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 Contes

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MessageSujet: Re: Contes   Mar 21 Fév - 15:16

Bon, allez, on est dans la dernière ligne droite:

Le pigeon se tranforma à nouveau en Kulumé et la colombe en sa fiancée. Enfin, ils purent souffler un peu:
"Maintenant, nous sommes en sécurité" dit la jeune fille." mais n'en voulez pas à ma mère. je suis sa seule fille. Elle a encore sept autres filles, mais ce sont des corneilles. Moi suele ai pu garder figure humaine, voilà pourquoi ma mère tient tant à moi et ne veut pas que je la quitte."
A ces mots, les sept frères de Kulumé s'écrièrent joyeusement:
"Comment ? Tes soeurs sont des corneilles ?"
La jeune fille s'étonnait que les frères de son fiancé se réjouissent tant du malheur de sa famille. Ceux-ci se mirent alors à raconter à qui mieux mieux:
"Maintenant, nous pouvons enfin reveler ce que nous avons fait pendant les cinq ans où nous étions oiseaux. Nous vivions sur la montagne aux Oiseaux où nous a déposé, aprés la bataille du plateau des Chèvres, le fort Ntogini, puisant dieu de la guerre. Nous ne mourûmes pas vraiment, seul nos corps y restèrent. Le dieu nous dota de nouveaux corps, ceux d'oiseaux. Sur la montagnes, il ya vait beaucoup d'oiseaux comme nous. certaines personnes ont le pouvoir de les délivrer, car ils sont tous fils et filles des hommes, mais seul le destin décide qui peut le faire et comment. Ainsi, seul Kulumlé pouvait nous délivrer sur le plateau des Chèvres, à l'endroit où nous avons cessé d'êtres des hommes pour devenir oiseau."
Kulumé finit par comprendre:
"Voilà pourquoi vous m'avez attiré sur le plateau des Chèvres."
"Oui."
"Mias pourquoi n'êtes-vous redevenu hommes que lorsque le lutin vous a déposé par terre ?" demanda Kulumé.
"Si vous nous aviez déjà posé par terre sur le plateau des Chèvres, nous nous serions tout de suite transformé en homme. Mais vous nous avez gardé en cage."
Et les frères poursuivirent:
"Parfois, sept corneilles venaient aussi sur la montagne aux Oiseaux. Nous pouvons les délivrer en les épousant."
A ces paroles, la fiancée de Kulumé s'écria:
"Sept corneilles, mais c'étaient sûrement mes soeurs !"
"Nous l'espérons. Nous ne savions pas qui elles étaient et d'où elles venaient, et jusqu'à ce jour, nous ne savions pas ou les chercher."

(oups, désolé, apparemment il ya une coquille d'impression dans mon livre. D'aprés le contexte c'est le mariage, Tembo est venu. Veuillez excuser la maison pour cette erreur indépendante de notre volonté). ...pour assister au mariage, Kulumé lui dit:
"Je pensais que tu viendrais avec toute ta famille."
"Nous n'avons qu'une fille" répondit Tembo, surpris.
"Vous avez encore sept filles" objecta Kulumé.
La femme de Tembno se mit à pleurer:
"Hélas, ce sont des corneilles !"
Et en effet, sept corneilles ciraillèrent au-dessus de leur tête.
Kulumé rit:
"Les voilà ! Donneriez-vous vos filles pour femmes à mes frères ?"
Tembo s'étonna:
"Qui a jamais vu un homme époser une corneille ?"
"Il y a quelque jours, nous étions oiseaux, nous aussi, répliquèrent les frères.
Les corneilles se poèrent par terre et chaque frères en attrapa une. Aussitôt, ellese transformèrent en sept ravissantes jeunes filles.
Une noce magnifique put alors avoir lieu. Elle se prolongea pendant plusieurs jours, dans le village des fiancés, puis dans celui des fiancées. En effet, que les huit fils d'un chef de village épousent les huit filles de celui du village voisin, voilà un évenement qui survient une fois tout les cent ans !
C'est là toute l'histoire de Kulumé et de ses frères.

FIN
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Zaza
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MessageSujet: Re: Contes   Mer 1 Mar - 17:59

Kusanagi a écrit:
J'adore ce conte... on dirait Kirikou.

Tout à fait ! J'ai beaucoup aimé cette ambiance, un peu contes africains teintés de fantasy ^^
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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 12:06

Après tous ces jolis contes que l'on ne connaissait pas forcément, petit retour aux *vieux classiques* que cette fois tout le monde connait, mais sans forcément d'ailleurs les avoir lu ^^

On va commencer par un conte des frères Grimm, et ce sera.... Blanche Neige ! *je suis très contes de fées ces derniers temps* (et on se demande pourquoi ils ont pas choisi la même fin chez Disney... hum)


Il était une fois, en plein hiver, quand les flocons descendaient du ciel comme des plumes et du duvet, une reine qui était assise et cousait devant une fenêtre qui avait un encadrement en bois d'ébène, noir et profond. Et tandis qu'elle cousait négligemment tout en regardant la belle neige au-dehors, la reine se piqua le doigt avec son aiguille et trois petites gouttes de sang tombèrent sur la neige. C'était si beau, ce rouge sur la neige, qu'en le voyant, la reine songea: "Oh! si je pouvais avoir un enfant aussi blanc que la neige, aussi vermeil que le sang et aussi noir de cheveux que l'ébène de cette fenêtre !" Bientôt après, elle eut une petite fille qui était blanche comme la neige, vermeille comme le sang et noire de cheveux comme le bois d'ébène, et Blanche-Neige fut son nom à cause de cela. Mais la reine mourut en la mettant au monde.

Au bout d'un an, le roi prit une autre femme qui était très belle, mais si fière et si orgueilleuse de sa beauté qu'elle ne pouvait supporter qu'une autre la surpassât. Elle possédait un miroir magique avec lequel elle parlait quand elle allait s'y contempler:


Miroir, gentil miroir, dis-moi, dans le royaume
Qui est la femme la plus belle ?

Et le miroir lui répondait:


Vous êtes la plus belle du pays, Madame.

Alors la reine était contente, car elle savait que le miroir disait la vérité.

Blanche-Neige cependant grandissait peu à peu et devenait toujours plus belle; et quand elle eut sept ans, elle était belle comme le jour et bien plus belle que la reine elle même. Et quand la reine, un jour, questionna son miroir:


Miroir, gentil miroir, dis moi, dans le royaume
Quelle est de toutes la plus belle ?

Le miroir répondit:


Dame la reine, ici vous êtes la plus belle,
mais Blanche-Neige l'est mille fois plus que vous.

La reine sursauta et devint jaune, puis verte de jalousie; à partir de cette heure là, elle ne pouvait plus voir Blanche-Neige sans que le coeur lui châvirat dans la poitrine tant elle la haïssait. L'orgueil poussa dans son coeur, avec la jalousie, comme pousse la mauvaise herbe, ne lui laissant aucun repos ni de jour, ni de nuit. Elle appela un chasseur et lui dit: "Tu vas prendre l'enfant et l'emmener au loin dans la forêt: je ne veux plus la voir devant mes yeux. Tu la tueras et tu me rapporteras son foie et ses poumons en témoignage."

Le chasseur obéit et emmena l'enfant; mais quand il tira son couteau de chasse pour plonger dans le coeur innocent de Blanche-Neige, elle se prit à pleurer et lui dit:
- Oh ! Laisse moi la vie sauve, mon bon chasseur: je m'enfuirai à travers bois et ne reparaîtrai jamais !

Elle était si,belle que le chasseur s'apitoya et lui dit: "Sauve toi ma pauvre petite !" Il était certain, au dedans de lui-même, que les bêtes sauvages auraient tôt fait de la dévorer; mais il n'en avait pas moins le coeur soulagé d'un gros poids en évitant ainsi de la tuer de sa main; et comme un marcassin passait par là, il l'abattit et le dépouilla rapportant son foie et ses poumons à la reine, en guise de preuve. Il fallut que le cuisinier les mît au sel et les fît cuire, après quoi la mauvaise femme les mangea, en croyant se repaître du foie et des poumons de Blanche-Neige.

Dans la vaste forêt, la malheureuse fillette était désespérément seule et tellement apeurée qu'elle regardait, pour ainsi dire, derrière chaque feuille sur les arbres, ne sachant que faire ni que devenir. Elle commença à courir, s'écorchant aux épines et sur les pierres pointues, voyant sauter devant elle les bêtes sauvages qui venaient la frôler, mais qui ne lui faisaient pas de mal. Tant que ses petits pieds voulurent bien la porter, elle courut ainsi droit devant, et quand tomba la nuit, n'en pouvant plus, elle eut la chance de voir une toute petite maison où elle entra pour se reposer. Tout était petit dans cette maison en miniature, mais si propre et si charmant que c'est impossible de le dire. Il y avait une petite table qui était déjà mise, avec sa nappe blanche et sept petites assiettes ayant chacune son couvert: le petit couteau, la petite cuiller, la petite fourchette et le petit gobelet. Sept petits lits s'alignaient côte à côte le long du mur, bien faits, et tous avec de beaux draps blancs et frais.

Blanche-Neige avait si grand-faim et si terriblement soif qu'elle prit et mangea un petit peu dans chaque petite assiette, puis but une gorgée de vin dans chaque petit gobelet; à chaque place aussi, elle avait pris une bouchée de pain. Après, comme elle était si fatiguée, elle voulut se coucher, mais aucun des petits lits n'était à sa taille: celui-ci était trop long, celui-là trop court, un autre trop étroit; bref, elle les essaya tous et le septième enfin lui alla parfaitement. Elle y resta couchée, fit sa prière et s'endormit.

Les maîtres du logis ne rentrèrent chez eux que lorsqu'il faisait déjà nuit noire, et c'étaient les sept nains qui piochent et creusent les montagnes pour trouver les filons de minerais. Ils allumèrent leur petite bougie et s'aperçurent, avec la lumière que quelqu'un était entré chez eux, parceque tout n'était pas parfaitement en ordre ni exactement comme ils l'avaient laissé en partant.
- Qui s'est assis sur ma chaise? demanda le premier.
- Qui a mangé dans ma petite assiette? fit le second.
- Qui a pris un morceau de mon petit pain? dit le troisième.
- Qui m'a pris un peu de ma petite potée? s'étonna le quatrième.
- Qui a sali ma petite fourchette? questionna le cinquième.
- Qui s'est servi de mon petit couteau? interrogea le sixième.
- Qui a bu dans mon petit gobelet? s'inquièta le septième enfin.
Le premier, en regardant un peu partout autour de lui, vit alors qu'il y avait un creux dans son lit et il s'exclama: "qui s'est allongé sur mon petit lit?" Les six autres accoururent et s'écrièrent tous, les uns après les autres: "dans mon petit lit aussi quelqu'un s'est couché!"

Tous, sauf le septième, toutefois, qui arriva devant son lit et vit Blanche-Neige qui était couchée et qui dormait. Il appela les autres qui galopèrent jusque là et poussèrent des cris de surprise et d'admiration et levant haut leur petit bougeoir pour éclairer Blanche-Neige.
- Ô mon dieu! Ô mon dieu! s'exclamaient-ils tous, la belle enfant! Comme elle est mignonne! Comme elle est jolie!
Leur joie était si grande qu'ils ne voulurent pas la réveiller et la laissèrent dormir dans le lit où elle était. Le septième nain s'en alla dormir avec ses compagnons, une heure avec chacun et la nuit fut passée. Au jour, quand Blanche-Neige se réveilla elle eut grand peur en voyant les sept nains; mais ils se montrèrent très amicaux avec elle et lui demandèrent:
- Comment t'appelles-tu?
- Je m'appelle Blanche-Neige, leur répondit-elle.
- Comment es-tu venue dans notre maison?
Elle leur raconta que sa marâtre avait voulu la faire mourir, mais que le chasseur lui avait laissé la vie sauve et qu'elle avait couru toute la journée sans s'arrêter, jusqu'au moment qu'elle avait trouvé leur maisonnette.
- Veux-tu prendre soin de notre ménage? lui demandèrent les nains. Tu ferais la cuisine, les lits, la lessive, la couture, le tricot, et si tu tiens tout bien propre et bien en ordre, nous pourrions te garder avec nous et tu ne manquerais de rien.
- Oh! oui, de tout mon coeur! dit Blanche-Neige. (Et elle resta avec eux).
Elle leur faisait le ménage et leur tenait la petite maison bien propre et bien en ordre, et les nains s'en allaient le matin chercher dans la montagne les minéraux et l'or; ils ne revenaient qu'à la nuit, et il fallait alors que leur repas fût prêt. Toute la longue journée Blanche-Neige restait seule, et les gentils petits nains l'avertirent prudemment et lui dirent: "Tiens-toi bien sur tes gardes à cause de ta belle-mère: elle ne tardera pas à savoir que tu es ici. Ne laisse donc entrer personne!"


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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 12:07

La reine, en effet, quand elle crut avoir mangé le foie et les poumons de Blanche-Neige, ne douta plus dans sa pensée d'être de nouveau la première et la plus belle du royaume. Elle s'en alla devant son miroir et lui parla:


Miroir, gentil miroir, dis-moi, dans le royaume
quelle est de toutes la plus belle ?

Alors le miroir répondit:


Dame la reine, ici vous êtes la plus belle,
Mais Blanche-Neige sur les monts
Là-bas, chez les sept nains,
Est belle plus que vous, et mille fois au moins !

Elle frémit, car elle savait que le miroir ne pouvait pas dire un mensonge, et elle sut ainsi que le chasseur l'avait trompée et que Blanche-Neige vivait toujours. Alors elle se mit à réfléchir et à réfléchir encore au moyen de la supprimer, car si la reine n'était pas la plus belle de tout le pays, la jalousie la dévorait et ne la laissait pas en repos. Et pour finir, quand elle eut forgé quelque chose, elle se barbouilla le visage et se rendit méconnaissable en s'habillant comme une vieille colporteuse: "De beaux articles à vendre! Rien que du beau, je vends!" Blanche-Neige vint regarder à la fenêtre et cria: - Bonjour, ma bonne dame, qu'est-ce que vous vendez?
- Du bel article, du bon article, répondit-elle, du lacet de toutes les couleurs!
En même temps elle en tirait un pour montrer: un beau lacet tressé de soie multicolore.
" Cette brave femme, pensa Blanche-Neige, je peux la laisser entrer!" Elle déverouilla et la fit entrer pour lui acheter le beau lacet multicolore qu'elle voulait mettre à son corset.
- Mais mon enfant, de quoi as-tu l'air? s'exclama la vieille. Viens ici, que je lace un peu proprement!
Blanche-Neige, sans méfiance, vint se placer devant la vieille et la laissa lui mettre le nouveau lacet; mais la vieille passa si vite le lacet et le serra si fort que Blanche-Neige ne put plus respirer, suffoqua et tomba comme morte.
- Et voilà pour la plus belle! ricana la vieille qui sortit précipitament.
Le soir venu (mais ce n'était pas bien longtemps après) les sept nains rentrèrent à la maison: quel ne fut pas leur effroi en voyant leur chère Blanche-Neige qui gisait sur le sol, inerte et immobile comme si elle était morte! Ils la redressèrent tout d'abord, et en voyant comme elle était sanglée dans son corset, ils se hâtèrent d'en couper le lacet; le souffle lui revint petit à petit et elle se ranima peu à peu. Lorsque les nains apprirent ce qui lui était arrivé, ils lui dirent: "Cette vieille colporteuse n'était nulle autre que la maudite reine. A l'avenir, garde toi bien et ne laisse entrer nul être vivant quand nous n'y sommes pas!"

La méchante femme, de son côté, aussitôt rentrée chez elle s'en alla devant son miroir et le questionna:


Miroir, gentil miroir, dis-moi, dans le royaume
Quelle est de toutes la plus belle?

Et le miroir répondit comme devant:


Dame la reine, ici, vous êtes la plus belle,
Mais Blanche-Neige sur les monts
Là-bas, chez les sept nains,
Est plus belle que vous, et mille fois au moins!

son sang s'arrêta quand elle entendit ces paroles qui lui révélaient que Blanche-Neige, une fois encore, avait pu échapper à la mort. "A présent, pensa-t-elle, je vais composer quelque chose à quoi tu n'échapperas pas!"
Recourant alors aux artifices des sorcières qu'elle connaissait bien, elle fabriqua un peigne empoisonné. Ensuite elle se grima et s'habilla en vieille femme, mais avec un autre air que la fois précédente. Ainsi travestie, elle passa les sept montagnes pour aller jusque chez les sept nains, frappa à la porte et cria:
- Beaux articles à vendre! Beaux articles!
Blanche-Neige regarda dehors et cria:
- Allez vous-en plus loin! Je ne dois laisser entrer personne dans la maison!
- Il n'est pas défendu de regarder! répondit la fausse vieille en tirant le peigne empoisonné pour le lui faire voir à travers la fenêtre.
La petite le trouva si beau qu'elle ne put pas résister et qu'elle ouvrit la porte pour acheter le peigne à cette vieille femme.
- Et à présent laisse-moi faire, lui dit la vieille, je vais te peigner un peu comme il faut!
La pauvre Blanche-Neige, sans réfléchir, laissa faire la vieille, qui lui passa le peigne dans les cheveux; mais à peine avait-elle commencé que le poison foudroya Blanche-Neige, qui tomba de tout son long et resta là, sans connaissance.
- Et voilà pour toi, merveille de beauté! ricana la vieille qui s'éloigna bien vite.
Par bonheur, la nuit ne tarda pas à venir et les sept nains à rentrer. En voyant Blanche-Neige étendue sur le sol, ils pensèrent tout de suite à l'affreuse marâtre, cherchèrent ce qu'elle avait bien pu faire et trouvèrent le peigne empoisonné; dès qu'ils l'eurent ôté de ses cheveux, Blanche-Neige revint à elle et leur raconta ce qu'il lui était arrivé. de nouveau, ils la mirent en garde et lui recommandèrent de ne jamais plus ouvrir la porte à qui que ce soit.
Quand à la reine, aussitôt de retour, elle alla s'asseoir devant son miroir et demanda:


Miroir, gentil miroir, dis-moi, dans le royaume
Quelle est de toutes la plus belle?

Et le miroir répondit encore comme devant:


Dame la reine, ici vous êtes la plus belle,
Mais Blanche-Neige sur les monts
Là-bas, chez les sept nains,
Est plus belle que vous, et mille fois au moins!

Quand le miroir eut ainsi parlé, la reine trembla de rage et de fureur et s'écria:
- Il faut que Blanche-Neige meure, même si je dois y laisser ma vie!
Alors, elle alla s'enfermer dans une chambre secrète où personne n'entrait jamais, et là, elle confectionna un terrible poison avec lequel elle fit une pomme empoisonnée, mais alors empoisonnée! Extérieurement, elle était très belle, bien blanche avec des joues rouges, et si appétissante que nul ne pouvait la voir sans en avoir envie; mais une seule bouchée, et c'était la mort.
Lorsque ses préparatifs furent achevés avec la pomme, la reine se brunit la figure et se costuma en paysanne, puis se rendit chez les sept nains en passant les sept montagnes. Quand elle eut frappé à la porte, Blanche-Neige passa la tête par la fenêtre et lui dit:
- Je ne peux laisser entrer personne au monde: les sept nains me l'ont défendu.
- Cela m'est égal, dit la paysanne, je saurai bien me débarrasser quand même de mes pommes. tiens, je vais t'en donner une!
- Non, merci, dit Blanche-Neige. Je ne dois rien accepter non plus.
- Aurais-tu peur du poison? dit la paysanne. regarde: je coupe la pomme en deux; la moitié rouge, c'est pour toi, et la blanche, je la mange moi.
Parce que la pomme avait été faite si astucieusement que la moitié rouge était seule empoisonnée. Blanche-Neige avait grande envie de cette belle pomme, et quand elle vit la paysanne croquer à belles dents dans sa moitié de pomme, elle ne put pas résister et tendit le bras pour prendre l'autre moitié. Mais à peine la première bouchée fut-elle dans sa bouche qu'elle tomba morte sur le plancher. La reine l'examina avec des regards cruels et partit d'un grand éclat de rire, en s'écriant cette fois avec satisfaction:
- Blanche comme neige, rouge comme sang, noire comme le bois d'ébène, ce coup-ci les nains ne pourront plus te ranimer!
Et dès qu'elle fut devant son miroir, elle le questionna:


Miroir, gentil miroir, dis-moi dans le royaume
Quelle est de toutes la plus belle?

Alors et enfin, le miroir répondit:


Vous êtes la plus belle du pays, Madame!

Et là, son coeur envieux fut apaisé autant que peut être apaisé un coeur envieux.
Les nains, quand ils revinrent le soir à la maison, trouvèrent Blanche-Neige étendue sur le plancher; mais cette fois elle n'avait plus de souffle et elle était vraiment morte. Ils la relevèrent; ils cherchèrent bien partout s'ils ne trouvaient pas quelque chose d'empoisonné; ils lui défirent son corset; ils peignèrent ses cheveux; ils la lavèrent avec de l'eau, puis avec du vin: mais rien de tout cela n'y fit; morte elle était, la chère petite, et morte elle resta.
Ils la couchèrent sur une civière, et tous les sept, ils restèrent à côté et la pleurèrent pendant trois jours. Puis ils pensèrent à l'enterrer; mais elle était encore aussi fraîche que si elle eût été vivante et elle avait encore toutes ses couleurs et ses belles joues rouges.
- Nous ne pouvons pas l'enfouir comme cela dans la terre noire! dirent-ils.
Alors ils lui firent faire un cercueil de verre afin qu'on pût la voir de tous les côtés, puis ils l'y couchèrent et écrivirent dessus son nom en lettres d'or, en grandes, belles lettres capitales, sous lesquelles ils écrivirent encore qu'elle était une princesse, fille de roi. Ensuite ils portèrent le cercueil au haut de la montagne; et depuis ce moment là il y eut toujours l'un des septs qui y resta pour la garder. Et les bêtes y venaient aussi et pleuraient Blanche-Neige: d'abord ce fut une chouette, puis un corbeau, et une colombe en dernier.

Longtemps, longtemps Blanche-Neige resta là, dans son cercueil de verre, sans changer du tout; le temps passa et passa, mais elle était toujours aussi fraîche, aussi blanche que neige, aussi vermeille que le sang, aussi noire de cheveux que l'ébène poli, et elle avait l'air de dormir.

Et puis un jour, il arriva qu'un prince, qui s'était égaré dans la forêt, passa la nuit dans la maison des nains. Il vit sur la montagne le cercueil dans lequel était exposée Blanche-Neige, qu'il admira beaucoup, et il lut aussi ce qui était écrit dessus en grandes lettres d'or. Alors il dit aux nains:
- Laissez-moi emporter le cercueil: je vous donnerai en échange ce que vous voudrez.
- Pour tout l'or du monde, tu ne pourras nous l'acheter! répondirent-ils.
- Alors donnez-le moi, reprit le prince, parceque je ne puis pas vivre sans admirer Blanche-Neige, et je la traiterai et la vénérerai comme ma bien aimée, comme ce que j'ai de plus cher au monde!
Les bons nains, en entendant ses paroles, s'émurent de compassion pour lui et lui donnèrent le cercueil. Le prince le fit prendre par ses serviteurs, qui le chargèrent sur leurs épaules et l'emportèrent. Mais voilà qu'ils trébuchèrent contre une racine en la portant, et la secousse fit rendre à Blanche-Neige le morceau de pomme qui lui était resté dans le gosier. Aindi libérée, elle ouvrit les yeux soulevant le couvercle de verre et se redressa, ayant retrouvé la vie.
- Ô mon dieu, mais où suis-je? s'exclama-t-elle.
- Tu es près de moi! lui répondit le prince tout heureux, avant de lui raconter ce qui s'était passé. Puis il dit:
- Je t'aime et tu m'es plus chère que tout au monde. Viens, accompagne-moi au château de mon père: tu seras mon épouse.
Alors Blanche-Neige s'éprit de lui et elle l'accompagna, et leurs noces furent célébrées dans la magnificence et la somptuosité.

Mais à ce grand mariage princier, la reine terrible et maudite marâtre de Blanche-Neige fut invitée aussi; et quand elle se fut richement habillée et parée elle alla devant son miroir pour lui poser sa question:


Miroir, gentil miroir, dis-moi, dans le royaume
Qui est la femme la plus belle?

Et le miroir lui répondit:


Dame la reine, ici vous êtes la plus belle,
Mais la nouvelle reine est mille fois plus belle.

Un juron échappa à l'horrible femme qui fut prise d'effroi, d'un tel effroi qu'elle ne savait plus que devenir. Pour commencer, son idée fut de ne pas aller du tout aux fêtes du mariage; mais elle ne put y tenir et il fallut qu'elle y allât, dévorée par la jalousie pour voir cette jeune reine.

Lorsqu'elle fit son entrée, elle reconnut immédiatement Blanche-Neige, et la peur qu'elle en eut la cloua sur place, sa terreur l'empêcha de bouger. Mais on lui avait préparé des souliers de fer qui étaient sur le feu, à rougir: on les lui apporta avec des tenailles et on les mit devant elle, l'obligeant à s'en chausser et à danser dans ces escarpins de fer rouge jusqu'à sa mort, qui suivit bientôt.

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 12:34

lovejap

*Je connaissais la fin... d'ailleurs, c'est marrant, quand on pense que Disney a allégée la fin.... tout en gardant une histoire qui faisiat peur. Imaginez maintenat, à quoi ressemble une oeuvre Disney... sans saveur, sans méchant... bouhouhou! *

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 15:11

Merci Pandoooooo lovejap

C'est comme la fin de la Petite Sirène, Disney a tout changé en happy end...On pet pas trop leur en vouloir, mais j'aurais aimé voir l'adaptation "réelle" de certains contes justement...
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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 15:31

moi, perso, pour la Petite Sirène, j'aime bien la fin Disney... de toute façon, les morales made in Andersen, j'y ai jamais rien compris... entre la Sirène et la p'tite fille aux allumettes, ça m'a autant traumatisé que Bambi...
Nan, mais, la p'tite fille aux allumettes... c'est n'importe quoi, ce conte! bouhouhou! enervé

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Dernière édition par le Sam 4 Mar - 15:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 15:43

moi, perso, pour la Petite Sirène, j'aime bien la fin Disney... de toute façon, les morales made in Andersen, j'y ai jamais rien compris... entre la Sirène et la p'tite fille aux allumettes, ça m'a autant traumatisé que Bambi...
Nan, mais, la p'tite fille aux allumettes... c'est n'importe quoi, ce conte!

Moi c'est le sapin de Noel...j'aurai pu voir Cannibal holocaust à cinq ans que j'aurai pas été plus traumatisé, lol.
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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 16:20

Un contes traditionel anglais, dédicacé à Pando

Le Bonhomme en pain d'épices

Une vieille femme était en train de faire du pain d'épice.
Comme il lui restait de la pâte, elle façonna un petit bonhomme. Avec des
raisins secs, elle dessina des yeux, un nez, un grand sourire et les boutons
de son habit. Puis elle le mit à cuire. Au bout d'un moment, elle entendit
tambouriner à la porte du four...

Elle l'ouvrit et, à sa grande surprise, le petit bonhomme de pain d'épice en
sortit d'un bond. Elle voulut l'attraper, mais il lui échappa en criant :
-" Cours, cours, aussi vite que tu peux ! tu ne m'attraperas pas, je suis le
bonhomme de pain d'épice."
Elle le poursuivit dans le jardin où son mari travaillait. Il posa sa bêche et
voulut aussi le saisir, mais quand le bonhomme de pain d'épice passa
devant lui, il lui lança :
-" Cours, cours, aussi vite que tu peux ! tu ne m'attraperas pas, je suis le
bonhomme de pain d'épice."
En arrivant sur la route, il rencontra une vache. La vache l'appela, mais le
bonhomme de pain d'épice cria par-dessus son épaule :
-" J'ai échappé à une vieille femme. J'ai échappé à un vieil homme. Cours,
cours, aussi vite que tu peux ! tu ne m'attraperas pas, je suis le bonhomme
de pain d'épice."
La vache se mit à le poursuivre, suivie du vieux et de la vieille.
Le bonhomme de pain d'épice rencontra un cheval.
-" Arrête-toi dit le cheval, je voudrais te manger."
Mais le bonhomme de pain d'épice répondit :
-" J'ai échappé à une vieille femme. J'ai échappé à un vieil homme.
J'ai échappé à une vache. Cours, cours, aussi vite que tu peux !
Tu ne m'attraperas pas, je suis le bonhomme de pain d'épice."

Il rencontra des paysans qui rentraient du foin. Ils le regardèrent tous
passer. Et le bonhomme de pain d'épice leur cria :
-" Cours, cours, aussi vite que tu peux ! Vous ne m'attraperez pas,
je suis le bonhomme de pain d'épice."
Les paysans rejoignirent le cortège, derrière la vieille femme, le vieil
homme, la vache et le cheval.

Puis le bonhomme de pain d'épice rencontra un renard et lui dit :
-" Cours, cours, aussi vite que tu peux ! tu ne m'attraperas pas, je
suis le bonhomme de pain d'épice."
Alors le rusé renard lui répondit :
-" Mais je ne veux pas t'attraper !"
Après avoir dépassé le renard, le bonhomme de pain d'épice dut s'arrêter
devant une rivière large et profonde.

Le renard vit la vieille femme, le vieil homme, la vache, le cheval et les
paysans qui poursuivaient le bonhomme de pain d'épice, alors il lui proposa :
-" Monte sur mon dos, je te fais traverser la rivière."

Le bonhomme de pain d'épice monta sur le dos du renard qui commença à
nager. Au milieu de la rivière, là où l'eau est profonde, le renard ordonna :
-" Monte sur ma tête, bonhomme de pain d'épice ou tu vas être mouillé."
Le bonhomme de pain d'épice se mit debout sur la tête du renard.

Comme le courant était rapide, le renard lui dit :
-" Monte plutôt sur mon museau. Je ne veux pas que tu te noies."
Le bonhomme de pain d'épice glissa sur le museau du renard.

Mais quand ils arrivèrent de l'autre côté de la rivière, sains et saufs, le
renard brusquement ouvrit la gueule et, GLOUP ! happa le bonhomme
de pain d'épice.
On n'en a plus jamais entendu parler depuis...

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 16:51

Ptit biscuiiiiiiit bouhouhou!

ça me rappelle un livre que j'avais quand j'étais petite, l'histoire similaire d'une galette dorée qui échappait à tout le monde...

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 17:40

ça doit être le même conte... celui de la galette s'apelle "Roule Galette", en français.

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 21:31

Je suis à la fois pétée de rire à cause de l'histoire *On n'en a plus jamais entendu parler depuis... si c'est pas de la conclusion qui tue* et à la fois traumatisée et horrifiée par la triste fin de ce Ptit Biscuit ...

En tout cas mici Kusa yeuxpotté

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 21:33

Kusanagi a écrit:
ça doit être le même conte... celui de la galette s'apelle "Roule Galette", en français.

ouiiiii c'est ça !! un des livres qui m'avait marqué ^^ .... *rhaaaa souveniiirs*

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MessageSujet: Re: Contes   Sam 4 Mar - 21:50

Mais j'le connais aussiiiiiiiiiiiiiiii !! *même que j'avais moi-même écrit une historie d'un genre similaire...beuh*
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MessageSujet: Re: Contes   Dim 5 Mar - 15:39

[sans vouloir réclamer et te mettre la pression Zaza... ça ferait plaisir de lire ça ^^ popo ]

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MessageSujet: Re: Contes   Dim 5 Mar - 18:01

[J'avais 6 ans...Le bout de papier est balancé depuis bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen longtemps ma Pando :/ ]
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MessageSujet: Re: Contes   Dim 5 Mar - 18:18

[rhooooo flutre c'est pas juste Sad - Nanou avait bien gardé Godzilla ^^]

Pour la peine, je continue avec un autre conte *classique*, avec 2 versions cette fois, la première toujours des frères Grimm, et la seconde de Perrault *au fait est ce que Perrault a aussi fait Blanche Neige?*

Voici donc : La Belle au Bois Dormant (sous titré la Princesse Fleur d'épine chez les frères Grimm)


Il y avait dans le temps un roi et une reine qui se répétaient chaque jour : "Ah ! si seulement nous avions un enfant !" Mais ils n'en avaient toujours pas. un jour que la reine était au bain, il advint qu'une grenouille sauta de l'eau pour s'avancer vers elle et lui parler:
- Ton voeu sera exaucé, lui annonça-t-elle; avant un an, tu mettras une fille au monde.

Ce que la grenouille avait dit se produisit, et la reine donna naissance à une fille; et l'enfant était tellement jolie que le roi ne se tenait plus de joie et fit donner une grande fête. Il ne se contenta pas d'y inviter ses parents, amis et connaissances, mais il voulut aussi que les fées y eussent part afin qu'elles fussent favorables et bienveillantes à l'enfant. On en comptait treize dans le royaume, mais comme il n'y avait que douze assiettes d'or au palais, pour leur servir le festin, il fallut en laisser une chez elle.

La fête eut lieu et le festin se déroula au milieu des splendeurs, puis, quand tout finissait, les fées revêtirent l'enfant de leurs dons merveilleux: de l'une la vertu; de l'autre, la beauté; de la troisième, la richesse; et ainsi de suite pour tout ce qu'on peut souhaiter et avoir au monde. La onzième venait juste de prononcer son incantation, quand brusquement entra la treizième: celle qui n'avait pas été invitée et qui voulait se venger. Sans un salut ni seulement un regard pour personne, elle lança à voie haute sur le berceau cette parole: "La princesse, quand elle aura quinze ans, se piquera avec un fuseau et tombera morte." Sans un mot de plus, elle fit demi tour et quitta la chambre. Dans l'effroi général, la douzième fée, qui avait encore à prononcer son voeu, s'avança vers le berceau; elle ne pouvait pas annuler la malédiction, mais elle pouvait en atténuer les effets, aussi prononça-t-elle:
- Ce n'est pas dans la mort que sera plongée la princesse, mais dans un sommeil profond de cent années.

Le roi, qui eût bien voulu préserver son enfant chérie du mauvais sort, fit ordonner que tous les fuseaux soient brûlés dans le royaume tout entier. Les dons des fées se réalisèrent pleinement chez l'enfant qui devint si belle, si vertueuse, si gracieuse et si intelligente que tous ceux qui seulement la voyaient se sentaient obligés de l'aimer.

Le jour de ses quinze ans, il se trouva que le roi et la reine furent absents et que la jeune princesse resta toute seule au château, où elle se mit à errer çà et là, visitant les chambres et les galeries, les salons et les resserres selon sa fantaisie et son humeur. Sa promenade la conduisit finalement dans un très vieux donjon, dont elle gravit marche à marche l'étroit escalier tournant pour arriver devant une petite porte, tout en haut. Il y avait une vieille clé rouillée dans la serrure, et quand elle la fit tourner, la porte s'ouvrit d'un coup, lui découvrant une chambrette où se tenait une vieille femme assise, le fuseau à la main, occupée à filer son lin avec beaucoup d'ardeur.
- Bonjour, petite grand-mère, lui dit la princesse, que fais-tu là?
- Je file, dit la vieille avec un bref mouvement de la tête.
- Et cette chose-là, qui danse si joyeusement, qu'est ce que c'est? fit la demoiselle en s'emparant du fuseau pour essayer de filer aussi.

Mais elle l'avait à peine touché que l'incantation prenait son plein effet et qu'elle se piquait le doigt. Ce fut à peine si elle sentit la piqûre, car déjà elle tombait sur le lit, derrière elle, et s'y trouvait plongée dans le plus profond sommeil.

Ce sommeil profond se répandit sur le château entier, à commencer par le roi et la reine qui venaient de rentrer et se trouvaient encore dans la grand-salle, où ils se mirent à dormir, et avec eux toute la cour. Alors les chevaux s'endormirent dans les écuries, et les chiens dans la cour d'entrée, et les pigeons sur le toit, et les mouches même sur le mur, et le feu lui aussi, qui cessa de flamber dans la cheminée, et qui se fit silencieux et s'endormit; le rôti sur la broche cessa de grillotter, et le cuisinier qui allait tirer l'oreille du marmiton pour quelque bêtise, le laissa et dormit. Même le vent se coucha, et plus la moindre feuille ne bougea sur les arbres tout autour du château.

Mais autour du château la broussaille épineuse se mit à croître et à grandir, à s'épaissir et à monter année après année, si bien que le château en fut d'abord tout entouré, puis complètement recouvert; c'était à tel point qu'on ne le voyait plus du tout, non,pas même la bannière sur la plus haute tour. Et peu à peu, dans le pays, circula la légende de la belle Fleur-d'Epine endormie sous les ronces, car tel était le nom qu'on avait donné à la princesse; et les princes y venaient de temps à autre, qui voulaient se forcer un passage à travers les buissons pour pénétrer dans le château. Mais c'était impossible parce que les buissons d'épines, comme avec des mains, se tenaient fermement ensemble, et les jeunes gens y restaient accrochés; ils ne pouvaient plus s'en défaire et finissaient par mourir là de la plus misérable des morts.

Après bien des années et encore bien des années, il arriva qu'un fils de roi passa dans le pays et entendit ce que racontait un vieillard sur ce massif d'épines, et comment il devait y avoir un château par-dessous, dans lequel une princesse d'une beauté merveilleuse, appelée Fleur-d'Epine, dormait depuis cent ans déjà; et avec elle dormaient aussi le roi, la reine et la cour tout entière. Ce prince avait également entendu raconter par son grand-père que de nombreux fils de rois étaient déjà venus et avaient essayé de passer à travers la broussaille, mais qu'ils en étaient tous restés prisonniers, mourant là d'une affreuse mort.
Le jeune prince n'en déclara pas moins: "Je n'ai pas peur: je veux y aller et voir la belle princesse Fleur-d'Epine!" Le bon vieillard put bien le lui déconseiller tant qu'il voulut, il n'écouta rien et n'entendit rien de ce qu'on lui disait.

Mais en vérité, les cent années se trouvaient justement révolues et le jour était arrivé, que la princesse devait se réveiller. Quand le prince avança vers la haute roncière, il ne trouva plus rien devant lui que de belles et grandes fleurs épanouies, qui s'écartaient d'elles mêmes pour lui ouvrir le passage, et qui se resserraient derrière lui en refermant leur masse épaisse. Dans la cour du château, il vit les chevaux couchés dans leurs stalles comme au dehors, les grands chiens de chasse blancs et roux, qui dormaient; sur le toit il vit des pigeons qui avaient tous la tête sous l'aile. A l'intérieur du château, quand il entra, les mouches dormaient sur le mur; le cuisinier, dans sa cuisine, avait toujours le bras tendu, comme s'il voulait attraper le petit marmiton, et la servante était assise avec la poule noire qu'elle allait plumer; il pénétra dans la grand-salle du trône, où il vit toute la cour royale endormie et couchée çà et là; et plus haut, près du trône, le roi lui même et la reine étaient allongés. Il s'avança encore et s'en alla plus loin; tout était si calme et si parfaitement silencieux qu'on s'entendait respirer; et pour finir, le prince monta dans le vieux donjon, ouvrit la porte de la chambrette haute où la belle princesse Fleur-d'Epine dormait. Couchée là, elle était si merveilleusement belle qu'il ne pouvait pas en détourner ses yeux; il se pencha sur elle et lui donna un baiser.

A la caresse de ce baiser, Fleur-d'Epine ouvrit les yeux, et la belle se réveilla tout à fait, regarda le prince d'un regard tendre et amoureux. Alors ils redescendirent ensemble et quand ils furent en bas, le roi se réveilla, puis la reine et toute la cour sortirent de leur sommeil, et tous s'entre-regardaient avec des yeux ronds. Les chevaux dans la cour se relevèrent et s'ébrouèrent; les chiens de chasse bondirent en frétillant de la queue; les pigeons sur le toit tirèrent leur tête de sous l'aile, inspectèrent les environs et prirent leur vol; les mouches recommencèrent à grimper le long des murs, cependant que le feu reprenait dans la cuisine et, flambant clair, remettait la cuisson en train; le rôt à la broche grésilla de nouveau, et le cuisinier expédia une bonne taloche au marmiton, le faisant criailler, tandis que la servante se remettait à plumer sa volaille.

Alors furent célébrées avec splendeur les noces du prince avec la belle princesse, que la légende et les gens avaient nommée Fleur-d'Epine, et ce fut le bonheur pour eux jusqu'à la fin de leurs jours.

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MessageSujet: Re: Contes   Dim 5 Mar - 18:27

Et la version de Perrault, bien enjolivée ^^

La belle au bois dormant


Il était une fois un roi et une reine qui étaient si fâchés de n'avoir point d'enfants, si fâchés qu'on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde, voeux, pèlerinages, menues dévotions; tout fut mis en oeuvre, et rien n'y faisait. Enfin pourtant la reine devint grosse, et accoucha d'une fille : on fit un beau baptême; on donna pour marraines à la petite princesse toutes les fées qu'on pût trouver dans le pays (il s'en trouva sept), afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des fées en ce temps-là, la princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables.

Après les cérémonies du baptême toute la compagnie revint au palais du roi, où il y avait un grand festin pour les fées. On mit devant chacune d'elles un couvert magnifique, avec un étui d'or massif, où il y avait une cuiller, une fourchette, et un couteau de fin or, garni de diamants et de rubis. Mais comme chacun prenait sa place à table. On vit entrer une vieille fée qu'on n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée. Le roi lui fit donner un couvert, mais il n'y eut pas moyen de lui donner un étui d'or massif, comme aux autres, parce que l'on n'en avait fait faire que sept pour les sept fées. La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents. Une des jeunes fées qui se trouva auprès d'elle l'entendit, et jugeant qu'elle pourrait donner quelque fâcheux don à la petite princesse, alla, dès qu'on fut sorti de table, se cacher derrière la tapisserie, afin de parler la dernière, et de pouvoir réparer autant qu'il lui serait possible le mal que la vieille aurait fait.

Cependant les fées commencèrent à faire leurs dons à la princesse. La plus jeune lui donna pour don qu'elle serait la plus belle du monde, celle d'après qu'elle aurait de l'esprit comme un ange, la troisième qu'elle aurait une grâce admirable à tout ce qu'elle ferait, la quatrième qu'elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu'elle chanterait comme un rossignol, et la sixième qu'elle jouerait de toutes sortes d'instruments à la perfection. Le rang de la vieille fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d'un fuseau, et qu'elle en mourrait.

Ce terrible don fit frémir toute la compagnie, et il n'y eut personne qui ne pleurât. Dans ce moment la jeune fée sortit de derrière la tapisserie, et dit tout haut ces paroles : "Rassurez-vous, roi et reine, votre fille n'en mourra pas : il est vrai que je n'ai pas assez de puissance pour défaire entièrement ce que mon ancienne a fait. La princesse se percera la main d'un fuseau; mais au lieu d'en mourir, elle tombera seulement dans un profond sommeil qui durera cent ans, au bout desquels le fils d'un roi viendra la réveiller."

Le roi, pour tâcher d'éviter le malheur annoncé par la vieille, fit publier aussitôt un édit, par lequel il défendait à tous de filer au fuseau, ni d'avoir des fuseaux chez soi sous peine de mort. Au bout de quinze ou seize ans, le roi et la reine étant allés à une de leurs maisons de plaisance, il arriva que la jeune princesse courant un jour dans le château, et montant de chambre en chambre, alla jusqu'au haut d'un donjon dans un petit galetas, où une bonne vieille était seule à filer sa quenouille. Cette bonne femme n'avait point entendu parler des défenses que le roi avait faites de filer au fuseau.
-"Que faites-vous là, ma bonne femme ?" dit la princesse.
-" Je file, ma belle enfant" lui répondit la vieille qui ne la connaissait pas.
-" Ha ! Que cela est joli" reprit la princesse, " comment faites-vous ? Donnez-moi que je voie si j'en ferais bien autant."
Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'arrêt des fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie.

La bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours : on vient de tous côtés, on jette de l'eau au visage de la princesse, on la délace, on lui frappe dans les mains, on lui frotte les tempes avec de l'eau de la reine de Hongrie; mais rien ne la faisait revenir. Alors le roi, qui était monté au bruit, se souvint de la prédiction des fées, et jugeant bien qu'il fallait que cela arrivât, puisque les fées l'avaient dit, fit mettre la princesse dans le plus bel appartement du palais, sur un lit en broderie d'or et d'argent. On eût dit d'un ange, tant elle était belle; car son évanouissement n'avait pas ôté les couleurs vives de son teint : ses joues étaient incarnates, et ses lèvres comme du corail; elle avait seulement les yeux fermés, mais on l'entendait respirer doucement, ce qui montrait bien qu'elle n'était pas morte. Le roi ordonna qu'on la laissât dormir, jusqu'à ce que son heure de se réveiller fût venue.

La bonne fée qui lui avait sauvé la vie, en la condamnant à dormir cent ans, était dans le royaume de Mataquin, à douze mille lieues de là, lorsque l'accident arriva à la princesse; mais elle en fut avertie en un instant par un petit nain, qui avait des bottes de sept lieues (c'était des bottes avec lesquelles on faisait sept lieues d'une seule enjambée). La fée partit aussitôt, et on la vit au bout d'une heure arriver dans un chariot tout de feu, traîné par des dragons. Le roi lui alla présenter la main à la descente du chariot. Elle approuva tout ce qu'il avait fait; mais comme elle était grandement prévoyante, elle pensa que quand la princesse viendrait à se réveiller, elle serait bien embarrassée toute seule dans ce vieux château.

Voici ce qu'elle fit : elle toucha de sa baguette tout ce qui était dans ce château (hors le roi et la reine) , gouvernantes, filles d'honneur, femmes de chambre, gentilshommes, officiers, maîtres d'hôtel, cuisiniers, marmitons, galopins, gardes, suisses, pages, valets de pied; elle toucha aussi tous les chevaux qui étaient dans les écuries, avec les palefreniers, les gros mâtins de basse-cour, et Pouffe, la petite chienne de la princesse, qui était auprès d'elle sur son lit. Dès qu'elle les eut touchés, ils s'endormirent tous, pour ne se réveiller qu'en même temps que leur maîtresse, afin d'être tout prêts à la servir quand elle en aurait besoin : les broches mêmes qui étaient au feu toutes pleines de perdrix et de faisans s'endormirent, et le feu aussi.

Tout cela se fit en un moment; les fées n'étaient pas longues à leur besogne. Alors le roi et la reine, après avoir embrassé leur chère enfant sans qu'elle s'éveillât, sortirent du château, et firent publier des défenses à qui que ce soit d'en approcher. Ces défenses n'étaient pas nécessaires, car il crût dans un quart d'heure tout autour du parc une si grande quantité de grands arbres et de petits, de ronces et d'épines entrelacées les unes dans les autres, que bête ni homme n'y aurait pu passer : en sorte qu'on ne voyait plus que le haut des tours du château, encore n'était-ce que de bien loin. On ne douta point que la fée n'eût encore fait là un tour de son métier, afin que la princesse, pendant qu'elle dormirait, n'eût rien à craindre des curieux.

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MessageSujet: Re: Contes   Dim 5 Mar - 18:28

Au bout de cent ans, le fils du roi qui régnait alors, et qui était d'une autre famille que la princesse endormie, étant allé à la chasse de ce côté-là, demanda ce que c'était que ces tours qu'il voyait au-dessus d'un grand bois fort épais; chacun lui répondit selon qu'il en avait ouï parler. Les uns disaient que c'était un vieux château où il revenait des esprits; les autres que tous les sorciers de la contrée y faisaient leur sabbat. La plus commune opinion était qu'un ogre y demeurait, et que là il emportait tous les enfants qu'il pouvait attraper, pour pouvoir les manger à son aise, et sans qu'on le pût suivre, ayant seul le pouvoir de se faire un passage au travers du bois. Le Prince ne savait qu'en croire, lorsqu'un vieux paysan prit la parole, et lui dit :
-"Mon prince, il y a plus de cinquante ans que j'ai entendu dire de mon père qu'il y avait dans ce château une princesse, la plus belle du monde; qu'elle devait y dormir cent ans, et qu'elle serait réveillée par le fils d'un roi, à qui elle était réservée."

Le jeune prince à ce discours se sentit tout de feu; il crut sans hésiter qu'il mettrait fin à une si belle aventure; et poussé par l'amour et par la gloire, il résolut de voir sur-le-champ ce qu'il en était. A peine s'avança-t-il vers le bois, que tous ces grands arbres, ces ronces et ces épines s'écartèrent d'eux-mêmes pour le laisser passer : il marche vers le château qu'il voyait au bout d'une grande avenue où il entra, et ce qui le surprit un peu, il vit que personne de ses gens ne l'avait pu suivre, parce que les arbres s'étaient rapprochés dès qu'il avait été passé. Il continua donc son chemin : un prince jeune et amoureux est toujours vaillant. Il entra dans une grande avant-cour où tout ce qu'il vit d'abord était capable de le glacer de crainte : c'était un silence affreux, l'image de la mort s'y présentait partout, et ce n'était que des corps étendus d'hommes et d'animaux, qui paraissaient morts. Il reconnut pourtant bien au nez bourgeonné et à la face vermeille des Suisses qu'ils n'étaient qu'endormis, et leurs tasses, où il y avait encore quelques gouttes de vin, montraient assez qu'ils s'étaient endormis en buvant. Il passe une grande cour pavée de marbre, il monte l'escalier, il entre dans la salle des gardes qui étaient rangés en haie, l'arme sur l'épaule, et ronflants de leur mieux. Il traverse plusieurs chambres pleines de gentilshommes et de dames, dormant tous, les uns debout, les autres assis; il entre dans une chambre toute dorée, et il vit sur un lit, dont les rideaux étaient ouverts de tous côtés, le plus beau spectacle qu'il eût jamais vu : une princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans, et dont l'éclat resplendissant avait quelque chose de lumineux et de divin. Il s'approcha en tremblant et en admirant, et se mit à genoux auprès d'elle.

Alors comme la fin de l'enchantement était venue, la ; princesse s'éveilla; et le regardant avec des yeux plus tendres qu'une première vue ne semblait le permettre : "Est-ce vous, mon prince ? Lui dit-elle, vous vous êtes bien fait attendre." Le prince, charmé de ces paroles, et plus encore de la manière dont elles étaient dites, ne savait comment lui témoigner sa joie et sa reconnaissance; il l'assura qu'il l'aimait plus que lui-même. Ses discours furent mal rangés, ils en plurent davantage : peu d'éloquence, beaucoup d'amour. Il était plus embarrassé qu'elle, et l'on ne doit pas s'en étonner; elle avait eu le temps de songer à ce qu'elle aurait à lui dire, car il y a apparence (l'histoire n'en dit pourtant rien) que la bonne fée, pendant un si long sommeil, lui avait procuré le plaisir des songes agréables. Enfin il y avait quatre heures qu'ils se parlaient, et ils ne s'étaient pas encore dit la moitié des choses qu'ils avaient à se dire.

Cependant tout le palais s'était réveillé avec la princesse; chacun songeait à faire sa charge, et comme ils n'étaient pas tous amoureux, ils mouraient de faim; la dame d'honneur, pressée comme les autres, s'impatienta, et dit tout haut à la princesse que la viande était servie. Le prince aida la princesse à se lever; elle était tout habillée et fort magnifiquement; mais il se garda bien de lui dire qu'elle était habillée comme ma grand-mère, et qu'elle avait un collet monté : elle n'en était pas moins belle. Ils passèrent dans un salon de miroirs, et y soupèrent, servis par les officiers de la princesse; les violons et les hautbois jouèrent de vieilles pièces, mais excellentes, quoiqu'il y eût près de cent ans qu'on ne les jouât plus; et après souper, sans perdre de temps, le grand aumônier les maria dans la chapelle du château, et la dame d'honneur leur tira le rideau : ils dormirent peu, la princesse n'en avait pas grand besoin, et le prince la quitta dès le matin pour retourner à la ville, où son père devait être en peine de lui. Le prince lui dit qu'en chassant il s'était perdu dans la forêt, et qu'il avait couché dans la hutte d'un charbonnier, qui lui avait fait manger du pain noir et du fromage. Le roi son père, qui était bon homme, le crut, mais sa mère n'en fut pas bien persuadée, et voyant qu'il allait presque tous les jours à la chasse, et qu'il avait toujours une raison pour s'excuser, quand il avait couché deux ou trois nuits dehors, elle ne douta plus qu'il n'eût quelque amourette : car il vécut avec la princesse plus de deux ans entiers, et en eut deux enfants, dont le premier, qui fut une fille, fut nommée l'Aurore, et le second un fils, qu'on nomma le Jour, parce qu'il paraissait encore plus beau que sa soeur. La reine dit plusieurs fois à son fils, pour le faire s'expliquer, qu'il fallait se contenter dans la vie, mais il n'osa jamais lui confier son secret; il la craignait quoiqu'il l'aimât, car elle était de race ogresse, et le roi ne l'avait épousée qu'à cause de ses grands biens; on disait même tout bas à la cour qu'elle avait les inclinations des ogres, et qu'en voyant passer de petits enfants, elle avait toutes les peines du monde à se retenir de se jeter sur eux; ainsi le prince ne voulut jamais rien dire. Mais quand le roi fut mort, ce qui arriva au bout de deux ans, et qu'il se vit le maître, il déclara publiquement son mariage, et alla en grande cérémonie cherche la reine sa femme dans son château. On lui fit une entrée magnifique dans la ville capitale, où elle entra au milieu de ses deux enfants. Quelque temps après, le roi alla faire la guerre à l'empereur Cantalabutte son voisin. Il laissa la régence du royaume à la reine sa mère, et lui recommanda vivement sa femme et ses enfants : il devait être à la guerre tout l'été, et dès qu'il fut parti, la reine-mère envoya sa bru et ses enfants à une maison de campagne dans les bois, pour pouvoir plus aisément assouvir son horrible envie. Elle y alla quelques jours après, et dit un soir à son maître d'hôtel :
-"Je veux manger demain à mon dîner la petite Aurore».
-" Ah ! Madame», dit le maître d'hôtel.
-" Je le veux», dit la reine (et elle le dit d'un ton d'ogresse qui a envie de manger de la chair fraîche), " et je veux la manger à la sauce-robert."
Ce pauvre homme, voyant bien qu'il ne fallait pas se jouer d'une ogresse, prit son grand couteau, et monta à la chambre de la petite Aurore : elle avait alors quatre ans, et vint en sautant et en riant se jeter à son cou, et lui demander du bonbon. Il se mit à pleurer, le couteau lui tomba des mains, et il alla dans la basse-cour couper la gorge à un petit agneau, et lui fit une si bonne sauce que sa maîtresse l'assura qu'elle n'avait jamais rien mangé de si bon. Il avait emporté en même temps la petite Aurore, et l'avait donnée à sa femme pour la cacher dans le logement qu'elle avait au fond de la basse-cour. Huit jours après, la méchante reine dit à son maître d'hôtel :
-"Je veux manger à mon souper le petit Jour."
Il ne répliqua pas, résolu de la tromper comme l'autre fois; il alla chercher le petit Jour, et le trouva avec un petit fleuret à la main, dont il faisait des armes avec un gros singe : il n'avait pourtant que trois ans. Il le porta à sa femme qui le cacha avec la petite Aurore, et donna à la place du petit Jour un petit chevreau fort tendre, que l'ogresse trouva admirablement bon.

Cela avait fort bien été jusque-là, mais un soir cette méchante reine dit au maître d'hôtel : "Je veux manger la reine à la même sauce que ses enfants." Ce fut alors que le pauvre maître d'hôtel désespéra de pouvoir encore la tromper. La jeune reine avait vingt ans passés, sans compter les cent ans qu'elle avait dormi : sa peau était un peu dure, quoique belle et blanche; et le moyen de trouver dans la ménagerie une bête aussi dure que cela ? Il prit la résolution, pour sauver sa vie, de couper la gorge à la reine, et monta dans sa chambre, dans l'intention de n'en pas faire à deux fois; il s'excitait à la fureur, et entra le poignard à la main dans la chambre de la jeune reine. Il ne voulut pourtant point la surprendre, et il lui dit avec beaucoup de respect l'ordre qu'il avait reçu de la reine-mère.
-"Faites votre devoir», lui dit-elle, en lui tendant le cou; " exécutez l'ordre qu'on vous a donné; j'irai revoir mes enfants, mes pauvres enfants que j'ai tant aimés"; car elle les croyait morts depuis qu'on les avait enlevés sans rien lui dire.
-"Non, non, Madame, lui répondit le pauvre maître d'hôtel tout attendri, vous ne mourrez point, et vous pourrez revoir vos chers enfants, mais ce sera chez moi où je les ai cachés, et je tromperai encore la reine, en lui faisant manger une jeune biche en votre place."

Il la mena aussitôt à sa chambre, où la laissant embrasser ses enfants et pleurer avec eux, il alla accommoder une biche, que la reine mangea à son souper, avec le même appétit que si c'eût été la jeune reine. Elle était bien contente de sa cruauté, et elle se préparait à dire au roi, à son retour, que les loups enragés avaient mangé la reine sa femme et ses deux enfants.

Un soir qu'elle rôdait comme d'habitude dans les cours et basses-cours du château pour y humer quelque viande fraîche, elle entendit dans une salle basse le petit Jour qui pleurait, parce que la reine sa mère le voulait faire fouetter, parce qu'il avait été méchant, et elle entendit aussi la petite Aurore qui demandait pardon pour son frère. L'ogresse reconnut la voix de la reine et de ses enfants, et furieuse d'avoir été trompée, elle commande dès le lendemain au matin, avec une voix épouvantable, qui faisait trembler tout le monde, qu'on apportât au milieu de la cour une grande cuve, qu'elle fit remplir de crapauds, de vipères, de couleuvres et de serpents, pour y faire jeter la reine et ses enfants, le maître d'hôtel, sa femme et sa servante : elle avait donné ordre de les amener les mains liées derrière le dos. Ils étaient là, et les bourreaux se préparaient à les jeter dans la cuve, Lorsque le roi, qu'on n'attendait pas si tôt, entra dans la cour à cheval; il était venu en poste, et demanda tout étonné ce que voulait dire cet horrible spectacle; personne n'osait l'en instruire, quand l'ogresse, enragée de voir ce qu'elle voyait, se jeta elle-même la tête la première dans la cuve, et fut dévorée en un instant par les vilaines bêtes qu'elle y avait fait mettre. Le roi ne put s'empêcher d'en être fâché, car elle était sa mère; mais il s'en consola bientôt avec sa belle femme et ses enfants.

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MessageSujet: Re: Contes   Mer 19 Avr - 15:09

Ca faisait longtemps ^^

Le retour des fleurs


Conte australien


Comme il ne pouvait plus supporter les hommes et leur méchanceté, le plus puissant de tous les sorciers avait décidé de quitter son pays et de se réfugier tout au sommet de la plus haute des hautes montagnes. Aussitôt dit, aussitôt fait... Il s’en alla.

Un grand malheur s’abattit sur la nature ; toutes les fleurs, celles des bois, celles des prairies, celles des collines, celles des bords de mer, celles du long des rivières et celles de lacs moururent instantanément. Il n’y en eu pas une seule qui survécut. Le pays, jadis si beau et si fleuri devint rapidement un désert. Tous les animaux, les oiseaux, les papillons, les insectes s’enfuirent après la mort des fleurs. Pour voir les fleurs, les habitants ne pouvaient user que de leur imagination. Mais les enfants, qui n’avaient jamais connu ces merveilles, ne voulaient pas croire les anciens.

- Vous ne racontez que des histoires, leur disaient-ils et ils s’en allaient tristes dans le décor triste d’un pays sans fleurs.
Parmi tous ces enfants, il en était un qui ne pouvait imaginer que tout eut disparu pour toujours. Lorsque sa mère, lassée de raconter l’ancien temps, se taisait, il réclamait encore et encore d’autres histoires car il aimait entendre parler de la beauté des fleurs.
Il pensait que lorsqu’il serait un homme, il partirait à la recherche du grand sorcier et lui demanderait de redonner de la couleur au pays.

Les années passèrent.

Un jour, il fut grand. Son amour des fleurs avait grandi avec lui. Il s’en alla donc trouver sa mère et lui dit :
- Mère, je vais m’en aller à la recherche du grand sorcier et lui demander de nous rendre les fleurs.
Sa mère le regarda avec des yeux remplis d’effroi.
- Mais fils ! s'écria-t-elle, tout ce que je t'ai raconté n'était que des histoires. Il ne faut jamais croire aux histoires. Je te disais ce que ma mère me racontait parce qu'elle l’avait entendu raconter par sa mère qui le tenait de sa mère. Malheur à toi ! Les fleurs n'ont probablement jamais existé. Tu aurais beau marcher mille ans, jamais tu ne trouverais le sorcier qui vit tout en haut de la plus haute montagne.
Mais le fils ne l’écouta même pas, il prit son baluchon et s’en alla. Les gens du pays qui le voyaient passer se moquaient de lui :
- Ce garçon est fou ! disaient-ils. Il n’y a que les fous qui croient aux histoires.

Le jeune homme se dirigea vers le nord. Il marcha longtemps, longtemps, longtemps et arriva au pied d'une montagne, si haute, si haute que son sommet était invisible.
Il tourna autour de la montagne, mais ne vit aucun sentier, seulement de la roche et des cailloux. Il tourna encore et encore. Las de tourner, il se dit :
- « Il faudra bien que je découvre un chemin. Le sorcier a dû le prendre pour atteindre le sommet. »
Il inspecta avec attention les rochers et finit par découvrir une petite marche. En regardant de plus près, il aperçut une autre petite marche et puis encore une autre. Lorsqu’il leva les yeux vers le sommet de la montagne, il aperçut un escalier et il se mit à grimper sans jamais regarder en bas pour ne pas avoir le vertige.

A la fin du premier jour, il s’arrêta sur une terrasse. Le sommet de la montagne n'était pas visible. Il en fit de même le deuxième, puis le troisième, puis le quatrième puis le cinquième puis le sixième jour. Il commençait à se décourager quand, au soir du septième jour, il aperçut enfin le sommet. A force de courage et malgré la fatigue accumulée depuis 7 jours, il parvient à l’atteindre juste au moment où le soleil avait complètement disparu et que la nuit avait recouvert le monstre de pierre. Arrivé tout en haut, il aperçut une source. Il se pencha pour y boire un peu d'eau. Au premier contact de l’eau sur ses lèvres, toute sa fatigue s’évapora. Il se sentit fort et heureux comme jamais dans sa vie. Tout à coup, derrière lui, il entendit une voix qui lui demanda ce qu'il était venu chercher sur la plus haute des hautes montagnes.
- Je suis venu, dit-il, pour rencontrer le grand sorcier et lui demander de nous rendre des fleurs et des insectes. Un pays sans fleurs, sans oiseaux et sans abeilles, est triste à mourir. Seule le beauté peut rendre les gens bons et je suis certain que les gens de mon pays cesseraient d'être méchants, si le sorcier leur redonnait les fleurs.

Alors, le jeune homme se sentit soulevé par des mains invisibles. Il fut transporté délicatement vers le pays des fleurs éternelles. Les mains invisibles le déposèrent sur le sol au milieu d'un tapis de fleurs multicolores. Le jeune homme ne pouvait en croire ses yeux. Il y en avait tant et jamais il n'avait imaginé que les fleurs puissent être aussi belles ! Dans l’air, un délicieux parfum flottait et les rayons du soleil dansaient sur le sol multicolore comme des milliers et des milliers d'arcs-­en-ciel. La joie du jeune homme fut si grande, qu'il se mit à pleurer.
La voix lui dit de cueillir les fleurs qu'il préférait. Il s’exécuta et en cueillit de toutes les couleurs. Quand il en eut plein les chargés, les mains invisibles le reconduisirent doucement au sommet de la montagne.
Alors, la voix lui dit :
- Rapporte ces fleurs dans ton pays. Désor­mais, grâce à ta foi et à ton courage, ton pays ne sera plus jamais sans fleurs. Il y en aura pour toutes les régions. Les vents du nord, de l'est, du sud et de l'ouest leur apporteront la pluie qui sera leur nourriture, et les abeilles vous donneront le miel qu'elles cherchent dans les fleurs.

Le jeune homme remercia et commença aussitôt la descente de la montagne qui, malgré la quantité de fleurs qu'il portait, lui parut bien plus facile que la montée.

Quand il revint dans son pays, les habitants, en apercevant les fleurs et en respirant leur parfum, ne voulurent pas croire à leur bonheur. Puis, quand ils surent qu'ils ne rêvaient pas, ils dirent :
- Ah ! nous savions bien que les fleurs existaient et que ce n'étaient pas des histoires inventées par nos ancêtres.

Et leur pays redevint un grand jardin. Sur les col­lines, dans les vallées, près des rivières, des lacs et de la mer, dans les bois, dans les champs et dans toutes les prairies, les fleurs crûrent et se multiplièrent. Tantôt c'était le vent du nord qui amenait la pluie, tantôt le vent du sud, de l'est ou de l'ouest. Les oiseaux revinrent, ainsi que les papillons et tous les insectes, et surtout les abeilles. Désormais, les gens purent man­ger du miel, et la joie revint sur la terre.

Quand les hommes virent leur terre transformée grâce au jeune homme qui avait osé ce que personne n'avait cru possible, ils lui demandèrent d'être leur roi. II accepta et il devint un roi bon, courageux et intelligent.
-Rappelons-nous, disait-il, que c'était la méchan­ceté des hommes qui avait entraîné la disparition des fleurs de notre pays.

Et, comme personne ne voulait recommencer à habiter un désert et à être privé de miel, chacun s'efforça désormais d'être aussi bon que possible pour ne pas fâcher le grand sorcier.

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MessageSujet: Re: Contes   Mer 19 Avr - 22:20

Merci pour ce joli conte Pando ... si seulement, nous pouvions en prendre de la graine et être aussi "sages" que les humains dans cette histoire ...
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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 20 Avr - 21:14

ça me fait penser à Kirikou lovejap

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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 27 Avr - 21:26

Moi j'ai lu deux versions de ce conte ou il était question non d'un unique jeune homme courageux mais de trois sorcier courageux qui partait à la recherche du sorcier Bayamie et de Bullimah, la pays des fleurs.
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MessageSujet: Re: Contes   Ven 30 Juin - 20:27


Ca faisait longtemps ...

Le Tigre, le Brahmine et le Chacal


Conte hindou

Un jour, un Brahmine traversait un village de l'Inde. Il faut savoir qu’un Brahmine est un Hindou qui ne fait jamais de mal aux animaux, et qui les traite en frères. Donc, un jour que le Brahmine traversait un village lorsqu’il vit sur le bord de la route une grande cage de bambou, et dans cette cage, il y avait un énorme tigre, que les villageois avaient pris dans un piège et enfermé là pour le vendre à une ménagerie, parce qu'il leur mangeait tous leurs moutons.
- Frère Brahmine, frère Brahmine, dit le Tigre, ouvre la porte et laisse-moi sortir un peu, pour aller boire. J'ai tellement soif, et il n’y a pas d'eau dans ma cage.
- Mais, frère Tigre, dit le Brahmine, si j'ouvre la porte, tu me sauteras dessus et tu me mangeras ?
- Que vas-tu penser là ? demanda le Tigre. Jamais de la vie, je ne voudrais faire pareille chose! Fais-moi sortir juste une petite minute, pour chercher une goutte d'eau, frère Brahmine!
Le Brahmine ouvrit la porte de la cage, et laissa sortir le Tigre, mais, dès que celui-ci fut dehors, il sauta sur le Brahmine pour le manger.
- Frère Tigre, dit le pauvre Brahmine, tu m'as promis de ne pas me manger l Ce que tu fais là n'est ni honnête ni juste!
- Au contraire, c'est tout à fait honnête et juste, dit le Tigre, et quand même, ça serait autrement, ça m'est égal. Je vais te manger.
Mais le Brahmine supplia tellement le Tigre, que celui-ci finit par consentir à attendre jusqu'à ce qu'ils eussent consulté les cinq premières personnes qu'ils rencontreraient.

La première chose qu'ils virent sur le bord du chemin fut un grand figuier banian.
- Frère banian, dit le Brahmine, est-il juste et honnête que le Tigre veuille me manger après que je l'ai fait sortir de sa cage ?
Le Figuier banian les regarda, et dit d'une voix lasse :
- Pendant l’été, quand le soleil est brûlant, les hommes viennent s'abriter à mon ombre et se rafraîchissent avec mes fruits; mais, quand le soir vient et qu'ils sont reposés, ils cassent mes branches et éparpillent Mes feuilles. L'homme est une race ingrate. Que le Tigre mange le Brahmine.
Le Tigre sauta sur le Brahmine, mais celui-ci cria :
- Pas encore! pas encore! Nous n'en avons vu qu'un! Il y en a encore quatre à consulter.

Un peu plus foin, ils virent un buffle couché en travers du chemin.
Le Brahmine s'arrêta et lui dit :
- Frère Buffle, oh! frère Buffle, est-ce qu'il te semble honnête et juste que ce Tigre veuille me manger, quand le viens juste de le faire sortir de sa cage ?
Le Buffle les regarda, et dit d'une voix basse et profonde :
- Quand j’étais jeune et fort, mon maître me faisait travailler dur, et je le servais bien. le portais de lourds fardeaux, et le traînais de grandes charrettes. Maintenant que je suis vieux et faible, il me laisse sans eau et sans nourriture pour mourir sur le chemin. Les hommes sont ingrats. Que le Tigre mange le Brahmine.
Le Tigre fit un bond, mais le Brahmine dit très vite :
- Oh! mais, ce n'est que le second, frère Tigre, et tu m'en as accordé cinq!
Le Tigre grommela beaucoup, mais consentit à aller un peu plus loin.

Bientôt, ils virent un aigle planant au-dessus de leurs têtes, et le Brahmine l'implora :
- Oh! frère Aigle, frère Aigle! Dis-nous s'il te semble juste que ce Tigre veuille me manger, après que le l'ai délivré d'une terrible cage ?
L'Aigle continua à planer lentement pendant quelques instants, puis il descendit et parla d'une voix claire :
- Je vis dans les nuages, et je ne fais aucun mai aux hommes. Cependant, toutes les fois qu'ils peuvent trouver mon aire, ils tuent mes enfants et me lancent des flèches. Les hommes sont une race cruelle. Que le Tigre mange le Brahmine.
Le Tigre sauta de nouveau, et le Brahmine eut bien de la peine à lui persuader d'attendre encore. Il y consentit pourtant et ils continuèrent leur chemin.

Un peu plus loin, ils virent un vieux crocodile, à demi enterré dans la vase, près de la rivière.
- Frère Crocodile, frère Crocodile, dit le Brahmine, est-ce que vraiment il te semble juste que ce Tigre veuille me manger, alors que je l'ai délivré de sa cage ?
Le vieux Crocodile se retourna dans la vase, et grogna, et souffla, après quoi, il dit, de sa voix éraillée :
- Je reste tout le jour couché dans la vase, aussi innocent qu'une colombe. Je ne chasse pas les hommes, et pourtant, toutes les fois qu'un homme me voit, il ne jette des pierres, et me pique avec des bâtons pointus, en m'insultant. Les hommes ne valent rien. Que le Tigre mange le Brahmine.
- Il y en a assez comme cela, dit le Tigre, tu vois bien qu'ils sont tous du même avis. Allons!
Mais il en manque un, frère Tigre, dit le pauvre Brahmine, plus qu'un, le cinquième!
Le Tigre finit par consentir, bien contre son gré.

Bientôt ils rencontrèrent un petit chacal, trottant gaiement sur la route.
- Oh ! frère Chacal, frère Chacal, dit le Brahmine, dis-nous ce que tu penses! Est-ce que vraiment tu trouves juste que ce Tigre veuille me manger, après que le l'ai délivré de sa cage ?
- Plaît-il ? demanda le petit Chacal.
- Je dis, répéta le Brahmine en élevant la voix, crois-tu qu'il soit juste que ce Tigre me mange, quand c’est moi qui l'ai fait sortir de sa cage ?
- Cage ? répéta le petit Chacal d'un ton distrait.
- Oui, oui, sa cage, dit le Brahmine, Nous voulons avoir ton avis. Penses-tu...
- Oh! dit le petit Chacal. Vous voulez avoir mon avis ? Alors, je vous prierai de parler bien distinctement, car je suis quelquefois assez lent à comprendre. Qu’est-ce qu'il y a ?
- Penses-tu, dit le Brahmine, qu'il soit juste que ce Tigre veuille me manger, quand c'est moi qui l'ai fait sorte de sa cage ?
- Quelle cage ? demanda le petit Chacal.
- Celle où il était, donc, dit le Brahmine. Tu vois bien...
- Mais je ne comprends pas bien, interrompit le petit Chacal. Tu dis que tu l'as délivré ?
- Oui, oui, oui, dit le Brahmine. C'est arrivé comme ça : je marchais le long de la route, et je vis le Tigre...
- Oh! ma tête! dit le petit Chacal. Je ne pourrai jamais rien comprendre, si tu commences une si longue histoire. Il faut parler plus clairement. Quelle sorte de cage ?
- Une grande cage ordinaire, dit le Brahmine, une cage en bambou.
- Ça ne me dit rien du tout, fit le petit Chacal. Vous feriez mieux de me montrer la chose, alors, je comprendrais tout de suite.
Ils rebroussèrent chemin et arrivèrent à l'endroit où se trouvait la cage.
- A présent, voyons un peu, dit le petit Chacal. Frère Brahmine, où étais-tu placé ?
- Juste ici, sur la route, dit le Brahmine.
- Tigre, où étais-tu ? dit le petit Chacal.
- Eh bien ! dans la cage, naturellement, dit le Tigre, qui commençait à s'impatienter, et qui avait bien envie de les manger tous les deux.
- Oh! je vous demande pardon, Monseigneur, dit le petit Chacal. je suis vraiment bien peu intelligent.
Je ne peux pas me rendre compte. Si vous vouliez bien… Comment étiez-vous dans cette cage ? Dans quelle position ?
- Idiot! Comme cela! dit le Tigre, en sautant dans la cage; là, dans ce coin, avec la tête tournée de côté.
- Oh! merci, merci, dit le petit Chacal. je commence à voir clair, mais, il y a encore quelque chose, pourquoi y restiez-vous ?
- Ne peux-tu pas comprendre que la porte était fermée ? hurla le Tigre.
- Ah ! la porte était fermée ? je ne comprends pas très bien. La... por-te... était... fermée ?... Comment était-elle fermée ?
- Comme cela, dit le Brahmine en poussant la porte.
- Ah ! comme cela ? très bien, dit le petit Chacal. Mais, je ne vois pas de serrure. Ce n’est pas très solide. Pourquoi le Tigre ne pouvait-il pas sortir ?
- Parce qu'il y a un verrou, dit le Brahmine en poussant le verrou.
- Ah ! il y a un verrou ? dit le petit Chacal. Vraiment ? Il y a un verrou ?
- Eh bien ! mon bon ami, dit-il au Brahmine, maintenant que le verrou est poussé, je vous conseille de le laisser comme il est. Et pour vous, Monseigneur, continua-t-il en s'adressant au Tigre, plein de fureur, je crois qu'il se passera un certain temps avant que vous ne trouviez quelqu'un d'autre pour vous ouvrir.
Et, se tournant vers le Brahmine, il lui fit un profond salut.
- Adieu, frère, dit-il. Votre chemin va par ici, et le mien va par là. Bonjour !

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MessageSujet: Re: Contes   Jeu 6 Juil - 19:47

Après le conte hindou, une petite légende indienne ^^

La vieille femme et l'araignée


La vieille femme cousait dans la lumière magique qui pénétrait son wigwam.
Elle travaillait avec art et précision des vêtements chauds.
C'était l'été des Indiens et bientôt l'hiver serait là, aussi aigu que les pointes acérées du porc-épic.

Elle aimait son travail. Et du plus lointain de ses souvenirs, Bouquet de Perles Etincelantes se voyait s'activant de son mieux, avec toujours le même plaisir, comme sa mère et ses tantes le lui avaient appris.
Elle s'occupait du bois et de l'eau, en hiver. Elle savait tanner les peaux de bison, en préparer la viande afin de régaler toute la famille.
A six ans, elle aidait les femmes dans les travaux du ménage.
A dix ans, elle montait à cheval comme le meilleur des guerriers et
sillonnait la plaine avec fougue.
Puis à quatorze ans, elle est devenue une vraie femme : son père l'a mariée à Feu du Tonnerre et le temps a passé vite, très vite.
A présent, elle était une vieille femme mais les années avaient glissé sur elle, sans entamer sa force, ni sa joie de vivre.
Quand elle riait des facéties du dernier de ses petits-fils, sa bouche
révélait l'absence de quelques dents.
Mais elle était toujours belle.

Sa peau, aussi tannée que la peau du bison, avait la couleur du soleil couchant. La prunelle de ses yeux rayonnait du même éclat juvénile d'autrefois et quand elle marchait, c'était d'un pas majestueux, que le poids des ans n'entravait pas.
La tribu aimait à raconter que c'était une sage qui avait la force de l'ours et qui avait reçu la protection du loup blanc, à son berceau.
Bouquet de Perles cousait dans le cocon que formait le cercle du wigwam.
Et tout en travaillant, elle songeait à son rêve de la nuit dernière...

Elle avait rêvé d'un bébé rieur qui gigotait sur une immense fourrure, moelleuse et parfumée, au milieu des herbes jaunes. Ses petits pieds et ses minuscules mains dorées s'agitaient, se balançaient pour suivre les frémissements légers du vent.
Il était seul, sans inquiétude. Ses yeux suivaient le vol d'un oiseau puis il éclatait de rire à chaque bruissement de feuilles des blancs bouleaux.
L'enfant comprenait le langage des arbres et du monde végétal qui l'entourait.
La terre était sa mère, le ciel son père.
Puis, le paysage s'assombrit en un instant. Une ombre grise recouvrit l'enfant qui cessa de rire. Le vent se fit violent et la neige recouvrit aussitôt plaines et bois.

Bouquet de Perles ne voyait plus le bébé à présent mais elle l'entendit crier et ce sont ses pleurs qui l'ont réveillée, toute suffocante.
Quel message son rêve voulait-il lui adresser ? La vieille indienne l'ignorait.

Bouquet de Perles Etincelante cousait, respectueuse des traditions
ancestrales dans le wigwam à l'odeur d'armoise. Les femmes avaient récemment allumé des feux de bois pour imprégner la couverture qui servait à la fabrication de la tente afin qu'elle garde sa souplesse, après les pluies.
Bouquet de Perles songeait.
C'est alors qu'elle entendit des lamentations, dans un coin de son logis.
La vieille indienne interrompit son ouvrage et demanda :
- Qui pleure ? ...
- C'est moi, grand-mère, dit une petite voix.
La femme leva les yeux et aperçut une minuscule araignée, au creux de sa toile.
- Pourquoi pleures-tu ? demanda-t-elle avec inquiétude.
- Je pleure parce que personne ne m'aime. Les hommes ont peur de me voir et disent que je suis inutile, sur cette terre. Chacun a son rôle à tenir, et pas moi !

Bouquet de Perles se leva et regarda attentivement le minuscule et fragile animal. Elle ressentit une immense peine pour la malheureuse.
- Je ne sais comment t'aider, ni te consoler.

Et tout en lui parlant, la réconfortant par la musique de ses paroles, la vieille indienne laissa son regard se promener sur la toile arachnéenne.
L'araignée avait tissé un ouvrage d'une grande perfection ! Beaucoup de squaws auraient aimé pouvoir s'enorgueillir d'un tel chef-d'œuvre. Un vrai bijou que la lumière du soleil faisait étinceler.
Elle en admira la finesse et la légèreté aérienne. La grâce du travail était digne des broderies et décorations de toutes les femmes du village rassemblées.

C'est alors que Bouquet de Perles se souvint de son rêve de la nuit
précédente, aux pleurs du bébé.
- Je crois que je peux faire quelque chose pour toi, si le Grand Esprit y consent. Dorénavant, quand tu tisseras ta toile au-dessus de l'endroit où les enfants dorment, les mauvais rêves seront capturés à l'intérieur. Au petit matin, ils seront détruits par le soleil. Seuls les bons rêves peupleront les songes de nos petits.

Et comme la vieille indienne était une sage, à partir de ce jour, les
araignées eurent leur place sur cette terre, comme tous les animaux.

Elles furent les gardiennes du sommeil des enfants attirant leur proie sans aucune pitié pour les livrer au soleil, aux premières lueurs de l'aube.

Bouquet de Perles Etincelantes cousait paisiblement dans la chaleur de son wigwam, près du feu.

L'été des Indiens était terminé à présent. Les grands froids gelaient les lacs qui miroitaient au soleil. Parfois, elle pensait au bébé de son rêve qui ne pleurait plus et jouait avec le vent. Alors elle posait son ouvrage et souriait.

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