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 Daniel Picouly

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Kusanagi
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MessageSujet: Daniel Picouly   Sam 15 Avr - 0:44

Alors, comme promis, après avoir mis un extrait (voir la section tous écrivain, rubrique "Un air dans la tête"), je vais vous parler de Daniel Picouly.
*Pour ceux que ça intéresse, il y a une interview très rapide de lui dans ParisMatch cette semaine (oui, j'ai les lectures que je veux, surtout chez le coiffeur) et pour les heureux possesseurs de la tnt, il anime, un vendredi par mois,il me semble, (en attendant, c'était ce soir) une émission littéraire sur France5*

Bref, parlons de ma rencontre avec cet écrivain, prof (ou vice-versa), caractéristique qu'il partage avec Pennac, en plus de leur prénom, initiales et amitié. (A part que l'un est prof de français et l'autre prof de compta)

Daniel Picouly a débuté d'abord en écrivant quelques romans pour la Série Noire. Picouly débute donc dans le polar.

Mais ce qui va vraiment faire son succès et le révélé au public, c'est le premier roman de sa saga familiale. Le champ de personne. Dont la caractéristique principale est de se situer dans ma petite ville de banlieue. Villemomble. Car oui, Daniel Picouly est villemomblois d'origine. Et sa génération, qui est celle de ma mère, et le fait qu'il aie vécu dans cette ville, à la même période qu'elle, m'ont fait lire ce livre. Fin du 3615MyLife de moi-même. Bienvenue à celui de Daniel, autrement mieux écrit, poétique drôle et cruel parfois, comme seuls savent l'être les souvenirs d'enfance...

Autant vous le dire tout de suite. Si vous aimez le style de Pennac, vous aimerez celui de Picouly.
il raconte, de façon totalment désordonnée, au fil de la plume et des digressions, ses souvenirs d'enfance dans un petit pavillon, au milieu de 12 frères et soeurs, avec un père d'origine martiniquaise chaudronnier à Orly, et une mère femme au foyer. Il raconte, la vie, l'amour de ses parents, sa fratrie, l'école, les fautes d'orthographes, son instit, Mr Brûlé, son copain Bonbec, ses petites soeurs, les difficultés et les joies d'un gamin dans les années 60.

Le pire, c'est qu'il a eu l'audace de commettre d'autres livres comme ça... Fort de l'Eau, les uniques vacances en Algérie... Et le dernier, le coeur à la craie, sur le temps des premiers amours. Sans compter une ode à ses parents, couple deux fois "étrange" pour l'époque, car mixte, et dont la femme est plus agée que l'homme... Imaginez... ce sera Paulette et Roger.

il s'est aussi lancé dans le roman histoique "Mokarex" (si vous comprenez pas, lisez Le champ de personne)... L'enfant Léopard, ou les tribulations de deux individus pour sauver l'enfant métis de Marie-Antoinette sous la Révolution. Et la Treizième mort du Chevalier, ou les aventures du fils spirituel de D'artagnan, mais noir... le Chevalier de Saint-George. Ou est la réalité, ou est la fiction... à vous de deviner.

Voilà...

Si je suis en forme, je vous mettrais des extraits d'oeuvres... Pythie

*Ah oui, au fait... en note, forcément, c'est... lovejap lovejap lovejap lovejap *

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leeloo
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MessageSujet: Re: Daniel Picouly   Sam 15 Avr - 13:55

Ah oui Kusa, ça me ferait très plaisir d'avoir une p'tite idée de l'écriture de Picouly... Pythie
Picouly, dont le nom m'est familier, mais dont je ne savais rien jusqu'à aujourd'hui - merci pour ta présentation, elle donne envie de le découvrir !
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Daniel Picouly   Sam 15 Avr - 14:10


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MessageSujet: Re: Daniel Picouly   Lun 17 Avr - 0:18

Ah oui, au fait... outre le fait que j'adore son style, Picouly est un auteur très spécial, puisque c'est un des rares à me faire pleurer. L'extrait que je vous ai mis du champ de personne, là, sur l'Hymne à l'amour, je suis incapable de le lire, le relire sans avoir la gorge qui se serre et les larmes aux yeux.
*Je suis d'ailleurs très fière d'avoir réussi à le recopier sans me transformer en fontaine*


Pas que je sois une insensible, hein... mais l'alchimie des mots qui sait toucher mes émotions est très difficile à atteindre *Essayez pas le style plaintif, mélo ou larmoyant, ça , ça marche pas à coup sûr!*

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MessageSujet: Re: Daniel Picouly   Lun 17 Avr - 12:50

Merci beaucoup, Kusa !
Je ne passe qu'en coup de vent, par ici, en ce moment, mais dès que j'ai le temps dès que je prends le temps, je viens lire les extraits de Picouly... et je dirai ce que j'en aurai pensé.
Merciii ! lapinou
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Daniel Picouly   Mar 25 Avr - 18:06

Alors pour continuer, je peux pas résister à vous mettre la phrase d'intro de Paulette et Roger, livre dans lequel Daniel Picouly raconte la rencontre de ses parents... le "comment c'était avant moi" qu'on se pose tous un jour... (lequel livre je viens d'emprunter à la bibli...)

    Ce que je dis est vrai.
    Ce que je ne dis pas l'est aussi.
    Ce que j'invente l'est bien plus encore.


*Voilà... lovejap *

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MessageSujet: Re: Daniel Picouly   Lun 22 Mai - 16:06

Je ne connaissais pas Picouly; pourtant c'est sa lettre que j'avais retenue parmi la dizaine proposée par le magazine "Lire" pour parler du Petit Prince de Saint Exupéry: Je pense que ça fera plaisir ausssi bien à ceux qui aiment Picouly qu'aux amateurs de Saint Ex :

Le Petit Prince
me gonfle
Par Daniel Picouly


Le Petit Prince ? C'est génial ! ... Mais encore?... Génial, je te dis ! Voilà, C'est à peu près tout ce qu'on peut obtenir comme avis à propos du chef-d’oeuvre de Saint-Exupéry.
Quand je parle de « chef-d'œuvre », c'est histoire de répéter ce qu'on raconte car moi, Le Petit Prince, je ne l'ai pas lu.
Pourtant, on me demande mon avis, et sans même vérifier ma connaissance du sujet. Pensez donc. Un écrivain. Forcément Tout le monde a lu, Le Petit Prince ! Je sais, et tout le monde trouve ça... génial !,.. super!. ..géant!... de la balle!... Question de génération,
Alors, c'est, d'accord, ce sera 5 feuillets pour lundi, sur mon bureau. Pourquoi pas. Il faut bien faire plaisir aux princes. Et puis, je le connais quand même un peu, le Petit Prince. Mais pas le même.
C'est le problème de ces héros tombés dans ce domaine public oublieux qui fait d'eux un nom commun. Un lieu commun, même. Pas facile, quand on est devenu une Cosette, un Don Quichotte ou un Rastignac, d'être tout simplement lu pour ce qu'on est.
Pour moi, le Petit Prince a existé sans le Petit Prince. De façon générique. Une sorte de label de qualité validant l'innocence, la jeunesse et le talent.
Quand j'étais gamin, le Petit Prince c'était un catcheur. Une manière de double vie. Un CDD alimentaire en collant blanc de danseur étoile avec éponge dans le slip. Dame ! même les héros transpirent. Une fois par semaine à la télévision de Roger Couderc, le Petit Prince affrontait les méchants en noir et blanc. C'était du temps où l'axe du mal allait de Bollet à Delaporte en passant par le Bourreau de Béthune. Une époque où le coup de pied chassé, l'arm-lock et le double Nelson faisaient office de figures de rhétorique et d'armes de destruction massive.
Les aventures du Petit Prince suivaient un schéma narratif immuable en deux manches et une belle : après qu'on eut tremblé pour lui, le Gentil faisait toucher les épaules du Méchant. L'arbitre comptait. Un !... Deux!.. .Trois .Out! Et on apprenait définitivement que te catch, c'est comme le théâtre, sauf qu'on frappe les trois coups à la fin. Cela dit, et entre nous, ce schéma narratif éculé jusqu'à la corde de ring est encore en sournoise activité dans certains ouvrages, où on prend les lecteurs pour le poulailler de la salle Wagram.
Ensuite, il en vint, des postulants au titre de Petit Prince. De Joselito, choriste d'avant Les Choristes, mini Luis Mariano en instance de mue, à Robert» Benzi, chef d'orchestre de 10 ans haut comme un fifre. Sans parler de Minou Drouet, qui n'était peut-être pas Minou Drouet.
L'intérêt d'un chef-d'œuvre, et plus raisonnablement d'un classique, c'est que le réseau de références qu'il met au jour date au carbone 14 celui qui parle. On se trahit. L'âge est l'accent le plus difficile à perdre.
Alors, pourquoi relire ce qu'on n'a jamais lu ? Je dis bien relire, car s'agissant de certaines œuvres, il est impossible d'en avoir une première lecture, tant elle nous est familière. Le Petit Prince est de celles-là. .. Dessine-moi un mouton... De ces citations qui finissent par faire épitaphe pour le grand cimetière des livres qu'on n'a même plus à lire.
Relire Le Petit Prince peut amener à se poser la question de relire tout court. Pourquoi céder à ce prurit régressif qui provoque une réactualisation du sens et ne génère pas des intérêts composés mais plutôt un désintérêt composite. On ne sait plus ce que l'on aime, de son émoi passé ou de son intelligence présente. Si ! Si !,0n est devenu intelligent, mais ce n'est pas forcément ce qu'on a réussi de mieux.
Essayons quand même d'utiliser ce qui reste de cette intelligence chèrement acquise pour comprendre pourquoi on n'a jamais lu Le Petit Prince. Il y a l'explication du potard. Un livre, c'est comme un médicament en chronopharmacologie : s'il n'est pas administré exactement au bon moment, il n'est pas efficace. Pire, il peut-être nuisible.
Pensez à la rencontre avec « le livre de votre vie » (concept flou, mais journalistiquement commode). Six mois plus tôt ou six mois plus tard, qu'en serait-il de sa place dans votre panthéon ? Transposez à « la femme de votre vie », et vous deviendrez un converti déprimé ou émerveillé à la chrono-pharmaco amoureuse. De grands livres passent à côté de nous au mauvais moment.
Après l'explication du potard, passons à Mozart. L'enchaînement sur la base d'une rime de chansonnier en vaut un autre. Pourquoi Mozart m'est venu à l'esprit ? Son côté Petit Prince de la musique classique ? Le génie comme maladie infantile du talent ? L'actualité à éphémérides ? La bénédiction des têtes de gondole ? Les pleines colonnes ? Cette célébration en avalanche m'agacerait-elle ? même si Le Petit Prince est plus de l'ordre de la coulée blanche. Du tricentenaire hebdomadaire, avec merchandising bleuté soft à base de trousses, stylos,
cartables, cahiers de texte, en concurrence avec Shrek et Lorie... Madame, vous n'avez pas un effaceur Petit Prince ?... Je sais, on ne juge pas le temple aux marchands.
Bon, revenons à l'œuvre. Au fait, elle a un auteur, cette œuvre. Saint-Exupéry (1900-1944), écrivain-aviateur, mort en mer et dont on n'a retrouvé la gourmette que très récemment. Plus jeune, j'avais compris que Saint-Exupéry était mort à cause d'un P-38. J'avais cru qu'il avait été abattu à coups de P-38, dans un sombre règlement de compte littéraire. Le genre Petit Prince du crime. Plus tard, j'ai appris que le P-38 Lightning était un avion. Un bel avion à double empennage que j'ai construit en maquette Heller au l/72e.
Quand j'ai installé le pilote dans le cockpit, avec un point de colle Scotch, j'ai trouvé que même au l/72e, il paraissait bien grand, monsieur Antoine de Saint-Exupéry.
Ça aurait dû suffire à me faire lire Le Petit Prince, mais je venais de me coltiner tout Proust à cause d'une crâneuse et d'un Spitfire MK-III. Je trouvais que ça suffisait, l'approche de la littérature en rase-mottes.
Il fallait que je prenne de l'altitude. Que je survole les déserts, les oasis, les dunes, que je suive les traces ocre, les nuages de sable, les traînées... Dessine-moi un mouton. .. Aujourd'hui, le Petit Prince se ferait écraser par un 4x4 du Dakar. Il gâcherait la Grande Fête à Neuneu.
Un conseil, Petit Prince de là-bas : reste bien caché. Ne te laisse pas prendre au mirage poétique de ces caravanes. A leurs éclairs de chrome civilisateurs. Je ne voudrais pas te voir écharpé sur la piste parce que le renard des sables que tu protégeais s'est échappé de tes bras.
Il avait raison de fuir.
Tous les enfants du monde rêvent d'avoir un renard des sables contre leur cœur. Reste "le plus beau livre du monde" pour les autres. Petit Prince. Pour certains. Moi, j'ai le mien. Depuis toujours. Et tu ne peux pas prendre sa place. Il te ressemble trop. Ce serait le trahir que de te lire.
L'Enfant au fennec. C'est mon Petit Prince à moi. Un livre. Un cadeau. Un prix. L'histoire d'un enfant qui me ressemble. Tu ne me ressembles pas, Petit Prince. Ce qui me fait penser que certains ont une idée de l'universel bien monochrome.
Un enfant, donc, qui recueille un fennec égaré dans le froid de l'hiver. Loin de chez lui. Il l'aime, le réchauffe. Mais le fennec dépérit et va mourir. Et l'enfant comprend. Et je comprends, à 10 ans, qu'il faut se séparer de ce qu'on aime, pour qu'il vive. L'enfant ira apporter le fennec à un homme qui repart en avion vers un pays chaud. L'enfant pleurera. Je pleurerai et je pleure encore.
Comprends, Petit Prince, il faut économiser ses larmes dans ce désert. Je n'en ai plus pour toi.
Mais je vais te lire à ma fille, Marie. Peut-être. 8 ans, c'est le bon âge... C'est quoi, papa, cette histoire ? Le Petit Prince ? C'est génial !... Mais encore ?... Génial, je te dis !
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