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 Contes

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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 6 Juil - 19:52

fée un dreamcatcher popo

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Loeayn
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MessageSujet: Conte hindou : l'histoire de Savitri   Jeu 13 Juil - 23:28

Bon, voilà, j'adore absolument ce conte, je suis tombé dedans quand j'étais petit, c'est le tristan et Yseult hindou, sauf que c'est pas les mêmes motifs. Bref, place à la lecture !

L'histoire de Savitri et Satyavan


Il était une fois une très belle princesse hindoue appelée Savitri. Elle était la fille d'un roi sage et puissant en Inde. La réputation de la grande beauté de Savitri avait fait le tour du pays et avait même traversé les frontières et elle avait beaucoup de prétendants, mais la princesse refusait de se marier, ou plutôt ne voulait pas qu'on lui choisisse un mari, comme la tradition l'exigeait. N'y tenant plus, un jour elle dit au roi son père, qu'elle voulait voyager à travers le monde et trouver son mari par elle-même. Car elle n'envisageait qu'un mariage d'amour et un mari choisi par elle.

Le roi consentit à la volonté de sa fille et la fit accompagner par les meilleurs guerriers pour la protéger. Ainsi la princesse Savitri voyagea dans tout le pays en quête d' un prince digne de son amour et d'être son époux.

Un jour qu'elle arrivait dans la profondeur d'une forêt, elle remarqua un jeune homme. Il était le fils d' un roi désargenté qui avait perdu son royaume. Ce souverain dépourvu de trône était depuis lors devenu vieux et aveugle et vivait dans une petite hutte avec sa femme et son fils. Le fils, qui était un beau jeune prince, était l'unique réconfort et soutien de ses parents. Il coupait du bois et le vendait dans la campagne, et avec l'argent récolté achetait de la nourriture pour ses parents. Tous vivaient heureux et entourés d'amour dans la petite hutte. Savitri était fortement attirée vers eux et la quiétude de leur foyer et savait que sa recherche touchait à sa fin. Car elle était tombée amoureuse du jeune prince déchu, qui s'appelait Satyavan et était connu dans tout le pays pour sa générosité légendaire. Bien entendu le prince était lui aussi tombé amoureux de la belle et déterminée princesse, et qu'il voulait aussi ce mariage.

Le père de Savitri fut fortement abattu en apprenant que Savitri avait choisi un prince sans le sou. Mais sa fille était fermement décidée à épouser Satyavan. Alors le roi n'eut pas d'autre choix que d'accepter la chose. Or un prêtre informa le roi qu'une malédiction fatale avait été jetée sur le jeune prince : il était condamné à mourir dans un an. Le roi parla à sa fille de la malédiction et la pria de choisir quelqu'un d'autre, mais en vain, Savitri refusa et resta ferme dans sa détermination à épouser le prince qu'elle avait choisi. L'amour est le plus fort.

Alors le cœur lourd, son père donna son accord.

Le mariage de Savitri et Satyavan fut célébré en grande pompe. Les festivités durèrent des jours. Puis le couple repartit vivre dans la petite hutte dans la forêt. Pendant une année entière, ils y vécurent heureux, et toujours de plus en plus amoureux l'un de l'autre.

Vint je le dernier jour de l'année. Savitri s'était levée tôt et quand Satyavan prit sa hache pour aller dans la forêt trancher du bois, comme à son habitude, son épouse demanda à l'accompagner et main dans la main, les deux amoureux partirent ensemble dans la jungle.

Arrivés dans la jungle, Satyavan trouva un grand arbre. Dessous il installa un petit tapis de feuilles légères pour que sa belle soit assise confortablement et lui cueillit des fleurs pour en faire une couronne à mettre dans ses cheveux et une guirlande de fleurs pour parer son aimée et il alla couper le bois. Vers midi Satyavan se sentit un peu fatigué et après un moment il vint poser sa tête sur les genoux de Savitri pour se reposer. A cet instant, soudain, la forêt entière devint sombre et très vite Savitri vit une grande silhouette debout devant elle. C'était Yama, le Dieu de la mort.
« Je suis venu pour chercher votre mari » dit Yama et il baissa les yeux vers Satyavan, et aussitôt l'âme du jeune homme quitta son corps. Quand Yama fut sur le point de partir, Savitri, lui courut après et le supplia en pleurant de la prendre aussi avec lui et l'accompagner sur la terre des morts, ou bien si ce n'était pas possible de lui rendre la vie de Satyavan.

Yama répondit, "mon enfant, ton tour n'est pas encore venu. Rentre chez toi. Savitri, suppliait, implorait tant et si bien que Yama lui dit qu'il était prêt à lui accorder n'importe quelle faveur à l'exception de celle qui consisterai à rendre la vie à Satyavan. Savitri demanda alors, ."Dieu Yama, faites que j'ai de beaux fils »
«Accordé » répondit Yama.
Alors Savitri répliqua,
« Mais comment puis-je avoir des fils sans Satyavan , mon mari ? J'ai besoin de lui pour cela. Alors je vous prie donc de lui rendre la vie.»
Yama, piégé, ne pouvant faillir à sa parole dût alors céder. Un dieu ne revient jamais sur une faveur qu'il accorde.

Le corps de Satyavan revint alors à la vie. Il se réveilla lentement de la stupeur où il était plongé et le couple repartit vers leur hutte où ils vivèrent heureux jusqu'à la fin de leur jour. Ils eurent des enfants et l'histoire de leur amour fit le tour de l'Inde et du monde...

L'amour de Savitri était si fort et sa détermination si puissante, qu'elle avait elle-même choisi un noble jeune homme pour mari, tout en sachant qu'il ne lui restait seulement qu'une année à vivre. Elle l'avait épousé en toute confiance malgré cette malédiction. Même Yama, le dieu de la mort dut s'incliner et saluer son amour et sa dévotion pour son mari…
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Contes   Ven 14 Juil - 0:25

YAMA TENRO KEN!!!!!!!!!!!!!!


*désolée, l'abus de RG Veda, à une époque, ça laisse des trace....*

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MessageSujet: Re: Contes   Ven 14 Juil - 15:02

Merci pour ce joli conte Mat Very Happy I love you sunny
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Meryt
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MessageSujet: Re: Contes   Ven 14 Juil - 15:36

Kusanagi a écrit:



*désolée, l'abus de RG Veda, à une époque, ça laisse des trace....*

Abus de Rig Veda, ça va chercher loin ! lovedevil

Joli conte sire Loeayn, que j'ai lu avec plaisir.
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Tuor
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MessageSujet: Re: Contes   Ven 14 Sep - 18:57

Tiens, ca me tenterait bien de reactiver le sujet, parceque je m'offre un nouveau trip conte/mythologie/fantasy ces derniers temps.
Je pense deja a voir decidé du texte que je vais mettre: il s'agit d'un morceau magnifique des Contes de Gascogne de Bladé...d'aprés les echantillons que j'ai lu ils semblent sur les conteurs gascons soient trés doués, mais ce conte-ci est l'un des plus féérique et émouvant que je n'ai jamais lu.
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Pandora
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MessageSujet: Re: Contes   Mar 18 Sep - 12:22

Ben alors Tuor, il vient ce conte? ^^ Wink popo

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MessageSujet: Re: Contes   Mar 18 Sep - 15:46

Il vient à pied, c'est pour ça que ça met du temps... ^^
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Tuor
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MessageSujet: Re: Contes   Mer 19 Sep - 22:05

Bon, alors pour l'Homme voilé (c'est le titre du conte) il faudra attendre encore un peu, parceque je viens tout juste de commencer à le taper sur words, et il est très long.
Mias patience, vous l'aurez bientot, sourtout que j'ai encore quatres jours complets devant moi Wink .
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Tuor
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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 20 Sep - 15:56

Voilà, the tale demandé:

L’Homme voilé

Il y avait une fois, un roi et une reine aussi riches que la mer. Le roi était un brave homme. Il avait tué tous ses ennemis à la guerre, et il maintenait la paix et la justice parmi le peuple. La reine était une femme fort pieuse. Chaque matin, après la messe, elle faisait de grandes aumônes, et veillait à ce que rien ne manquât aux pauvres et aux malades.
Le roi et la reine n’avaient qu’un fils. Jusqu’à l’âge de dix-sept ans, ce garçon mena bonne vie. Mais alors, il se perdit dans les mauvaises compagnies. Il devint joueur, ivrogne, méchant, libertin. Cela vint au point que les chefs du pays s’assemblèrent et s’en allèrent trouver le roi.
-Bonjour, roi.
-Bonjour, mes amis ; Qu’y a –t’il pour votre service ?
-Roi, depuis l’âge de dix-sept ans, votre fils s’est perdu dans les mauvaises compagnies. Il est devenu joueur, ivrogne, méchant, libertin. Quelques jours, il sera notre maître. Fait-le donc châtier, pour qu’il se corrige, et pour que nous ayons un bon roi, quand vous serez mort.
-Merci, mes amis. Je me tiens pour averti. Retournez-vous-en tranquilles.
Alors le roi s’informa, et sut que les chefs du pays avait dit la vérité. Sur-le-champ, il manda son fils et le bourreau.
-Mauvais sujet, depuis l’âge de dix-sept ans tu t’es perdu dans les mauvaises compagnies. Tu es devenu joueur, ivrogne, méchant, libertin. Bourreau, donne-lui cent coup de fouets.
Le bourreau fit son métier.
-Et maintenant, mauvais sujet, tu vas pourrir trois ans, en prison. Bourreau, mène mon fils au geôlier.
Ce qui fut dit fut fait. Pendant trois ans, le fils du roi pourrit en prison. Mais il ne se corrigea pas, et il sortit plus joueur, plus ivrogne, plus méchant, plus libertin que jamais. Cela revint au point, que les chefs du pays s’assemblèrent encore une fois, et retournèrent chez le roi.
-Bonjour, roi.
-Bonjour, mes amis. Qu’y a-t-il pour votre service ?
-Roi, votre fils est sorti de prison, plus joueur, plus ivrogne, plus libertin que jamais. Quelque jour, il sera notre maître. Faites-le donc châtier encore, pour qu’il se corrige, et pour que nous ayons un bon roi, quand vous serez mort.
-Merci, mes amis, je me tiens pour averti. Retournez-vous en tranquilles.
Alors le roi s’informa, et sut que les chefs du pays avait dit la vérité. Aussitôt, il s’enferma dans sa chambre, et il y resta trois jours et trois nuits, sans voir personne, et sans rien faire, que penser, pleurer et prier Dieu ; Enfin, il appela un valet.
-Valet, va dire à ma femme de venir.
Le valet obéit.
-Femme, dit le roi, j’ai une grande peine, et je veut te la compter. Notre fils est un mauvais sujet. Rien ne le corrigera. Je ne veux pas qu’il tourmente le peuple, quand je serai mort. Demain, matin, fais confesser ce rien qui vaille. Moi, je manderai le bourreau, avec son coutelas bien affilé.
-Roi, vous serrez obéi.
La reine sortit, et s’en alla trouver son fils.
-Ecoute, malheureux. Tu en as tant et tant fait que ton père te renie. Pour toi, il mandera demain matin le bourreau, avec son coutelas bien affilé. Sauve ta vie. Tiens, voici des chemises. Voici milles louis d’or. Prends ton épée, descends à l’écurie. Selle et bride le meilleur cheval, et pars vite, vite, au grand galop
Le fils du roi fit comme sa mère avait dit. Quand il fut loin, bien loin, la reine s’en alla trouver le roi.
-Roi, je vous ai désobéi. J’ai averti notre fils. Maintenant, il est si loin, si loin, que nul ne pourra l’atteindre.
-Femme, je ne t’an veut pas. Le pays est délivré d’un mauvais sujet ; Si ce rien qui vaille revint jamais, c’est moi qui me charge de le recommander au bourreau.
Pendant ce temps-là, le fils du roi fuyait toujours vite, vite, au grand galop de son cheval. Au coucher du soleil, il arriva dans un bois. Là, il mit pied à terre, s’assit au pied d’un arbre, et se mit à songer.
-Les mauvaises compagnies m’ont perdu. Je suis un mauvais sujet, un rien qui vaille. Mais, par mon âme, j’ai fini de mal faire, et je tâcherai de le prouver.
A minuit, le fils du roi repartit à travers le bois. Le lendemain, il arriva dans une ville sept fois grande comme Bordeaux. Là, il vendit son cheval avec la bride et la selle. Il vendit ses beaux habits, et ne garda que son épée. Cela fait, il acheta des hardes, et une besace de pauvres. Il acheta aussi un voile noir, percé de trois trous, deux pour les yeux, et un pour la bouche.
Puis, il entra dans une église, et s’en alla trouver le curé.
-Bonjour, curé.
-Bonjour, pauvre. Que me veut-tu ?
-Curé, ce que je vais te dire est un secret de confession. Curé, je suis d’un grand sang. Pourtant, je ne te nommerai pas mon père et ma mère, car je ne veux pas leur faire honte. Curé, jusqu’à, dix-sept ans, j’ai mené bonne vie. Alors, les mauvaises compagnies m’ont perdu. Je suis devenu joueur, ivrogne, méchant, libertin. Mais, par min âme, j’ai fini de mal faire, et je tâcherai de le prouver. Tiens, curé, Voici de l’or et de l’argent. Tu les donneras aux pauvres. Voici mon épée et un voile noir. Cache-les sous le maître autel de ton église, et rends-les-moi quand je viendrai te les demander.
-Pauvre, je ferai comme tu as dit.
Le fils du roi partit. Pendant sept semaines, il marcha du lever au coucher du soleil, vivant d’aumônes, couchant dans les étables, pour l’amour de Dieu. Un soir, il s’arrêta sur le seuil d’une métairie.
-Bonsoir, braves gens. Métayer, n’aurai-tu pas besoin d’un valet.
-Oui, mon ami. J’ai besoin d’un porcher, pour toucher, du lever au coucher du soleil, un troupeau de cent porcs., au bois, tout le long de la mer grande.
-Eh bien, métayer, prends-moi à l’épreuve.
Le fils du roi se loua donc comme porcher. Chaque matin, il partait toucher son troupeau de cent porcs au bois, tout le long de la mer grande. Chaque soir, il le ramenait à l’étable.
Cela dura longtemps, bien longtemps. Le fils du roi avait fini de mal faire. Dans le pays, tout le monde l’aimait, car il était fort et hardi, laborieux comme personne, et toujours prêt à rendre service à chacun.
Un soir, le fils du roi ramenait son troupeau de cent porcs à l’étable. Arrivé sur le bord du bois, il entendit de grands cris. C’était un loup noir, grand comme une cheval, qui emportait la chèvre d’une pauvre vieille femme ; Aussitôt, le fils du roi assomme le loup noir, à grands coups de bâtons, et rend la chèvre à sa maîtresse.
-Porcher, merci, dit la pauvre vieille femme. Porcher, je sais à a quoi tu penses nuit et jour ; mais il ne me plait pas de le dire. Porcher, tu m’as fait un grand service. Et j’entends te le payer. Regarde ce chêne creux. C’est là que je demeure. Quand tu seras en peine, retourne ici, et cire trois fois : « Chevrière ! Chevrière ! Chevrière ! » Tu ne m’attendras pas longtemps, et je te tirerai de peine.
La pauvre vieille femme repartit, avec sa chèvre, et le fils du roi recommença son travail de chaque jour.
Un soir, à souper, le métayer, qui revenait de la foire, devisait de ce qu’il y avait vu et entendu.
-Porcher, il se passe de bien tristes choses en France. Un Géant de Brume est venu, pour la perdition de ce pays, un Géant de Brume, un Géant haut de cent toises, avec un œil de diamant au beau milieu du front. Du lever au coucher du soleil, le gueux court la campagne. Partout où il passe, les blés, les vignes, les arbres, sèchent pour ne reverdit jamais. On dit que le vieux roi de France en meurt de peine. Qu’y faire ? Bien des Hommes, forts et hardis, ont voulu faire bataille. Mais il faut frapper à l’œil de diamant, et les armes ne peuvent rien sur le corps du Géant de Brume.
Le fils du roi faisait semblant d’écouter par complaisance. Pourtant, il ne perdait pas un mot. L’heure du coucher venue, il fit mine d’aller au lit, mais il sortit doucement, bien doucement, et prit le chemin du bois. Au premier coup de minuit, il était près du chêne creux :
-Chevrière ! Chevrière ! Chevrière !
Aussitôt parut une dame, jeune et belle comme le jour.
-Porcher, je suis la chevrière. Porcher, tu m’as fait un grand service, et j’entends te le payer. Porcher, je sais ce que tu veux. Tu veux tuer le Géant de Brume, le géant haut de cent toises. Tu veux le frapper au beau milieu du front. Tu veux le frapper à l’œil de diamant ; Ecoute. Tant que le Géant de Brume veille, jamais, jamais tu n’atteindras où il faut. Mais quand il dort, c’est une autre affaire. Je vais te dire où il se couche chaque soir. Ecoute. Va demander ton épée au curé, qui l’a caché sous le maître-autel de l’église ; cela fait, tu chemineras trois jours et trois nuits, toujours tout droit vers le midi. Alors, tu seras dans le pays de la rase lande, tout proche d’un vieux château ruiné. Cache-toi parmi les pierres et les broussailles. Regardes, et attend. Tu verras le Géant de Brume se coucher de tout son long, sur la rase lande, et s’endormir, la face tournée vers les étoiles. Méfie-toi, le Géant du Brume a le sommeil léger, léger, jusqu’à minuit, fais, le mort. Alors, doucement, bien doucement, ôte tes souliers, tire ton épée, avance, avance, en retenant ton haleine. Hardi ! Frappe, dans l’œil, le Géant de Brume. Enfonces-y ton bras jusqu’au coude, et arrache l’œil de diamant. Le Géant du Brume sera mort., et il s’en ira comme une fumée. Porcher, tu m’as fait un grand service. Je t’ai payé. Nous sommes quittes. Adieu. Tu ne me reverras jamais, jamais.
La dame jeune, et belle comme le jour rentra dans son chêne creux, et le fils du roi s’en revint à la métairie.
-Adieu, maître. Je pars pour un grand voyage.
-Porcher, voici ce que je te dois. Séparons-nous bons amis. Pars, et que le Bon Dieu te conduise. Si tu veut retourner ici, tu y seras toujours le bien reçu.
-Merci, maître. Garde cet argent. Si je ne reviens pas dans sept mois, compte que je serai mort. Alors, dépense une moitié de mes gages en aumône, et l’autre a me faire dire des messes.
-Porcher, je ferai ce que tu as dit.
-Merci, maître. Adieu
Sept semaines après, le fils du roi entrait dans l’église, où son épée et son voile noir étaient toujours cachés sous le maître-autel.
-Bonjour, curé, Rends-moi mon épée et mon voile noir.
-Pauvre, avec plaisir. Tiens, les voici.
-Merci, curé.
Le fils du roi repartit. Pendant trois jours et trois nuits, il chemina droit vers le midi. Alors, il arriva dans le pays de la rase lande, tout proche d’un vieux château ruiné. Là, il se cacha, parmi les pierres et les broussailles, regarda, et attendit.
Enfin, le Géant de Brume arriva. Il se coucha de tout son long, la face tourné vers les étoiles. Il avait le sommeil léger, léger. Mais le fils du roi se méfiait. Jusqu’à minuit il fit le mort. Alors, doucement, bien doucement, il ôta ses souliers, et tira son épée. Il avança, il avança, en retenant son haleine.
Hardi ! L’épée était dans l’œil du Géant de Brume. Le fils du roi y enfonça le bras jusqu’au coude, et arracha l’œil de diamant.
Le Géant du Brume était mort. Il s’en alla comme une fumée.
Alors, le fils du roi couvrit son visage du voile noir, et partit pour le château de son père.
-Bonjour, roi.
-Bonjour, Homme Voilé. Que me veux-tu ?
-Roi, j’ai tué le Géant du Brume. Voici son œil de diamant.
-Merci, Homme Voilé. Ton service et ton diamant te seront payés cent milles pistoles.
-Roi, je ne travaille pas pour de l’argent. Si ces cent milles pistoles vous gênent, il faut en faire des aumônes.
-Homme Voilé. Tu fait et dit comme un Homme de grand sang. Montre ton visage.
-Roi, c’est vrai, je suis un homme de grand sang. Mais il m’est commandé de ne pas montrer mon visage.
-Homme Voilé, comme tu voudras. Ton père est bien heureux d’avoir un fils sage, fort, hardi comme toi. Le mien s’en est allé je ne sais où. C’est une canaille, qui ne vaut pas la corde pour le pendre.


A suivre


Dernière édition par le Jeu 20 Sep - 15:58, édité 1 fois
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Tuor
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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 20 Sep - 15:57

-Roi, je connais votre fils, Ne vous pressez pas de le condamner. Depuis longtemps, il a fini de mal faire, et il tâche de le prouver.
-Homme Voilé, je ne te crois pas. Si ce rien qui vaille revint jamais, c’est moi qui me charge de le recommander au bourreau.
Le fils du roi salua son père, et revint trouver le curé dans son église.
-Bonjour, curé. Voici mon épée et mon voile noir. Caches-les sous le maître autel de ton église, et rends-les-moi quand je viendrai te les demander.
-Pauvre, je ferai comme tu as dit.
Le fils du roi s’en retourna chez son maître, toucher, du lever au coucher du soleil, son troupeau de cent porcs, tout le long de la mer grande. Cela dura longtemps, bien longtemps.
Un jour, le fils du roi songeait, assis au pied du chêne. A la cime d’un chêne ; Un bel Oiseau d’Or chantait.
-Je suis l’Oiseau d’Or, l’Oiseau couleur du soleil, l’Oiseau qui parle et qui raisonne comme un chrétien. Je suis l’Oiseau d’Or, qui vivras jusqu’au jour du jugement, si je trouve, tous les cent ans, à boire une pinte de sang d’un fils de roi. Porcher, il y aura demain cent ans que je n’ai, pas bu. Porcher, je sais qui tu es. Assiste-moi d’une pinte de ton sang.
-Oiseau d’Or, vole à terre.
L’Oiseau d’Or obéit. Alors, le fils de roi tira son couteau, et piqua son bras. Le sang coulait, rouge et chaud, et l’Oiseau d’Or buvait à la régalade.
-Porcher, merci. En voilà pour cent ans. Porcher, tu m’as fait un grand service et j’entends te le payer. Ecoute, Arrache une plume de mon aile, et cache-là dans la doublure de ton béret. Si tu mets cette plume dans ta bouche, aussitôt tu seras changé en Oiseau d’Or comme moi. Si tu craches cette plume, aussitôt tu redeviendras un homme. Mais alors, mon présent aura perdu tout pouvoir. Porcher, tu m’as fait un grand service. Je t’ai payé. Nous sommes quittes. Adieu. Tu ne me reverras jamais, jamais.
Et l’Oiseau d’Or s’envola du côté de la mer grande. Le soir, à souper, le métayer, qui revenait de la foire, devisait de ce qu’il y avait vu et entendu.
-Porcher, il se passe de tristes choses en France. Un Serpent-Volant est venu, pour la perdition de ce pays, un Serpent–Volant couronné d’or, et long de cent toises. Nuit et jour le gueux court la campagne, et mange les bêtes et les gens. On dit que le vieux roi de France en meurt de peine. Qu’y faire. A batailler contre la male bête bien des hommes forts et hardis sont morts. Mais il faut frapper le cœur, et les armes ne peuvent rien sur la peau du Seprent-Volant couronné d’or.
Le fils du roi faisait semblant d’écouter par complaisance. Cependant il ne perdait pas un mot. L’heure du coucher venu, il fit mine d’aller au lit. Mais il pensa à tout ce qu’avait dit le métayer.
Le lendemain, le fils du roi était debout avant la pointe de l’aube.
-Adieu, maître. Je pars pour un grand voyage.
-Porcher, voici ce que je te dois. Séparons-nous bons amis. Pars, et que le Bon Dieu te conduise. Si tu veut retourner ici, tu seras toujours le bien reçu.
-Merci, maître. Garde cet argent. Si je ne reviens pas dans sept mois, compte que je serai mort. Alors, dépense la moitié de mes gages en aumônes, et l’autre à me faire dire des messes.
-Porcher, je ferai comme tu as dit.
-Merci, maître. Adieu.
Sept semaines après, le fils du roi entrait dans l’église, où son épée et son voile noir étaient toujours cachés sous le maître-autel.
-Bonjour, curé, rends-moi mon épée et mon voile noir.
-Pauvre, avec plaisir. Tiens, les voici.
Le fils du roi repartit pour la France. Trois jours après il vit venir à lui le Serpent-Volant couronné d’or, long de cent toises.
Aussitôt, le fils du roi tira son épée, et chercha la plume de l’aile de l’Oiseau d’Or, cachée dans la doublure de son béret.
Le Serpent-Volant couronné d’or arrivait, la gueule ouverte, et grande comme une porte d’église.
Au bon moment, le fils du roi mit la plume dans sa bouche. Aussitôt il fut changé en Oiseau d’Or, et partit, aussi vite qu’un éclair, dans la gueule du Serpent-Volant couronné d’or. La plume crachée, il redevint aussitôt un homme ; hardi ! Le fils du roi frappait, à grands coups d’épée, dans les tripes et dans le cœur de la male bête.
Le Serpent-Volant couronné d’or cracha le fils du roi rouge de sang, et tomba mort.
Alors le fils du roi arracha la couronne d’or du Serpent-Volant, couvrit son visage du voile noir, et partit pour le château de son père.
-Bonjour, roi.
-Bonjour, Homme Voilé. Que me veut-tu ?
-Roi, j’ai tué le Serpent-Volant. Voici sa couronne d’or.
-Merci, Homme Voilé. Ton service et la couronne d’or, te seront payé de deux cent mille pistoles.
-Roi, je ne travaille pas pour l’argent. Si ces deux cent milles pistoles vous gênent, il faut en faire des aumônes.
-Homme voilé, tu fais et dit comme un homme de grand sang. Sans doute, tu es le fils de quelque roi. Montre ton visage.
-Roi, c’est vrai. Je suis un homme de grand sang. Je suis fils d’un roi comme vous. Mais il m’est commandé de ne pas montrer mon visage.
-Homme Voilé, comme tu voudras. Ton père est bien heureux d’avoir un fils sage, fort, hardi comme toi. Le mien s’en est allé je ne sais où. C’est une canaille, qui ne vaut pas la corde pour le pendre. Ecoute, Homme Voilé. Je suis vieux, reste avec moi. Tu commanderas à a ma place.
-Roi, je connais votre fils. Ne vous pressez pas de le condamner. Depuis longtemps, il a fini de mal faire, et il tâche de le prouver. Voulez-vous que j’aille lui dire de revenir ici, pour y commander à votre place ?
-Homme Voilé, je ne te crois pas. Si ce rien qui vaille revient jamais, c’est moi qui me charge de le recommander aux bourreaux.
Le fils du roi salua son père, et sortit. Sur la porte du château, la reine faisait l’aumône aux pauvres.
-Bonjour, reine. Assistez vite ces pauvres, et qu’ils s’en aillent. Je veux vous parler en grand secret.
Les pauvres assistés et partis, le fils du roi ôta son voile noir.
-Bonjour, reine, me reconnaissez-vous ?
-Tu es mon fils ! Tu es mon fils !
-Silence, mère. Si, par malheur, le roi vous entendait, il me recommanderait au bourreau. Pourtant, j’ai fini de mal faire et je tâche de le prouver. Par moi la France est délivrée du Géant de Brume et du Serpent-Volant couronné d’or. Adieu, mère. Que le Bon Dieu et la Sainte vierge vous gardent. Mon père ne me reverra jamais, jamais.
Le fils du roi salua sa mère, et revient trouver le curé dans son église.
-Bonjour, curé, Voici mon épée et mon voile noir. Cache-les sous le maître autel de ton église, et rend-les-moi quand je viendrai te les demander.
-Pauvre, je ferai comme tu as dis.
Le fils du roi s’en retourna chez son maître toucher, du lever au coucher du soleil, son troupeau de cent porcs, tout le long de la mer grande. Cela dura longtemps, bien longtemps.
Un jour, le fils du roi songeait, assis sur un rocher, en face de la mer, quand il entendit une voix qui montait du fond de l’eau, et qui criait, en latin :
-Porcher ! Porcher !
Le fils du roi parlait latin comme un curé.
-Poisson de la mer grande, que me veux-tu ?
Alors, parut au-dessus de la mer grande un homme à longue barbe, avec une queue de poisson.
-Porcher, je sais qui tu es. Porcher, je suis le Roi des Poissons. Porcher, il fut un temps où j’étais homme comme toi. Alors je vivait en pêcheur au service de saint Pierre. Tous deux, nous pêchions pour Notre Seigneur Jésus-Christ.. Malheur ! je refusais le baptême. Alors, saint Pierre me lança dans le mer grande, et me fit Roi des poissons ; mais il est dit que ma peine finira. Sept ans après que je serai chrétien, je mourrai, pour aller tou droit en paradis. Porcher, va chercher de l’eau de source, et baptise-moi, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Le fils du roi alla chercher de l’eau de source. Et baptisa le Roi des Poissons, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
-Porcher, merci. Dans sept ans, je mourrai pour aller tout droit en paradis. Porcher, tu m’as fait un grand service, et j’entend te le payer. Ecoute. Quand tu auras besoin de moi, retourne ici avant le lever su soleil. Tourne-toi vers la mer grande, et crie trois fois : « Roi des Poissons ! Roi des Poissons ! Roi des Poissons ! » tun ne m’attendras pas longtemps, et je te tirerai de peine.
Et le Roi des Poissons plongea dans le mer grande.
Le soir, à souper, le métayer, qui revenait de la foire, devisait de ce qu’il avait vu et entendu.
-Porcher, il se passe tristes choses en France. La peste noire est en ce pays. Chaque jour, les gens y crèvent par milliers, et pourrissent au soleil, mis en pièces par les chiens et les corbeaux. On dit que le vieux roi de France en meurt de peine. Qu’y faire ? Pour chasser la peste noire, il faudrait planter, dans le parterre du roi, la Fleur Dorée, la Fleur de Baume, la Fleur quoi chante comme un rossignol. Mais cette Fleur, sans pareille au monde, est dans l’île de la mer grande. Autour de l’île, grondent nuit et jour l’orage et la tempête. Les pauvres mariniers qui sont parti pour ce voyage n’en sont jamais revenus.
Le fils du roi faisait semblant d’écouter avec complaisance. Pourtant, il ne perdait pas un mot. L’heure du coucher venu, il fit mine d’aller au lit ; mais il pensa toute la nuit à ce qu’avait dit le métayer.
Le lendemain, le fils du roi était debout avant la pointe de l’aube.
-Adieu, maître, je pars pour un grand voyage.
-Porcher, voici ce que je te dois. Séparons-nous bons amis. Pars, et que le Bon Dieu te conduise. Si tu veux retourner ici, tu seras toujours le bien reçu.
-Merci, maître. Garde cet argent. Si je ne reviens pas dans sept mois, compte que je serai mort. Alors dépense la moitié de mes gages en aumône, et le reste à me faire dire des messes.
-Porcher, je ferai comme tu as dis.
Le fils du roi repartit. Sept semaines après, il était au bord de la mer grande., avant le lever su soleil.
-Roi des Poissons ! Roi des Poissons ! Roi des Poissons !
Aussitôt, le Roi des Poissons parut au-dessus de la mer grande.
-Porcher, tu m’as fais un grand service, et j’entends te le payer. Porcher, je sais ce que tu veux. Tu veux aller dans une île de la mer grande, chercher la Fleur Dorée, la Fleur de baume, la Fleur qui chante comme un rossignol. Hardi ! Saute sur mon dos. Partons.
Le fils du roi obéit, et le Roi des Poissons fila sur les eaux aussi vite qu’un éclair.
-Porcher, voici l’île que tu cherches. Saute à terre. Va chercher ce qu’il te faut, et revient vite. J’ai d’autres affaires ailleurs.
Le fils du roi obéit. Devant une auberge, sous la treille, au bord de la mer grande, six hommes faisaient la ribote, attablés avec sept belles filles.
-Ho ! L’ami ! Viens donc rire, et riboter avec nous.
-Au large ! vauriens. Au large ! coquins. J’ai fini de mal faire, et je tâche de le prouver. Pan ! Pan !
Et le fils du roi frappait, à grands coups d’épée, sur les six hommes et les sept belles filles.
-A toi, cochon ! A toi, coquine Allez rôtir avec les Diables de l’enfer. Pan ! Pan !
Ainsi périt ce sale monde. Alors, le fils du roi rengaina son épée, et cueillit la Fleur Dorée, la Fleur de baume, la Fleur qui chante comme un rossignol. Aussitôt, il revint trouver le Roi des Poissons.
-Hardi ! Saute sur mon dos. Partons
Le fils du roi obéit, et le Roi des Poissons fila sur les eaux, aussi vite qu’un l’éclair.
-Porcher, saute à terre. Te voici revenu. Porcher, tu m’as fait un grand service. Je t’ai payé. Nous sommes quittes. Adieu, Tu ne me reverras jamais, jamais.
Et le Roi des Poissons plongea dans la mer grande.
Alors, le fils du roi couvrit son visage du voile noir, et parti pour le château de son père. Tout d’abord, il courut au parterre, tira son épée, fouilla la terre, et planta la Fleur dorée, la Fleur de baume, la Flmeur qui chante comme un rossignol. Cela fait, il alla trouver la reine.
-Bonjour, mère. La peste noire est chassée. Dans le parterre du roi j’ai planté la Fleur Dorée, la Fleur de baume, la Fleur qui chante comme un rossignol. Mère, menait moi dans la chambre de mon père.
-Viens.
Dans la chambre, cent cierges brûlaient. Neuf prêtres chantaient au pied du lit, neuf prêtres, en ornements blancs et noirs.
Le roi était mort.
Alors, le fils du roi s’agenouilla et pria Dieu.
Les neufs prêtres partis, il se tourna vers sa mère.
-Sortez, ma mère, ma pauvre mère. Jusqu’à l’heure de l’enterrement je veux garder seul le corps de mon père. Ma mère, ma pauvre mère, envoyez-moi un beau linceul de lin, pour l’ensevelir. E,voyez-moi _une aiguille d’or et un écheveau de soie, pour coudre le beau linceul de lin. Faites que tout soit prêt, à l’heure marquée, la bière, les porteurs, les prêtres, els cierges, les aumônes, et le dîner des Noces tristes. Sortez, ma mère, ma pauvre mère.
Encore une fois, la reine regarda son mari mort, et sortit.
Le fils du roi tint parole. Jusqu’à l’heure de l’enterrement, il garda le corps de son pauvre père. Avec l’aiguille et l’écheveau de soie, il le cousit dans le beau linceul de lin. Cela fait, il jeta de l’eau bénite, s’agenouilla, et pria Dieu.
Le lendemain, les cloches sonnaient le glas. Neuf prêtres chantaient sur le chemin du cimetierre. En tête du deuil marchait, l’épée à la ceinture, un pauvre voilé de noir.
Les prières chantées, le pauvre arracha son voile noir, et le jeta dans la fosse.
-Peuple je suis le roi. Peuple la peste noire est chassée. J’ai rapporté la Fleur Dorée, la Fleur de baume, la Fleur qui chante comme un rossignol. Mais mon pauvre père est mort sans me pardonner. Jeunes gens, prenez mon exemple.
Le roi rentra dans son château, pour y commander le peuple selon le droit et la justice. Pendant trois ans, il porta le deuil de pauvre mort. Cela fait, il épousa une princesse belle comme le jour et pieuse comme une sainte. Longtemps, bien longtemps, ils vécurent avec leurs enfants. Pourtant, le roi n’était pas heureux, parce que son pauvre père était mort sans lui pardonner.
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MessageSujet: Re: Contes   Ven 28 Sep - 21:47

Bon alors personne l'as lu mon conte ? enervé .
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MessageSujet: Re: Contes   Sam 29 Sep - 0:36

Euh... ouai, je ne l'ai pas encore lu. Mais je le fais dès que possible.
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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 4 Oct - 12:25

Popo Tuor, après l'avoir tant réclamé je ne le lis que maintenant gêne

Mais ça valais le coup, il est très très bien *et la fin elle est tristeuh en fait bouhouhou! * (c'est vachement borné un roi enervé )

Merci Tuor en tout cas !! Je connaissais pas du tout

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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 4 Oct - 19:20

Popo Pando, content que mon conte t'ai plu Wink
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MessageSujet: Re: Contes   Mer 17 Oct - 11:11

Un retour aux classiques après la jolie réactivation du sujet par Tuor...
Vous en avez marre de vos gnafrons? Adoptez la méthode Hansel & Gretel lovedevil *merci qui? merci les Grimm* *mais attention ils ont tendance à revenir quand même à la fin hum... * Pititange



A l'orée d'une grande forêt vivaient un pauvre bûcheron, sa femme et ses deux enfants. Le garçon s'appelait Hansel et la fille Grethel. La famille ne mangeait guère. Une année que la famine régnait dans le pays et que le pain lui-même vint à manquer, le bûcheron ruminait des idées noires, une nuit, dans son lit et remâchait ses soucis. Il dit à sa femme
- Qu'allons-nous devenir ? Comment nourrir nos pauvres enfants, quand nous n'avons plus rien pour nous-mêmes ?
- Eh bien, mon homme, dit la femme, sais-tu ce que nous allons faire ? Dès l'aube, nous conduirons les enfants au plus profond de la forêt nous leur allumerons un feu et leur donnerons à chacun un petit morceau de pain. Puis nous irons à notre travail et les laisserons seuls. Ils ne retrouveront plus leur chemin et nous en serons débarrassés.
- Non, femme, dit le bûcheron. je ne ferai pas cela ! Comment pourrais-je me résoudre à laisser nos enfants tout seuls dans la forêt ! Les bêtes sauvages ne tarderaient pas à les dévorer.
- Oh ! fou, rétorqua-t-elle, tu préfères donc que nous mourions de faim tous les quatre ? Alors, il ne te reste qu'à raboter les planches de nos cercueils.
Elle n'eut de cesse qu'il n'acceptât ce qu'elle proposait.
- Mais j'ai quand même pitié de ces pauvres enfants, dit le bûcheron.
Les deux petits n'avaient pas pu s'endormir tant ils avaient faim. Ils avaient entendu ce que la marâtre disait à leur père. Grethel pleura des larmes amères et dit à son frère :
- C'en est fait de nous
- Du calme, Grethel, dit Hansel. Ne t'en fais pas ; Je trouverai un moyen de nous en tirer.
Quand les parents furent endormis, il se leva, enfila ses habits, ouvrit la chatière et se glissa dehors. La lune brillait dans le ciel et les graviers blancs, devant la maison, étincelaient comme des diamants. Hansel se pencha et en mit dans ses poches autant qu'il put. Puis il rentra dans la maison et dit à Grethel :
- Aie confiance, chère petite soeur, et dors tranquille. Dieu ne nous abandonnera pas.
Et lui-même se recoucha.
Quand vint le jour, avant même que le soleil ne se levât, la femme réveilla les deux enfants :
- Debout, paresseux ! Nous allons aller dans la forêt pour y chercher du bois. Elle leur donna un morceau de pain à chacun et dit :
- Voici pour le repas de midi ; ne mangez pas tout avant, car vous n'aurez rien d'autre.
Comme les poches de Hansel étaient pleines de cailloux, Grethel mit le pain dans son tablier. Puis, ils se mirent tous en route pour la forêt. Au bout de quelque temps, Hansel s'arrêta et regarda en direction de la maison. Et sans cesse, il répétait ce geste. Le père dit :
- Que regardes-tu, Hansel, et pourquoi restes-tu toujours en arrière ? Fais attention à toi et n'oublie pas de marcher !
- Ah ! père dit Hansel, Je regarde mon petit chat blanc qui est perché là-haut sur le toit et je lui dis au revoir.
La femme dit :
- Fou que tu es ! ce n'est pas le chaton, c'est un reflet de soleil sur la cheminée. Hansel, en réalité, n'avait pas vu le chat. Mais, à chaque arrêt, il prenait un caillou blanc dans sa poche et le jetait sur le chemin.
Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt, le père dit :
- Maintenant, les enfants, ramassez du bois ! je vais allumer un feu pour que vous n'ayez pas froid.
Hansel et Grethel amassèrent des brindilles au sommet d'une petite colline. Quand on y eut mit le feu et qu'il eut bien pris, la femme dit :
- Couchez-vous auprès de lui, les enfants, et reposez-vous. Nous allons abattre du bois. Quand nous aurons fini, nous reviendrons vous chercher.
Hansel et Grethel s'assirent auprès du feu et quand vint l'heure du déjeuner, ils mangèrent leur morceau de pain. Ils entendaient retentir des coups de hache et pensaient que leur père était tout proche. Mais ce n'était pas la hache. C'était une branche que le bûcheron avait attachée à un arbre mort et que le vent faisait battre de-ci, de-là. Comme ils étaient assis là depuis des heures, les yeux finirent par leur tomber de fatigue et ils s'endormirent. Quand ils se réveillèrent, il faisait nuit noire. Grethel se mit à pleurer et dit :
- Comment ferons-nous pour sortir de la forêt ?
Hansel la consola
- Attends encore un peu, dit-il, jusqu'à ce que la lune soit levée. Alors, nous retrouverons notre chemin.
Quand la pleine lune brilla dans le ciel, il prit sa soeur par la main et suivit les petits cailloux blancs. Ils étincelaient comme des écus frais battus et indiquaient le chemin. Les enfants marchèrent toute la nuit et, quand le jour se leva, ils atteignirent la maison paternelle. Ils frappèrent à la porte. Lorsque la femme eut ouvert et quand elle vit que c'étaient Hansel et Grethel, elle dit :
- Méchants enfants ! pourquoi avez-vous dormi si longtemps dans la forêt ? Nous pensions que vous ne reviendriez jamais.
Leur père, lui, se réjouit, car il avait le coeur lourd de les avoir laissés seuls dans la forêt.
Peu de temps après, la misère régna de plus belle et les enfants entendirent ce que la marâtre disait, pendant la nuit, à son mari :
- Il ne nous reste plus rien à manger, une demi-miche seulement, et après, finie la chanson ! Il faut nous débarrasser des enfants ; nous les conduirons encore plus profond dans la forêt pour qu'ils ne puissent plus retrouver leur chemin ; il n'y a rien d'autre à faire.
Le père avait bien du chagrin. Il songeait - « Il vaudrait mieux partager la dernière bouchée avec les enfants. » Mais la femme ne voulut n'en entendre. Elle le gourmanda et lui fit mille reproches. Qui a dit « A » doit dire « B. »Comme il avait accepté une première fois, il dut consentir derechef.
Les enfants n'étaient pas encore endormis. Ils avaient tout entendu. Quand les parents furent plongés dans le sommeil, Hansel se leva avec l'intention d'aller ramasser des cailloux comme la fois précédente. Mais la marâtre avait verrouillé la porte et le garçon ne put sortir. Il consola cependant sa petite soeur :
- Ne pleure pas, Grethel, dors tranquille ; le bon Dieu nous aidera.
Tôt le matin, la marâtre fit lever les enfants. Elle leur donna un morceau de pain, plus petit encore que l'autre fois. Sur la route de la forêt, Hansel l'émietta dans sa poche ; il s'arrêtait souvent pour en jeter un peu sur le sol.
- Hansel, qu'as-tu à t'arrêter et à regarder autour de toi ? dit le père. Va ton chemin !
- Je regarde ma petite colombe, sur le toit, pour lui dire au revoir ! répondit Hansel.
- Fou ! dit la femme. Ce n'est pas la colombe, c'est le soleil qui se joue sur la cheminée.
Hansel, cependant, continuait à semer des miettes de pain le long du chemin.
La marâtre conduisit les enfants au fin fond de la forêt, plus loin qu'ils n'étaient jamais allés. On y refit un grand feu et la femme dit :
- Restez là, les enfants. Quand vous serez fatigués, vous pourrez dormir un peu nous allons couper du bois et, ce soir, quand nous aurons fini, nous viendrons vous chercher.
À midi, Grethel partagea son pain avec Hansel qui avait éparpillé le sien le long du chemin. Puis ils dormirent et la soirée passa sans que personne ne revînt auprès d'eux. Ils s'éveillèrent au milieu de la nuit, et Hansel consola sa petite soeur, disant :
- Attends que la lune se lève, Grethel, nous verrons les miettes de pain que j'ai jetées ; elles nous montreront le chemin de la maison.
Quand la lune se leva, ils se mirent en route. Mais de miettes, point. Les mille oiseaux des champs et des bois les avaient mangées. Les deux enfants marchèrent toute la nuit et le jour suivant, sans trouver à sortir de la forêt. Ils mouraient de faim, n'ayant à se mettre sous la dent que quelques baies sauvages. Ils étaient si fatigués que leurs jambes ne voulaient plus les porter. Ils se couchèrent au pied d'un arbre et s'endormirent.
Trois jours s'étaient déjà passés depuis qu'ils avaient quitté la maison paternelle. Ils continuaient à marcher, s'enfonçant toujours plus avant dans la forêt. Si personne n'allait venir à leur aide, ils ne tarderaient pas à mourir. À midi, ils virent un joli oiseau sur une branche, blanc comme neige. Il chantait si bien que les enfants s'arrêtèrent pour l'écouter. Quand il eut fini, il déploya ses ailes et vola devant eux. Ils le suivirent jusqu'à une petite maison sur le toit de laquelle le bel oiseau blanc se percha. Quand ils s'en furent approchés tout près, ils virent qu'elle était faite de pain et recouverte de gâteaux. Les fenêtres étaient en sucre. - Nous allons nous mettre au travail, dit Hansel, et faire un repas béni de Dieu. Je mangerai un morceau du toit ; ça a l'air d'être bon !
Hansel grimpa sur le toit et en arracha un petit morceau pour goûter. Grethel se mit à lécher les carreaux. On entendit alors une voix suave qui venait de la chambre

- Langue, langue lèche !
Qui donc ma maison lèche ?

Les enfants répondirent

- C'est le vent, c'est le vent.
Ce céleste enfant.

Et ils continuèrent à manger sans se laisser détourner de leur tâche. Hansel, qui trouvait le toit fort bon, en fit tomber un gros morceau par terre et Grethel découpa une vitre entière, s'assit sur le sol et se mit à manger. La porte, tout à coup, s'ouvrit et une femme, vieille comme les pierres, s'appuyant sur une canne, sortit de la maison. Hansel et Grethel eurent si peur qu'ils laissèrent tomber tout ce qu'ils tenaient dans leurs mains. La vieille secoua la tête et dit :
- Eh ! chers enfants, qui vous a conduits ici ? Entrez, venez chez moi ! Il ne vous sera fait aucun mal.
Elle les prit tous deux par la main et les fit entrer dans la maisonnette. Elle leur servit un bon repas, du lait et des beignets avec du sucre, des pommes et des noix. Elle prépara ensuite deux petits lits. Hansel et Grethel s'y couchèrent. Ils se croyaient au Paradis.
Mais l'amitié de la vieille n'était qu'apparente. En réalité, c'était une méchante sorcière à l'affût des enfants. Elle n'avait construit la maison de pain que pour les attirer. Quand elle en prenait un, elle le tuait, le faisait cuire et le mangeait. Pour elle, c'était alors jour de fête. La sorcière avait les yeux rouges et elle ne voyait pas très clair. Mais elle avait un instinct très sûr, comme les bêtes, et sentait venir de loin les êtres humains. Quand Hansel et Grethel s'étaient approchés de sa demeure, elle avait ri méchamment et dit d'une voix mielleuse :
- Ceux-là, je les tiens ! Il ne faudra pas qu'ils m'échappent !
À l'aube, avant que les enfants ne se soient éveillés, elle se leva. Quand elle les vit qui reposaient si gentiment, avec leurs bonnes joues toutes roses, elle murmura :
- Quel bon repas je vais faire !
Elle attrapa Hansel de sa main rêche, le conduisit dans une petite étable et l'y enferma au verrou. Il eut beau crier, cela ne lui servit à rien. La sorcière s'approcha ensuite de Grethel, la secoua pour la réveiller et s'écria :
- Debout, paresseuse ! Va chercher de l'eau et prépare quelque chose de bon à manger pour ton frère. Il est enfermé à l'étable et il faut qu'il engraisse. Quand il sera à point, je le mangerai.
Grethel se mit à pleurer, mais cela ne lui servit à rien. Elle fut obligée de faire ce que lui demandait l'ogresse. On prépara pour le pauvre Hansel les plats les plus délicats. Grethel, elle, n'eut droit qu'à des carapaces de crabes. Tous les matins, la vieille se glissait jusqu'à l'écurie et disait :
- Hansel, tends tes doigts, que je voie si tu es déjà assez gras.
Mais Hansel tendait un petit os et la sorcière, qui avait de mauvais yeux, ne s'en rendait pas compte. Elle croyait que c'était vraiment le doigt de Hansel et s'étonnait qu'il n'engraissât point. Quand quatre semaines furent passées, et que l'enfant était toujours aussi maigre, elle perdit patience et décida de ne pas attendre plus longtemps.
- Holà ! Grethel, cria-t-elle, dépêche-toi d'apporter de l'eau. Que Hansel soit gras ou maigre, c'est demain que je le tuerai et le mangerai.
Ah, comme elle pleurait, la pauvre petite, en charriant ses seaux d'eau, comme les larmes coulaient le long de ses joues !
- Dieu bon, aide-nous donc ! s'écria-t-elle. Si seulement les bêtes de la forêt nous avaient dévorés ! Au moins serions-nous morts ensemble !
- Cesse de te lamenter ! dit la vieille ; ça ne te servira à rien !
De bon matin, Grethel fut chargée de remplir la grande marmite d'eau et d'allumer le feu.
- Nous allons d'abord faire la pâte, dit la sorcière. J'ai déjà fait chauffer le four et préparé ce qu'il faut. Elle poussa la pauvre Grethel vers le four, d'où sortaient de grandes flammes.
- Faufile-toi dedans ! ordonna-t-elle, et vois s'il est assez chaud pour la cuisson. Elle avait l'intention de fermer le four quand la petite y serait pour la faire rôtir. Elle voulait la manger, elle aussi. Mais Grethel devina son projet et dit :
- Je ne sais comment faire , comment entre-t-on dans ce four ?
- Petite oie, dit la sorcière, l'ouverture est assez grande, vois, je pourrais y entrer moi-même.
Et elle y passa la tête. Alors Grethel la poussa vivement dans le four, claqua la porte et mit le verrou. La sorcière se mit à hurler épouvantablement. Mais Grethel s'en alla et cette épouvantable sorcière n'eut plus qu'à rôtir.
Grethel, elle, courut aussi vite qu'elle le pouvait chez Hansel. Elle ouvrit la petite étable et dit :
- Hansel, nous sommes libres ! La vieille sorcière est morte !
Hansel bondit hors de sa prison, aussi rapide qu'un oiseau dont on vient d'ouvrir la cage. Comme ils étaient heureux ! Comme ils se prirent par le cou, dansèrent et s'embrassèrent ! N'ayant plus rien à craindre, ils pénétrèrent dans la maison de la sorcière. Dans tous les coins, il y avait des caisses pleines de perles et de diamants.
- C'est encore mieux que mes petits cailloux ! dit Hansel en remplissant ses poches.
Et Grethel ajouta
- Moi aussi, je veux en rapporter à la maison !
Et elle en mit tant qu'elle put dans son tablier.
- Maintenant, il nous faut partir, dit Hansel, si nous voulons fuir cette forêt ensorcelée.
Au bout de quelques heures, ils arrivèrent sur les bords d'une grande rivière.
- Nous ne pourrons pas la traverser, dit Hansel, je ne vois ni passerelle ni pont.
- On n'y voit aucune barque non plus, dit Grethel. Mais voici un canard blanc. Si Je lui demande, il nous aidera à traverser.
Elle cria :

- Petit canard, petit canard,
Nous sommes Hansel et Grethel.
Il n'y a ni barque, ni gué, ni pont,
Fais-nous passer avant qu'il ne soit tard.

Le petit canard s'approcha et Hansel se mit à califourchon sur son dos. Il demanda à sa soeur de prendre place à côté de lui.
- Non, répondit-elle, ce serait trop lourd pour le canard. Nous traverserons l'un après l'autre.
La bonne petite bête les mena ainsi à bon port. Quand ils eurent donc passé l'eau sans dommage, ils s'aperçurent au bout de quelque temps que la forêt leur devenait de plus en plus familière. Finalement, ils virent au loin la maison de leur père. Ils se mirent à courir, se ruèrent dans la chambre de leurs parents et sautèrent au cou de leur père. L'homme n'avait plus eu une seule minute de bonheur depuis qu'il avait abandonné ses enfants dans la forêt. Sa femme était morte. Grethel secoua son tablier et les perles et les diamants roulèrent à travers la chambre. Hansel en sortit d'autres de ses poches, par poignées. C'en était fini des soucis. Ils vécurent heureux tous ensemble.

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MessageSujet: Re: Contes   Mar 9 Fév - 0:13

Allez, on réactive ce topic.... ça sert, de farfouiller sur le net, pour trouver des histoires à faire lire

Et comme de par hasard.... je vous emmène au Japon:


Le rêve vendu



Youkitchi et Mosouké étaient d'excellents amis.
Youkitchi était un garçon joyeux, presque frivole, Mosouké par contre
était sérieux et fort prudent. Tout différents qu'ils étaient, ils
s'aimaient tant que si l'un devait entreprendre un voyage d'affaires -en
effet, ils étaient marchands- il attendait toujours que l'autre puisse
se joindre à lui. Ainsi, une fois de
plus, ils faisaient route ensemble. La journée avait été chaude et ils
furent heureux d'arriver au bord d'une forêt et de pouvoir s'étendre à
l'ombre d'un pin. Au bout d'un moment, Youkitchi était profondément
endormi.
Mosouké regardait le dormeur et, en soupirant, se disait :
"Il
dort tranquillement ici, dans la nature, comme s'il était dans la
maison. Je ne le pourrais pas, moi, j'aurais peur de me faire voler. Et
pourtant, un petit somme serait le bienvenu. Mais malheureusement, je ne
peux pas m'endormir dehors."
Pendant que Mosouké faisait ces
réflexions, il vit tout à coup une guêpe sortir de la narine gauche de
son ami. Il la regarda avec étonnement. Elle s'envola vers un haut pin
solitaire campé sur un rocher, tourna trois fois autour de l'arbre, puis
revint vers Youkitchi et disparut dans sa narine droite. Mosouké
n'avait jamais vu chose aussi étrange. A cet instant, Youkitchi s'éveilla, s'assit en riant et
dit : "Mosouké, je viens de faire un rêve merveilleux. Il faut que je te
le raconte. Figure-toi qu'il y avait un haut pin campé sur un rocher
élevé, oui, exactement comme celui que tu vois là-bas ; un guêpe
tournait autour du tronc en bourdonnant : -tu dois creuser à cet
endroit, tu dois creuser à cet endroit ! Et effectivement je me suis mis
à creuser et j'ai trouvé un grand pot plein de pièces d'or. De ma vie
je n'ai vu tant d'argent, sauf dans mes rêves !"
"Vraiment c'est un
rêve étrange" répondit Mosouké, "A ta place j'irais creuser autour de ce
pin là-haut."
"Mais qu'est-ce qui te prends, je ne vais pas aller
me fatiguer par une telle chaleur simplement à cause d'un rêve stupide.
Continuons plutôt notre route pour arriver à temps en ville."
Mais
Mosouké ne voulait rien entendre : "un tel rêve a sûrement un sens. Si
tu ne veux pas creuser, moi je veux bien essayer. Sais-tu ce que je te
propose : vends-moi ton rêve."
Youkitchi éclata de rire : "Voilà une
bonne affaire pour moi qui n'ai jamais vendu de rêve. Que m'offres-tu
?"
"Tu as dit qu'il y avait là un grand tas de pièces d'or. Je ne
sais pas vraiment ; je suis ton ami et je ne veux pas te léser. Dis-moi
toi-même à combien tu estimes ton rêve."
Après une courte
discussion, ils se mirent d'accord sur la somme. Et Mosouké acheta le
rêve pour trois cent pièces d'argent.
"Jamais je n'ai fait une telle
affaire. Tant d'argent pour un simple rêve," dit Youkitchi en riant.
"Mais maintenant, dépêchons-nous, sans quoi nous serons en retard pour
le marché". Les amis avaient parlé à
haute voix car ils se croyaient seuls. Ils ne pouvaient pas deviner que
l'avare Katchiémon avait surpris leur conversation. Lui aussi faisait
route vers la ville et s'était reposé à la lisière de la forêt. Il
s'était endormi mais les voix des deux marchands l'avaient réveillé.
Maintenant il eut un rire mauvais : "Que voilà d'honnêtes gens, acheter
un rêve. Heureusement qu'ils ont parlé fort. Grâce à eux, je sais où est
enterré le trésor et je l'aurai pour rien."
Katchiémon renonça à
aller au marché et grimpa rapidement sur le rocher. Il creusa entre les
racines du pin jusqu'à ce qu'il trouvât quelque chose de dur. Il
continua à creuser avec précaution et finit par sortir de terre un grand
pot ventru rempli de pièces d'or. Katchiémon brisa le pot et mit les
pièces d'or dans le grand sac qui ne le quittait jamais. Arrivé à la
ville, il acheta pour tout cet argent une auberge et il devint un homme
riche. Mais cet or ne lui porta pas bonheur. Au bout de quelque temps,
il perdit non seulement l'or qu'il avait trouvé mais également tout ce
qu'il avait possédé auparavant. Bientôt il fut mendiant. Lorsque, à la ville, Mosouké eut terminé ses affaires,
il quitta Youkitchi et s'en retourna à l'endroit où il avait acheté le
rêve. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il vit que les racines du
pin étaient dénudées et que les tessons du pot gisaient tout autour.
"Quelqu'un
a pris les devants et a déterré le trésor," se dit-il avec tristesse.
Et il regarda les tessons. Tout à coup il tomba en arrêt car sur l'un
d'eux il avait découvert une inscription. Il la déchiffra à haute voix :
"Le premier des septs."
"Le premier des septs, cela veut dire qu'il
doit y avoir encore six autres pots sous terre," se dit-il et il
commença à creuser avec énergie. Et en effet il trouva, l'un après
l'autre, six pots de terre, chacun rempli de pièces d'or jusqu'à ras
bord. Mosouké se fit construire en
ville une grande auberge qu'il appela "Au pot ventru". Il y vécut riche
et satisfait jusqu'au jour de sa mort.
Youkitchi venait souvent lui
rendre visite et il saluait son ami par ces mots : "Alors Mosouké,
comment vas-tu ? Je suis venu voir ce que devient mon rêve."
Et les
deux compères se tapaient dans le dos en riant et à chaque fois Mosouké
servait à son ami le meilleur des sakés dans le plus ventru de ses pots.

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 13 Fév - 14:11

Hi hi il est bien celui-là ^^
Bonne idée d'aller piocher au Japon !

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