   Sam 29 Juil - 13:20

Bigre ! J'ai toujours cru que Terry Prartchett était une femme !!
J'adorerais lire ce bouquin !
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MessageSujet: Re: Extraits   Sam 29 Juil - 13:29

Rhââ, me faut ce livre!! Bon, comme toujurs, c'est génial et loufoque, et génial de loufoquerie...

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MessageSujet: Re: Extraits   Sam 29 Juil - 16:25

Pour tous ceux qui n'auraient pas encore eu le plaisir de le lire chez moi (et pour saouler les autres :tongue: ), je vous mets ici un extrait de L'inespérée de Christian Bobin (c'est d'ailleurs précisément la petite nouvelle, qui a donné son titre au recueil).

L’inespérée

Je reviens de Bretagne, mon amour. La Bretagne est une terre belle comme l’enfance : les fées et les diables y font bon ménage. Il y a des pierres et de l’eau, du ciel et des visages – et ton nom partout chantant dessous le nom des pierres, de l’eau, du ciel et des visages.

Cela fait bien longtemps que je ne sors plus sans toi. Je t’emporte dans la plus simple cachette qui soit : je te cache dans ma joie comme une lettre en plein soleil.

Il y a en Bretagne beaucoup d’églises, presque autant que de sources ou de diables. Dans une chapelle, j’ai vu un bateau large comme deux bras ouverts. Il ne portait ni voiles ni mât – rien d’autre que des bougies. On aurait dit un jouet d’enfant. Sur la coque, ce nom en peinture bleue : A l’abandon de Dieu. J’ai aussitôt pensé à toi : ce petit bateau c’est ta vie et c’est toi, mon amour. C’est la pureté de ton cœur mille et mille fois naufragé, mille et mille fois reprenant le large, emportant avec lui cette lumière qui le brûle et qui le lave.

Je suis fou de pureté. Je suis fou de cette pureté qui n’a rien à voir avec une morale, qui est la vie dans son atome élémentaire, le fait simple et pauvre d’être pour chacun au bord des eaux de sa mort noire et d’y attendre seul, infiniment seul, éternellement seul. La pureté est la matière la plus répandue sur la terre. Elle est comme un chien. Chaque fois que nous ne nous reposons sur rien que sur notre cœur vide, elle revient s’asseoir à nos pieds, nous tenir compagnie.

C’est une chose que tu m’as apprise, mon âme. Tu m’as appris beaucoup de choses. Tu m’as d’abord enfermé dans ton rire comme un écolier dans la classe au mois d’août, puis tu m’as rendu au monde avec pour devoir de l’écrire comme il est : affreusement noir en dessus, miraculeusement pur en dessous.

Dans le train qui m’emmenait en Bretagne, je lisais un livre de Catherine de Sienne. C’est une Sainte du quatorzième siècle. Je sais peu de choses d’elle, sinon qu’elle avait coutume de dire leur vérité aux papes et aux puissants, avec cette violence que peuvent avoir les femmes pour défendre leur enfant. L’enfant des saintes c’est l’amour fou, rendu fou de ne connaître que soi dans un monde qui n’est rien.

Le mouvement du train m’éloignait de toi, et le mouvement de cette lecture m’en rapprochait : les saintes te ressemblent par leur manière d’être gaiement perdues et de jeter leur cœur par la première fenêtre ouverte. Les saintes sont les plus belles des femmes. Elles sont belles de ces forces qui les quittent. Je retrouve dans leur voix le même silence que dans le témoignage de ceux qui sont revenus de camps de concentration – comme si la souffrance et l’amour à leur extrême accrochaient le même nerf taciturne. Ceux à qui on a rasé le crâne et celles à qui on a brûlé le cœur ont en commun de n’avoir plus de langue. Nous vous racontons disent les déportés, mais plus nous vous racontons, moins vous comprendrez, et vous ne pourrez pas entendre ce que nous ne saurons vous dire. Nous appelons, disent les saintes, nous appelons celui qui se tient sur l’autre rive de notre cœur et nous ne saurons jamais s’il nous entend, pas même s’il y a quelqu’un. Ces deux états sont affaire à l’épuisement de la langue parce qu’ils touchent au plus faible de la vie, quand la vie n’est plus que douleur ou joie pures, dépérissement anonyme de la faim, langueur indéfinie de l’absence : l’épreuve de la vie faible est l’épreuve la plus radicale qui soit.

C’est une des choses que j’ai apprises en te regardant. Je pourrais passer ma vie à te regarder vivre : le spectacle de l’intelligence ne lasse jamais. Tes gestes pour essuyer les lèvres d’un enfant ou pour tourner les pages d’un livre que tu n’auras pas le temps de lire, ta manière de mener à bien un travail où il te faut échanger ta solitude contre trois fois rien d’argent – tout de toi m’instruit profondément. Si je veux connaître ce que sont le courage et la noblesse de vivre, il me suffit de te voir et d’écrire selon ce que je vois.

J’écris depuis que tu me lis, depuis cette première lettre dont j’ignorais ce qu’elle pouvait dire, qui ne pouvait trouver son sens que dans tes yeux. Je n’ai jamais rien écrit de plus que les trois premières phrases de cette lettre : Ne rien croire. Ne rien attendre. Espérer que quelque chose, un jour, arrive. Les mots sont en retard sur nos vies. Tu as toujours été en avance sur ce que j’espérais de toi. Tu as depuis toujours été l’inespérée.

En Bretagne, je regardais les visages, les vagues et les ciels et je n’ai jamais autant perçu la douceur de cette vie là, promise à la mort : il nous faudrait éclairer chaque présence d’un amour à chaque fois unique, adressé en elle à sa solitude inconsolable et pure. Il nous faudrait apprendre à compter un par un chaque visage, chaque vague et chaque ciel, en donnant à chacun la lumière qui lui revient dans cette vie obscure.

Tout le mal dans cette vie provient d’un défaut d’attention à ce qu’elle a de faible et d’éphémère. Le mal n’a pas d’autre cause que notre négligence et le bien ne peut naître que d’une résistance à cet ensommeillement, que d’une insomnie de l’esprit portant notre attention à son point d’incandescence – même si une telle attention pure nous est, dans le fond, impossible : seul un Dieu pourrait être présent sans défaillance à la vie nue, sans que sa présence jamais ne défaille dans un sommeil, une pensée ou un désir. Seul un Dieu pourrait être assez insoucieux de soi pour se soucier, sans relâche, de la vie merveilleusement perdue à chaque seconde qui va. Dieu est le nom de cette place jamais assombrie par une négligence, le nom d’un phare au bord des côtes. Et peut être cette place est-elle vide, et peut être ce phare est-il depuis toujours abandonné, mais cela n’a-t-il aucune espèce d’importance : il nous faut faire comme si cette place était tenue, comme si ce phare était habité. Il nous faut venir en aide à Dieu sur son rocher et appeler un par un chaque visage, chaque vague et chaque ciel – sans en oublier un seul.

Ce que je te dis là, me vient de toi. J’ai appris en voyant ta vie simple ce que les femmes savent par la douleur de savoir, par nécessité de douleur et de place, et que les hommes sont si lourds à entendre, épaissis qu’ils sont dans leur suffisance d’hommes, recuits dans leur maîtrise des apparences du monde, seulement de ses apparences : plus on se tient près de la vie des faibles et plus on se rapproche du bien pur, sans espérer un jour l’atteindre : personne n’est saint dans cette vie, ce que savent fort bien les saintes qui se connaissent pour ce qu’elles sont, les plus perdues des femmes – mesurant par l’étendue d’un chant la grandeur de cette perte . Personne n’est saint dans cette vie, seule cette vie l’est.

Moi dont le cœur voyage aussi mal qu’un panier de fraises, je n’ai cessé de goûter en Bretagne à la légèreté chantante des jours – autre nom de la pureté et nom de toi, mon amour.

Tu es partout présente et je regarde le monde par tes yeux clairs : il est comme une passerelle de bois entre nous deux, depuis toujours franchie.

Le simple toucher de l’air sur mes joues, dans une promenade au bord de l’océan, c’était toi, entière : c’est difficile de t’expliquer cela et je ne suis pas sûr qu’il soit besoin d’expliquer ce que l’on vit. La vie est à elle-même son propre sens, pour peu qu’elle soit vivante.

Ce voyage n’a duré que quatre jours et il me semble que je pourrais t’en parler pendant des années. Très peu me donne beaucoup à voir. Très peu est pour moi le nom de l’abondance. J’ai au cœur une bête sauvage qui ne sort que la nuit et pour quelques secondes. Elle s’empare des restes abandonnés par le jour – feuille, visage ou parole – et elle regagne précipitamment son trou, ayant trouvé de quoi manger pour deux siècles. Ce n’est jamais la même chose dont elle se nourrit – ici un voyage, là une lecture, ailleurs un silence – mais c’est toujours la même joie qui est cherchée et parfois atteinte, une joie enfantine et légère comme une tache de soleil.

Je n’imagine pas jamais te perdre, sinon en perdant ce rien de joie nécessaire pour respirer, simplement respirer. Et cela m’arrive bien sûr : pourquoi cela ne m’arriverait-il pas ? Pour te décrire cet état, il me faudrait t’en parler comme d’une maladie : la température du songe baisse de plusieurs degrés. Le pouls de l’esprit est de moins en moins perceptible. La pensées s’éteint. Ne reste plus que cette vie apparente qui n’a jamais été une vie pour personne. Elle est comme une contamination virale de l’esprit, un manque de foi, non pas en Dieu, pas même en moi - un manque de foi comme on dit : un manque de sucre ou de globules rouges.

C’est le goût de vivre qui est blessé dans ces heures là. C’est toujours l’amour en nous qui est blessé, c’est toujours de l’amour que nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien.

La contemplation boudeuse, dans la petite enfance, d’un plafond de chambre ou d’un bout de trottoir, m’a révélé plus de choses sur l’enfer que tous les livres de sagesse lus ensuite. L’enfer c’est cette vie quand nous ne l’aimons plus. Une vie sans amour est une vie abandonnée, bien plus abandonnée qu’un mort.

Mais même dans ces heures-là, je ne te perds pas complètement : tu es mon amour, la joie qui me reste quand je n’ai plus de joie.

Un jour je te dirai à quel point je t’oublie dans le premier visage venu et à quel point je t’y retrouve.

Je souris en écrivant cette lettre et je ne l’ai sans doute écrite que pour ce sourire là, que tu me donnes. J’ai encore beaucoup de choses à te dire. Je les mettrai dans les livres : je n’ai jamais écrit que pour toi, dans l’espérance que l’imbécillité de l’amour me sauve de la stupidité de la littérature.

Allez va, va petit bateau chahuté par les vagues, va délivrer ta cargaison de lumières,

Je t’embrasse.
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MessageSujet: Re: Extraits   Dim 8 Oct - 11:31

extrait du Dernier Restaurant avant la Fin du Monde de Douglas Adams... chapitre 14, absurde quand tu nous tient ^^

***

le Dernier Restaurant avant la Fin du monde représente l'un des plus extraordinaires défis de toute l'histoire de la restauration. Il a été bâti les débris éparsde... ou plutôt : il sera bâti sur les débris... enfin, c'est-à-dire qu'à cette époque, il aura été bâti... disons plutôt qu'il a été effectivement bâti.
L'une des difficultés majeures soulevées par le voyage temporel n'est pas de devenir accidentellement son propre père ou mère. Devenir son propre père ou mère ne soulève normalement pas de difficultés que ne puisse surmonter une famille équilibrée et large d'esprit. Changer le cours de l'histoire n'engendre pas non plus de problèmes particuliers : le cours de l'histoire demeure immuable parce qu'il se remet en place de lui-même comme un puzzle. Tous les changements important se sont produits préalablement aux évenements qu'ils sont censés changer et tout finit donc par s'arranger au bout du compte.

Non, la diffuclté majeur est essentiellement d'ordre grammatical et l'ouvrage principal àconsulter en la matière est le Manuel des Milles et Une Conjugaisons à l'usage du voyageur temporel par le Dr Streetmentioner. Il vous indiquera par exemple comment décrire un évenement qui a failli vous advenir dans le passé avant que vous ne l'évitiez par un saut de deux jours dans le futur afin d'y échapper. Lequel événement sera décrit différemment selon que vous l'évoquez depuis votre propre temps naturel, ou bien à partir d'un futur antérieur, ou bien encore en se plaçant dans un passé antérieur, la chose se compliquant encore du fait qu'il vous est loisible de tenir une conversation tout en vous déplaçant d'un temps à un autre avec l'intention de devenir votre propre père ou mère.
La plupart des lecteurs vont jusqu'au Passé antérieur surcomposé de subjonctif futur semi conditionnel plagal 2ème forme avant de renoncer : et de fait, dans les éditions récentes de l'ouvrage, toutes les pages au-delà de ce point sont restées blanches pour économiser sur les frais d'impression.
Le Guide du voyageur galactique passe rapidement sur ce dédale d'abstraction académique, notant simplement l'abandon du terme "futur plus-que-parfait" quand on eu découvert que ça n'existait pas.

En résumé :
Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde est l'une des plus extraordinairee entreprises de toute l'histoire de la restauration.
Il est bâti sur des débris épars d'une future planète en ruine qui a été (aurait eu été) enfermée dans une vaste bulle temporelle avant d'être (devoir avoir eu été) projetée dans l'avenir jusqu'à l'instant précis de la Fin de Monde.
Ce qui, au dire de beaucoup, est impossible.
Là, les clients prennent (auront avoir pris) place à la table de leur choix pour déguster (auront avoir dégusté) des mets somptueux tout en contemplant (ayant eu devoir à avoir contemplé) l'explosion de toute la création.
Ce qui, beaucoup vous le diront, est également impossible.
Vous pouvez vous présenter (être à devoir s'être présenté) et demander n'importe quelle table sans avoir au préalable (ante-subséquavant) de réservation puisque vous pouvez toujours réserver rétrospectivement, une fois que vous aurez eu regagné votre propre époque (vous pouvez avoir à eu réservé subséquavant aussitaprès que vous serez eu été en train d'être antidatétourné chez vous).
Ce qui est, souligneront à présent nombre d'entre vous, définitivement impossible.
Au Restaurant, vous aurez l'occasion de rencontrer, voire de dîner (pourriez eu l'occasion d'avoir à rencontrer après en vue de dîner alors) avec un fascinant échantillon de toute la population spatiotemporelle.
Ce qui, Vous expliquera-ton patiemment, est tout aussi impossbile.
Vous pourrez y retourner aussi souvent que cela vous chante (auriez pu vous y re-être-tourné... et ainsi de suite : pour les autres corrections de temps, consultez le livre de Dr Streetmentioner) avec l'assurance de ne jamais vous y rencontrer vous-même - à cause de la gêne bien compréhensible qui pourrait en résulter.
Ce qui (à supposer que tout le reste fût vrai, et ce n'est même pas le cas) serait manifestement impossible, vous diront les incrédules.
Tout ce que vous avez à faire, c'est de déposer un penny sur un compte d'épargne à votre propre époque et, une fois arrivé à la Fin des Temps, le simple exercice des intérets composés fait que le montant fabuleux de votre repas se trouvera déjà payé.
Ce qui, protesteront beaucoup de gens, n'est pas seulement impossible mais surtout franchement idiot, raison pour laquelle les publicitaires du système de Bastalon ont pu pondre ce slogan : "si vous avez déjà réaliser six choses impossibles ce matin, pourquoi ne pas couronner le tout par un petit déjeuner à Milliways, le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde ?"

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MessageSujet: Re: Extraits   Dim 8 Oct - 13:08

*tiens des problèmes de temps de narration, ça me rappelle des gens* popo

Sinon et bien... je pense que je vais me mettre à Adams un de ces jours ^^

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MessageSujet: Re: Extraits   Dim 28 Jan - 20:37

y'a quelques jours j'ai commencé God Save la France (dont le titre original est A Year in Ze Merde... saleté de traducteur !! j'adore ce titre moi).

c'est l'histoire d'un anglais qui vient travailler 1 an à Paris et qui raconte ses déboires face aux français...

petit extrait :

il était heureux pour moi que Jean-Marie m'ait casé dans un hôtel proche de chez lui car ce samedi là, à Paris, les employés des transports firent grèves.
et pourquoi cette grève ? suppréssions d'emplois ? questions de sécurité ? non.
les syndicats étaient exaspérés par des rumeurs selons lesquelles il n'était pas impossible que le gouvernement fût en train de réfléchir à l'hypothèse purement théorique qu'un jour (pas demain mais, disons, dans quatre-vingts ans) il ne pourrait plus financer la retraite à cinquante ans des employés des transports.
ouah ! me dis-je, rendons nous de ce pas au QG de la compagnie des transports remplir un formulaire d'embauche.
bon Dieu, impossible. comment y aller ? c'est la grève.

Mr. Green

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MessageSujet: Re: Extraits   Jeu 28 Fév - 0:56

J'ai mis le premier paragraphe dans le topic dédié, mais je ne résiste pas à l'envie de vous mettre la dernière ligne....

Je deviens vertueusement vertueux et je souris avec suffisance. Je leur désigne le cauchemard qu'est L.A. et je m'en attribue tout le mérite.

James Ellroy, Complot à Hollywood, in Crimes en série.

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MessageSujet: Re: Extraits   Jeu 28 Fév - 13:09

Rhaaa ça donne envie de me remettre à Ellroy (dont je n'ai lu que le Dahlia Noir pour l'instant... faut absolument que je continue le quatuor de LA). Ce type a un style incroyable, ça prend tout de suite aux tripes.

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