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 Le Mal rouge

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Tuor
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MessageSujet: Le Mal rouge   Lun 19 Juin - 12:48

Bon, voilà, j'ai décidé de ressortir une vieille nouvelle de derrière les fagots, qui date pour tout dire du bon vieux temps de fu le forum litté, bien avant que je débarque sur citadelle (été 2004, pour être précis). Allez zou, je vous en met un premier tiers:

Le Mal Rouge


G’bao montait quatre à quatre les marches menant au studio de son ami Orif. Il avait neuf étages à grimper, mais il avait une peur panique des ascenseurs gravifiques, aussi empruntait-il l’escalier sans fenêtre.
Il avait vingt-trois ans, était de couleur noire, appartenant plus précisément à cette ancien type que l’on nommait indien, et fort comme un taureau. Il tenait un modeste magasin de cylindres de musiques sur le boulevard du peuple Ikrim, dans la banlieue de Da Vinci Polis.
A bout de souffle, il parvint enfin à l’avant-dernier étage de l’immeuble, devant la porte métallique du logement d’Orif. Il appuya sur la sonnette.
-J’arrive, j’arrive ! cria de l’intérieur une voix ensommeillée.
La porte métallique coulissa, et Orif apparu sur le seuil, torse nu, ses longs cheveux noirs tombant en bataille sur ses épaules, les yeux encore tout bouffis de sommeil.
-Salut, Orif ! Je viens refaire le plein de films pour nos soirée ciné. ! »
Une jeune fille en peignoir blanc se montra dans l’entrée.
-Oh, excusez-moi, je dérange ?
-Non, entre !
G’bao s’essuya les pieds, entra et suivit Orif.
Il passa prés de la fille. Elle était assez jolie, avec ses longs cheveux châtains sombre couvrant ses épaules. Et ce malgré le teint cadavérique de sa peau, ses yeux rouges et gonflés, son air un peu languissant. Elle lui adressa un sourire pénible, révélant sa maigreur et ses dents jaunes et tachées. G’bao se sentit mal à l’aise. En passant prés du lit défait, il marcha sur un petit objet en caoutchouc par terre.
Orif le mena à son armoire au trésor.
-J’ai téléchargé plain de nouveau truc, dit-il.
Dans la salle de bain, G’bao entendit la fille vomir avec une abondance qui lui souleva lui-même le cœur.
Orif ouvrit l’armoire, et commença à sortir les cylindres compact et à les déposer en vrac sur la table. G’bao les saisit et lu avec une emphase clownesque les titres écrits à la main dans l’alphabet local de la planète Lutécia, tel que « La planète des morts », « L’astronef fantôme » ou encore « Sharian contre Doryphore ». Il passa à un autre genre de film, avec des titres aussi évocateurs que « Le gland des Centauriens » où « La secte des tringleurs ».
Orif sourit. Il posa sur la table quatre gros cylindres.
-Tiens, jette un coup d’œil là-dessus. Ca date un peu, mais ça devrait nous changer de nous films d’horreur à deux sous où de nos…films pour adultes.
-Qu’est-ce que c’est ?
-Une adaptation d’une épopée de l’Ancienne Terre. Elle ne nous est pas parvenue entière, mais on a réussi à en tirer vingt heures de film.
-L’Iliade ?(G’bao n’avait aucune idée de ce que pouvait bien raconter L’Iliade ni de qui en était l’auteur, mais il trouvait que le nom sonnait bien).
-Non. Le Seigneur des Anneaux, attribué à Tülk’n. Tu verras, c’est un peu spécial, mais c’est énorme.
-Je vois.
-Et là, une autre épopée antique, Fondation d’Isaac Asimov. Le bougre avait imaginé un Empire galactique plus de treize-mille ans avant le notre.
-Incroyable. »
G’bao commença à fourrer les cylindres dans son sac.
-Dis-moi.
-Oui ?
Il lui lança un regard complice en montrant du doigt la salle de bain.
-Beau brin de fille, hein ? Elle s’appelle comment ? »
Orif sourit à nouveau.
-Sydney-Darivia. C’est un nom complet. Mais je l’appelle Sydney.
-C’est joli. Ca vient d’où ?
-Darivia vint de Byzance-la-Bleue, autour de Bételgeuse-28. Sydney vient de beaucoup plus loin, plus loin que beaucoup de gens peuvent imaginer.
-Des Mondes Barbares ?
-Non. Pas loin dans l’espace. Loin dans le temps.
-Quand même pas de…
-Eh si. C’était même le nom d’une vile sur cette planète.
-Géant…et elle a quelle âge ?
-Vingt-deux ans. Soit trois ans de moins que moi.
-Elle fait quoi dans la vie ? »
Une ombre passa sur le visage d’Orif.
-Pour l’instant, elle cherche un boulot. Elle s’est fait virer de toute les boîtes.
-Ca fait longtemps que tu la connaît ?
-Trois mois. Elle a emménagé ici il y a une semaine.
-Ah quand même ! Tu aurais pu nous le dire ! »
Une deuxième ombre passa sur le visage d’Orif. Puis il sourit.
-J’avais peur de vous faire mourir de jalousie.
-T’as bien fait. Je sais pas comment tu fais pour toute les attirer. Certainement pas avec ta beauté. En tout cas, là, t’as frappé fort cousin, chapeau !
Et en plus, ce soir, monsieur sort dans le grand monde ! Voyez-vous ça ! Ca débute dans le design et ça se fait déjà remarquer ! »
Orif sourit encore. G’bao tourna les talons et se dirigea vers la porte. En passant prés de la salle d’eau, il entendit le bruit d’un sachet qu’on craque et dont on verse le contenu, puis des glougloutements indiquant que la jeune fille buvait. Il frissonna. Sydney-Darivia sortit, l’air rassérénée.
Parvenu prés de la porte restée ouverte, G’bao se retourna.
-Dis, Orif, dans cinq jours, c’est le jour J. Tu crois, que le « Tonton » va devenir Roi des Romains ? »
Orif eut un sourire qui se voulait rassurant.
-Bien sûr. Ce que le peuple veut, les dieux le veulent. Le « Tonton » sera empereur. »
G’bao se força à lui rendre son sourire. Tout le monde savait que ce ne serait pas « Tonton » Amarian qui serait élu. La réalité risquait d’être beaucoup plus cruelle.

Peu de temps après, Orif était sur la route du bar, vêtu, par-dessus sa tunique vert d’eau, de sa cape bleu ciel ourlée d’or. Sa chevelure noire, roulée en une épaisse natte, émergeait de son bonnet scythe-pratiquement plus personne ne savait pourquoi on appelait ainsi cette coiffure- et tombait sur son épaule droite. Il avait mis à ses oreilles de grands anneaux d’or qui lui allait jusqu’aux épaules.
Il entra dans le bar « Chez Birô ». Les alcools à quatre-vingt degrés, normalement interdit sur toute l’étendue de l’Empire, circulait déjà sur les tables. Au centre de la pièce, un hologramme du rappeur jaune Shandraï Daputra crachait son venin sur Kaiser Lerhit, « L’Assassin ».
Les amis d’Orif étaient déjà rassemblés autour d’une table et d’un jeu de carte. Leur sujet de conversation n’était pas difficile à deviner.
-Merde, et moi qui croyait qu’il était encore puceau, dit un grand blond du nom d’Oussamah, déclenchant une vague de rire.
-Et elle était mignonne ? demanda le roux du nom de Chari.
-Assez, oui, répondit G’bao. Mais elle avait l’air de passer ces nuits à la Poudre de Paradis. Et pas à petite dose, comme nous au collège.
-Elle n’est pas shootée, lança Orif.
G’bao leva les yeux.
-Tiens, salut, Orif ! Tu viens faire une petite partie de Kab Raïn avec nous ?
-Quand-est-ce que tu vas cesser de poser des questions stupides ? dit Orif en prenant une chaise et en s’asseyant à la table. Vous êtes prêts à vous faire tous massacrer ?.
-Toi, tu vas avoir droit à « la Souffrance » ! Tant pis pour toi ! Enaï, recoupe les cartes. Tu veut un jambon-beurre, Orif ? Ah nan, merde, tu bouffe pas de jambon. »
La partie s’engagea.
-On parlait de ta dernière conquête, dit G’bao.
-C’est bien ce qu’il me semblait, répondit Orif.
Après avoir asséné un atout vingt-trois par-dessus le ménestrel de cœur de Chari, il sortit de sa poche son fidèle paquet de joint de marijuana.
-Et je peut vous garantir qu’elle n’a jamais pris de substance plus toxique que ceci ! »
-Tu plaisante ! s’exclama G’bao. Quand on voit sa figure… »
Orif devint soudain grave.
-Elle est malade ! »
Quand les mais d’Orif apprirent le nom de la maladie qui terrassait Sydney Darivia, il restérent consternés.
-Merde ! fit Oussamah.
-Et…ça fait longtemps qu’elle a chopé cette…saloperie ? demanda Chari.
-Depuis sa naissance, répondit Orif. Mais dans quelque mois, elle en sera délivré.
-Elle sera guérie ?
Orif gardait les yeux baisser sur son jeu. Son menton tremblait. Sa voix sortit sous forme d’un murmure rauque, à peine audible.
-Non !
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 19 Juin - 12:49

En sortant du bar, le bande traîna un peu dans les rues. Parvenu sur l’avenue Christophe Colombus, Orif se retourna vers ses amis.
-Je ne vous oblige pas à rester avec moi.
-Mais, Orif, pourquoi tu nous…
-Arrêtez votre cinéma, coupa sèchement Orif. Vous arrêtez pas de me regarder comme une bête curieuse depuis tout à l’heure.
-Nous. Mais non, voyons, on…
-Ca suffit ! Barrez-vous ! j’ai pas besoin de votre amitié de merde. J’ai plus précieux et surtout plus solide. »
Un par un, lentement, les camarades d’Orif s‘en furent, jetant un dernier coup d’œil inquiet à leur camarade. Un seul s’attarda.
-Toi aussi, G’bao. Toi aussi tu me regarde comme si j’était un foyer d’infection.
-Mais…
-Vas-t’en ! »
Resté seul, Orif passa la moitié de l’après-midi à errer dans les rues de Da Vinci Polis, des larmes coulant sur ses joues, puis il rentra chez lui.
Sydney était parti faire les course avec la vieille Rachig, son infirmière, une personne de cœur, hélas trop peu souvent disponible. Orif s’affaira donc en vue de son dîner d’affaire.
Quand il sortit, il s’était mis sur son trente et un. Il avait mis, par-dessus une tunique blanche, une toge grise du plus grand chic, avec la cravate assortie. Sous son haut-de-forme gris, ses cheveux étaient noués en une queue de cheval. Dans ce costume, il avait fière allure, mais il se sentait très peu à l’aise.

La table était dressée sur une terrasse surplombant une prairie ou paissaient des centaines d’ovicapres, dans la lueur du soleil se couchant par-delà les gratte-ciels. Orif y était assis en compagnie de Deresch Candrille, le PDG de Candrille et Cie en personne, et de son épouse, petite femme rondouillette à la mine joyeuse. C’était à eux qu’Orif allait devoir présenter son nouveau projet de design pour gravitoptère individuel.
La conversation roula sur le sujet qu’Orif redoutait : la politique.
-Dans cinq jours, Ier Nishùn, au début de la décade prochaine, déclara Candrille d’une voix qui respirait la fierté, les milles plus Grandes Maisons éliront le successeurs d’Area XXXII sur le trône de l’Empire Romain Céleste. Nous savons déjà qui le sera.
-Oui, Kaiser Lerhit, l’Ass…(Orif s’interrompit).
-J’ignore ce que peut bien vouloir dire le titre « Lass », mais on voit que vous suivez les informations. Sept cent quarante trois Grandes Maisons sur milles sont de son côté. C’est énorme. »
Il but une gorgée de champagne.
-Ce qui m’inquiète, c‘est que trois Grandes Maisons aient trahi la patrie en basculant du côté de ce coupe-jarret d’extrême gauche, ce Log Amarian, celui que le vulgaire nomme « le Tonton » et idolâtre presque. Vous n’êtes pas de son côté, monsieur Chahandra ? »
-Bien sûr que non, mentit Orif.
-Je m’en doutais. Vous êtes un homme intelligent. Vous ne vous laisserez pas abuser par l’éloquence avec laquelle il expose son idéologie obscène. Out cela est un tissu de fariboles et d’hérésies. L’égalité…comme si tout les dieux faisaient naître tout les hommes semblables…la solidarité…si les pauvres sont pauvres, il ne doivent s’en prendre qu’à eux…les droits individuels…celle-là c’est la meilleure…comme si un homme existait en tant qu’individu ! Quelle hérésie grotesque !
-En plus, renchérit sa femme, il aspire au trône alors qu’il n’a même pas quatre quart de noblesse ! Sa grand-mère maternelle était une bourgeoise ! Fi !
-Mais ce n’est pas la peine de vous affoler, Richa, le clément Lerhit sera notre Berger. Lui seul saura sauver l’Empire de la décadence qui le ronge depuis plusieurs siècles, le délivrer de la tyrannie des nègres, des sémites, des jaunes… »
C’en était trop pour Orif. Il recracha sur la table le champagne qu’il allait avaler.
-Excusez-moi ! dit-il en s’essuyant le bouche. Je suis confus, vraiment !
-Ce n’est pas grave ! dit Mme Candrille.
-Quelque chose ne va pas, M. Chahandra ?
-Si, si, ça va très bien, merci ! »
Un domestique épongea la table et reversa du champagne à Orif.
-Donc, je disais, reprit Candrille, Lerhit, va sauver l’Empire de sa décadence due aux nègres et autres races malfaisantes, ainsi qu’aux sectes, principalement les vingt sectes monothéistes tel les christiens ou les muslims.
Il nous a promis de se lancer à la conquête des planètes Barbares, qu’il convertira à la foi des neuf dieux et à la noble culture impériale. Nous vaincrons, bien entendu, d’autant que l’Empereur est prêts à se servir de bombes Oméga capable de détruire des planètes entières. »
-Et puis, intervient sa femme, il y a son plan s’assainissement social. Vous rendez-vous compte que nous avons à charge soixante-douze trillions d’handicapés moteurs et mentaux, de malades incurables, sans compter nos vieillards ? L’euthanasie serai secourable non seulement pour eux mais aussi pour l’économie de l’Empire. »
Orif ne put s’en empêcher : il recracha une seconde fois le contenu de son verre.
-Vraiment désolé, ce n’est pas mon jour aujourd’hui ! »
Candrille était visiblement contrarié. L’impression qu’il voulait faire se trouvait gâchée. Il parvint néammoins à récupérer la conversation.
-Dites-moi, à propos de malades incurables, avez-vous déjà entendu parler du Mal Rouge ? »
Orif tressaillit.
-Bien sûr. C’est une maladie archaïque. Elle existait déjà à l’époque d’Irtha, le Monde Originel. Elle vient d’ailleurs d’Avriga, l’Île Originelle.
-C’est possible. Mais j’ai plutôt entendu parler d’Avriga comme la patrie des nègres. Je me suis d’ailleurs laissé dire que c’était eux qui avaient amener cette maladie en copulant avec des singes, mais je ne m’imaginait pas que ce fut en un temps aussi lointain.
-Ca n’a jamais été prouvé (Orif avait failli crier « ridicule !», mais s’était retenu). Aucun savant ne retient cette hypothèse. Il croiraient plus volontiers que le Mal Rouge est un vaccin raté contre une maladie inconnue sévissant en Avriga.
-Bref, toujours est-il que le Mal Rouge serait une espèce de cancer touchant essentiellement les homosexuels….
-Ridicule !…enfin, je veut dire, il s’agit d’une absurde croyance populaire, il ne faut pas y faire attention. Dans soixante-dix pour cent des cas, le Mal Rouge se contracte lors de rapports hétérosexuels. Et je parle uniquement de la transmission sexuée. Le Mal Rouge se transmet aussi par le sang.
-Exact, d’ailleurs je croit savoir que les drogués l’attrapent aussi…
-Oui, mais pas seulement eux. On peut aussi l’attraper lors de transfusions de sang…hasardeuse. Beaucoup se tournent vers le marché clandestin du sang dans un monde où il faut être riche, ou mourir (Orif craignit d’avoir laissé échapper un mot en trop). Mais même lors d’opérations légales, les négligences médicales sont courantes, surtout en ces temps de…décadences de l’Empire. Il y a eu par exemple le scandale de le clinique de Chûn Kanaï, sur Aldébaran 39, qu’on a essayé d’étouffer il y a une trentaine d’années.
Et il y a encore plus fort : on peut être contaminé dés sa naissance, par sa mère, lors de l’accouchement. »
Il but une gorgée de champagne.
-De toute façon, le Mal Rouge n’est pas un cancer, mais une infection virale qui détruit entièrement le système immunitaire. Et il concerne tout le monde, même les plus vertueux.
-C’est horrible ! soupira Mme Candrille. Et on ne peut rien faire ?
-De nos jours, rien d’efficace. Depuis la destruction d’Irtha, quand il n’y avait encore qu’une quinzaines de mondes habités, les hommes ont une méfiance absolue du progrès-mis à part le progrès militaire, pour…maintenir la paix. Après vingt-cinq milles ans, nous en somme encore à des médicaments très coûteux-les médicaments génériques se vendent encore sur le marché noir, les inventeurs ne renonceraient pas à leurs droits- qui prolongent la vie au prix de souffrances insupportables. Le plupart des malades choisissent d’arrêter le traitement. »
Mme Candrille haussa les épaules.
-De toute façon, l’individu doit savoir se sacrifier pour l’intérêts communs !
-Bien sûr, Mme Candrille, bien sûr.
-Comme c’est intéressant, dit M.Candrille en essuyant ses lunettes avec l’air de s’ennuyer profondément. Mais dites, moi, M.Chahandra, comment un simple designer connaît-il tout ça ?
-Oh, je m’intéresse beaucoup à la médecine. Et à la plupart des sciences, d’ailleurs. Il fut un temps où je voyageais littéralement avec les biblioptères qui parcouraient ls faubourgs de Da Vinci Polis. »
Il rit. Il leva son verre.
-De toute façon, notre pire ennemi, c’est l’ignorance ! Et la peur !
-C’est drôle, dit Candrille, les apocryphes du Livre d’Azur nous enseignent exactement le contraire à travers l’histoire de nos parents Odam et Iw et du Fruit Défendu ! et il porta sa coupe de champagne à ses lèvres.
-C’est vrai. D’ailleurs, savait-vous que cette tradition nous a été héritée des monothéistes ? »
Cette fois, ce fut au tour de Candrille de recracher son champagne.

Orif rentra au petit matin. Il trouva Sydney assise sur le rebord de la fenêtre, une jambe étendue, l’autre ballante à l’intérieur du studio, peignant ses longs cheveux. Elle avait revêtu sa longue tunique vert bouteille à grand carreau qui lui allait à merveille, ceinte à la taille.
-Tu ne devrais pas t’asseoir comme ça au bord du vide, ma chérie. »
La jeune fille tourna lentement la tête vers lui et lui adressa un maigre sourire.
-Alors, ce dîner ? demanda –t’elle de sa voix basse et rauque.
-Epouvantable.
-Je m’en doutais. Et ton modèle ? »
Orif haussa les épaules.
-Refusé. « Trop original » dit-il, citant son client.
-C’est ça. Disons que tu l’as encore trop ouverte.
-Ecoute, tu aurais vu la paire d’abruti que je me suis coltiné. Mais je n’abandonnerai pas.»
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 19 Juin - 12:51

Et la fin:

Sydney sourit. Ils s’embrassèrent. Orif sentit à plein nez le parfum qui servait à cacher son haleine fétide. Puis il prit une chaise et s’assit pour l’admirer. Malgré sa maladie, il la trouvait toujours incroyablement belle. Il le lui dit. Elle lui sourit une troisième fois.
-Tu vint faire un tour au parc, grand fou ? »

Le parc de la Grue était un parc de prolétaire, donc moins bien entretenu-non entretenu, en fait- qu’un par bourgeois, mais Orif se plaisait à dire que c’était justement ce qui en faisait le charme.
Sydney et lui marchait dans les herbes hautes, parmi quantité de fleurs de toutes formes, de toute couleurs, de tout parfums. Certaines étaient locales, d’autres venaient de la métropole impériale Kosmos Niriùn,, de Byzance-le-Bleue ou Byzance-la-Dorée, d’Ankaria, de Cyanos, et de bien d’autre mondes, parfois barbares. D’autres encore étaient un héritage de Irtha, comme les roses, les tulipes, les coquelicots, les marguerites.
Dans les arbres, des oiseaux au plumage d’arc-en-ciel chantaient et de petits singes criaient. Une cavala aux formes gracieuses s’abreuvait calmement à l’eau d’un ruisseau, campé sur ses dix sabots écartés, tandis qu’un éléphant blanc nain, de la taille d’un mouton, s’envoyait des litres dans les narines.
-Je crois que tout ça va me manquer, dit Sydney. Mais j’ai pas trop de regrets.
-Arrête de parler comme si tu étais déjà morte. D’ici six mois, les avants auront peut-être découvert un traitement efficace contre le Sida. »
Une grimace d’incompréhension s’esquissa sur le joli minois de Sydney.
-Contre quoi ?!
-Excuse-moi, je me crois toujours sur Irtha. Je voulais dire : le Mal Rouge
-Si c’est pour souffrir encore pendant vingt ans, c’est pas la peine.
-Sans doute. De toute façon, il faut se dire que la vie n’est qu’un rêve dont la mort nous reveille. »
La jeune fille rit doucement.
-Tu ne changeras jamais, toujours aussi naïf ! Tu n’imagine pas un instant que ton Allah et son Prophète Muhammad puisse ne pas exister ! Mais je ne vais pas t’empêcher d’y croire…
-Si tu savais comme j’aime t’entendre rire ainsi !
-…Moi, l’immortalité me fait plutôt peur.
Ils continuèrent à marcher, main dans la main. Sydney se mit à fredonner une chanson, dans une langue inconnue d’Orif, mais qui chantait merveilleusement à ses oreilles.

Je ne fais pourtant de tort à personne
Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on prenne une autre route qu’eux

Non, les braves gens n’aiment pas que
L’on prennent une autre route qu’eux

-Qu’est-ce que tu chante ? lui demanda Orif.
-Une chanson d’un poète de l’Ancienne Terre. C’est de l’ancien langage Frangin. Il en a écrit une autre, du moins je crois que c’est lui :

Elle est à toi cette chanson
Toi l’Auvergnat qui sans façon
M’a donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid

-Et tu y comprend quelque chose ?
-Pas un mot. Sûrement encore une chanson d’amour bien mièvre.
Après un silence, elle reprit.
-On dit qu’il y avait des homme de cœur sur Irtha. Tu n’as jamais entendu parler de cet humoriste de légende, Manou, qui aurait fondé une cantine gratuite pour les personnes dans le besoin ?
-Oui, même que, peu de temps après, l’Empereur des Enfers, fâché de voir se ralentir l’arrivée des Morts, aurait envoyé un dragon aplatir l’impudent alors qu’il se promenait sur son deux-roues.
Mais Manou eu quand même le droit de siéger parmi les dieux, et il devint le dieu des récoltes, celui qui veille à ce que les hommes ai toujours à manger…j’aime mieux croire ça que croire qu’Alexandre le Grand siége à la droite du Seigneur.
-J’aimerai tant que cette légende soit vrai.
-Qui sait ? Elle est peut-être basée sur des faits réels.
-Peut-être…au fait, qui est Alexandre le Grand ? »
Orif hésita un peu avant de répondre :
-Oh, juste un petit meneur de bande sanguinaire comme on en trouvait tant sur Irtha. Peut-être un peu mieux organisés que les autres. Aucune importance. »
Le couple était arrivé au pied du cerisier-autre héritage d’Irtha- sous lequel tout deux avaient échangés leur premier baiser. Ils commencèrent à en cueillir les fruits et à les manger. Puis Sydney prit une cerise entre ses lèvres et, d’un geste de la tête, fit comprendre à son Orif qu’elle désirait qu’il vienne la cueillir de sa bouche. Il ne se fit pas prier.
Après qu’ils se furent embrassés, elle lui demanda, avec une moue sublime.
-Dis-moi que tu seras toujours là, à côté de moi.
-Je le serais. »
Il la serra tout contre lui et murmura l’ancienne formule :
-Jusqu’à ce que la mort nous sépare…. »
Rassérénée, elle se laissa reposer sur lui, continuant de fredonner la chanson de l’antique poète :

Toi l’Auvergnat quand tu mourras
Quand le croque-mort t’emportera
Qu’il te conduise à travers ciel
Au père éternel
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 19 Juin - 19:15

J'avais bien aimé cette nouvelle, sur feu litté-AOL...

J'aime toujours Pythie

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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 19 Juin - 22:38

Tout pareil que Kusa ! I love you
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Mar 20 Juin - 12:13

Viiii ! tout pareil ! C'est bien de ressortir les nouvelles du forum litté, tout le monde les avais pas forcément enregistrées à l'époque et ça fait plaisir de relire ça.

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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Mar 20 Juin - 15:51

Pareil !! Même si celle-ci je ne l'avais pas encore lue, hihihi!
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Dim 9 Juil - 20:22

Pandora a écrit:
Viiii ! tout pareil ! C'est bien de ressortir les nouvelles du forum litté, tout le monde les avais pas forcément enregistrées à l'époque et ça fait plaisir de relire ça.

Ou alors, on n'était pas sur le forum litté d'AOL... lapinou zen, les gens, j'ai peur de casser votre trip là Wink lapinou

héhé, alors, pour faire simple, j'ai bien aimé, même si j'ai trouvé les références un peu trop omniprésentes. Je ne sais pas comment j'aurais fait à ta place, donc c'est une fausse critique, en fait... Peut être que j'auraismoins dissimulé les noms. Je ne sais pas. En tout cas, ton univers est bien glauque pour le coup ! Et comme toujours, original.
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Dim 9 Juil - 22:25

Citation :
Ou alors, on n'était pas sur le forum litté d'AOL... zen, les gens, j'ai peur de casser votre trip là

héhé, alors, pour faire simple, j'ai bien aimé, même si j'ai trouvé les références un peu trop omniprésentes. Je ne sais pas comment j'aurais fait à ta place, donc c'est une fausse critique, en fait... Peut être que j'auraismoins dissimulé les noms. Je ne sais pas. En tout cas, ton univers est bien glauque pour le coup ! Et comme toujours, original.
Ouais, c'est vrai que j'avais déjà pensé au coté obscur (non, rien à voir avec le coté obscur de la Force) de cette nouvelle...mais que voulez-vous, à l'époque j'vais 17 ans et je venais de finir la saga Dune meme pas deux mois auparavant, j'etait donc en plein trip, et comme les disciples sont toujours plus brouilons que les maitres...enfin bref.
_________________
-Les fourchettes, c'est cool.

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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Dim 9 Juil - 23:50

*Tuor, juste une remarque... pense à faire "citer", c'est plus simple... lapinou *

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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 10 Juil - 16:11

*Tuor, juste une remarque... pense à faire "citer", c'est plus simple... *

??? c'est pas ce que j'ai fait ? pourtant là dans la réponse précédente je vois bien la citation de Loeayn, et là logiquement tuè devrauis lire une citation de ton texte.
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 10 Juil - 17:22

je n'avais pas lu , ce texte !! J'aime bien , le ton me plait et les personnages aussi . Mais je pense qu'il ne devrait pas s'arreter là ?? lapinou
Mj
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Lun 10 Juil - 19:25

Tuor a écrit:
*Tuor, juste une remarque... pense à faire "citer", c'est plus simple... *

??? c'est pas ce que j'ai fait ? pourtant là dans la réponse précédente je vois bien la citation de Loeayn, et là logiquement tuè devrauis lire une citation de ton texte.

La citation, c'est moi qui l'avais rajouter.....

Et donc, suivant les norme en vigueur sur le forum, je ne vois pas la formule:
Citation :
...

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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Mar 11 Juil - 21:59

La citation, c'est moi qui l'avais rajouter.....

Oups, désolé boulet du jour
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Tuor
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Mar 11 Juil - 22:04

je n'avais pas lu , ce texte !! J'aime bien , le ton me plait et les personnages aussi . Mais je pense qu'il ne devrait pas s'arreter là ??
Mj

Bah en fait je ne pense pas qu'il y aura de suite...à un momebnt j'avais pensé faire un cycle de nouvelles racontant un peu l'histoire de la colconisation stellaires et ses nombreux problèmes,; mais j'ai renoncé en partie car j'uarai trop dilué le concept...il faut rappeler que la nouvelle n'est pas vraiment issu d'un concpet original mauis ressemble plutot à une parodie de Dune, renversant les conventions des grandes sagas Sf pour monter l'envers du décor (et donc que la morale progrese moins vite que la technologie, aussi caricatural que ça puisse paraitre gêne )
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Mar 11 Juil - 22:31

Tuor a écrit:
.... (et donc que la morale progrese moins vite que la technologie, aussi caricatural que ça puisse paraitre gêne )

Interessant à développer en effet !! Raison de plus pour continuer ! Wink
Mj
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MessageSujet: Re: Le Mal rouge   Mar 11 Juil - 22:35

Je pense que c'est une idée intéressante à creuser. On peut en faire de la SF ou des bouquins dits "d'actualité", dont l'intérêt est plus à court terme, plus réalistes et plus prochesde nous.
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