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 Non mais je n'y suis pour rien...

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leeloo
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MessageSujet: Non mais je n'y suis pour rien...   Sam 18 Juin - 19:18

J'ai bien conscience de... enfin... mon ridicule, on va dire. C'est le "Tous écrivains !", aussi, qui me fait rougir...
Mais voilà... Je viens d'écrire une petite fiction, et... j'ai le formidable culot d'envoyer ça ici.


Samedi 18 juin –

J’ai peur. La nuit s’est encore mal passée. Je dors mal, vraiment mal. Alors que je pense trouver un peu de repos dans ces heures de sommeil, je découvre au contraire que tout ce que je tais le jour resurgit. J’ai la désagréable impression que je ne contrôle plus mon corps, ni mes pensées : quelqu’un d’autre prend possession de moi, m’inflige ses pensées, ses obsessions. Je me transforme. Je ne suis plus moi, mais une idée fixe.
Cette nuit, j’étais une citadelle.
Vers quatre heure et demi, j’ai ouvert les yeux, c'est désormais rituel de mes nuits agitées. Je dors mal, et je me réveille. Quatre heure et demi, je me souviens avoir soupiré. J’espérais que la nuit était finie, enfin. J’espérais ne plus avoir à dormir.
Je n’aurais peut-être pas dû allumer ma petite lampe de chevet bleu. Sa lumière vive a explosé mes derniers lambeaux d’ombre, à en être obligée de me tenir la tête par les mains – cette douleur, ne partira-t-elle donc jamais ?
Depuis quand ai-je mal ?
Une journée, seulement… une journée qui me paraît être une éternité. Ne pas pouvoir se baisser, ne pas pouvoir tourner trop vivement la tête. Eviter de regarder la luminosité extérieure, ou ça recommence, quelqu’un frappe dans ma tête, pong, pong, pong, ça cogne, ça vibre. Je ne peux que grimacer, espérer que ça va vite s’arrêter.
J’ai peur de ce mal de tête. Deuxième journée, à présent. Je ne sais pas d’où ça vient. Je ne suis pas sujette à ça. Ca m’est arrivé récemment, il y a deux mois précisément. Une journée de douleur, suivie d’une apothéose, lors d’un long trajet en voiture. Obligée de fermer les yeux, de supplier le chauffeur de rouler moins vite, d’éviter les endroits où le béton est accidenté. Mais en montagne, il est difficile de trouver une route lisse. J’avais cru mourir.
Cette nuit, j’ai allumé et l’angoisse est montée. J’étais seule, dans mon grand lit, j’y suis toujours seule. J’avais chaud mais je ne pouvais pas enlever ma couette, qui me protégeait. Je ne savais plus quoi faire. J’ai imaginé les pires horreurs.
Je suis peut-être très malade. J’ai peur d’être malade… que ce pong, pong, pong, me suive, toute ma vie. Et, à l’heure la plus sombre de la nuit, tout s’enchaîne. Peut-être que quelqu’un d’autre de ma famille est malade, peut-être qu’on me ment. Surtout, ne pas fermer les yeux, si je devenais aveugle, à cause de ce mal de tête ?
J’ai commencé à aller vraiment mal, la tension montait, tout se déformait. Comme dans mes cauchemars d’enfant, où les objets grossissaient, où il était impossible de contrôler quoi que ce soit. Cette nuit, je regardais les livres qui sont soigneusement rangés sur l’étagère, et subitement, il n’y en avait pas cent, mais mille, oui, me suis-je dit, il va me falloir un temps fou pour tout ranger…
Cinq heure - toujours impossible pour moi d’éteindre. J’ai peur du noir, et de tout perdre. J’ai hésité, est-ce que je dois me lever, prendre un médicament ? Mais lequel ? Mes maux de tête sont accentués par mes nausées, qui ne sont là que pour exprimer mes angoisses…
J’ai cherché mes comprimés, partout, dans le tiroir de la table de chevet, sur le bureau, dans mon sac. En vain. Ils devaient être à la salle de bain, mais j’avais peur d’y aller. J’avais peur de mourir en chemin, de tomber, et de ne voir que du noir.
Petit à petit pourtant, j’ai senti que j’avais encore besoin de dormir. J’ai tenté de m’allonger (jusque-là, j’étais assise, dos contre le mur, jambes détendues sous la couette), sur le côté, d’abord. J’avais laissé la lumière. Malgré ma peur et cette tête qui me refusait tout mouvement, j’ai osé éteindre. Je savais que je n’avais plus rien à craindre. Je pouvais redormir.

Neuf heure.
Soupir de soulagement – non seulement je me suis réveillée, mais je vois les chiffres rouges. Je vois ma table de chevet, mon lit, mes mains. Je suis peut-être malade, très malade, mais je vois encore, aujourd’hui.
Je me laisse quelques minutes de flottement avant de me demander si le mal de tête est toujours là.
Il est toujours là.
Je suis seule pour le week-end. Je les ai entendus partir, ce matin, très tôt. Ils se sont levés au moment où je me rendormais.
Cette après-midi, un coup de téléphone. C’était elle. Me demandait comment ça va. Je me suis retenue de tout lui raconter. Mes crises d’angoisse, mon mal de tête qui ne part pas et qui me fait peur, ma tristesse. J’avais envie de pleurer, comme si je lui cachais quelque chose de grave. J’ai peur pour ma santé que je fous en l’air. J’ai peur pour moi. Pour cette ombre que je m’efforce d’être. Je me rassure du mieux que je peux – si je dors si mal, c’est parce que je suis trop éteinte dans la journée pour trouver du repos le soir.
Elle a dit qu’elle rappellerait ce soir. Je ne dirai rien, encore une fois. J’attendrai lundi. Tu sais, j’ai eu mal à la tête tout le week-end. Elle ne pourra rien y faire. Et je continuerai de vivre mes nuits fragmentées, brisées.
Je viens de prendre un café. Même ça, je ne sais pas le préparer. Je ne sais rien faire. Je ne sais pas si c’était réellement mauvais. Je n’avais pas mis de sucre.
Le mur du salon est tout jaune, à cause de la lumière du soleil. Ma sœur sourit dans son cadre en bois, et j’essuie mes larmes.
Je suis une petite fille qui a peur de tout. Qui ne comprend pas ce qui lui arrive.
Il fait chaud comme dans un film de Beineix. Les portes sont fermées.
Je voudrais juste un peu de repos. Ne pas sursauter au moindre bruit. Ne pas craindre ce silence, mon silence. Je voudrais qu’on me dise que tout va bien, que tout ira bien, même s’il faut me mentir pour en arriver là.
J’espère que -

...
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Non mais je n'y suis pour rien...   Sam 18 Juin - 19:25

Tu sais Leeloo, à qui j'ai pensée dans les premières lignes? Au Horla, de Maupassant.... y'avait un côté folie-fantastique, dans ce début.

Il y a p'têt un côté comme ça dans toute le texte, d'ailleurs... c'est vrai, que devient le récit de la folie, dans un monde sous prozac?

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Loeayn
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MessageSujet: Re: Non mais je n'y suis pour rien...   Dim 19 Juin - 10:46

Pas mal du tout ! Je me suis dit que tu avais un peu changé de style, et c'est vrai ! Pour compléter Marina, j'ajouterais aussi le fait qu'un personnage seul, ça fait toujours plus d'effet...

Au départ, j'ai pensé que le personnage (vraisemblablement féminin) était dans un lit d'hôpital... car c'est trouble, flou, et vague, comme le semi coma 'post-anesthésie'.

Et t'as honte de poster ça. T'aurais pas plutôt honte d'avoir honte de poster? (Moi, boulet du jour , qui tente la diplomatie pour que leeloo poste plus, avec des phrases tordues...)
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leeloo
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MessageSujet: Re: Non mais je n'y suis pour rien...   Dim 19 Juin - 14:12

Je me rends compte en lisant vos remarques que je suis une incroyable fainéante. Parce que ce truc, je l'ai écrit en un jet, tellement je déteste travailler ce que j'écris. Alors que, oui, si j'y avais mis un peu du mien, ça aurait pu être beaucoup plus... "abouti", ou que sais-je.

En tout cas, Kusa, parler de Maupassant... wow... c'est l'idole de mes treize ans. Et c'est là que je me rends compte que la suite du "truc" n'est pas du tout à la hauteur du début...

Loeyan (tu sais qu'il me faut toujours trois minutes pour mettre toutes les lettres de ton pseudo dans l'ordre ?), et bien... encore une preuve que si j'avais fait un tant soit peu bosser mon imagination qui est actuellement à l'état de larve embryonnaire (oui), ça aurait été vachement moins mauvais.
Mais tant mieux, tant mieux, avec Maupassant, le prozac et l'hôpital, ça me donne de merveilleuses pistes pour, le jour où je me prendrai au sérieux, créer quelque chose de plus continu, de plus angoissant, de plus... vous avez compris, hein.

Sinon, euh... je trouve que je poste bien assez, moi...! Smile

Vraiment un grand merci à vous deux !
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sunny
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MessageSujet: Re: Non mais je n'y suis pour rien...   Dim 19 Juin - 17:02

Merci Leeloo .......
Tu m'as fait détester cette migraine, comme celles de la réalité ... ça ne devrait pas être permis ... mais si ça te fait écrire .........


sunny
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leeloo
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MessageSujet: Re: Non mais je n'y suis pour rien...   Dim 19 Juin - 17:47

sunny a écrit:
Merci Leeloo .......
Tu m'as fait détester cette migraine, comme celles de la réalité ... ça ne devrait pas être permis ... mais si ça te fait écrire .........


Je les trouve mystérieux, tes points de suspension...

Merci pour ton indulgence...




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Azertipi
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MessageSujet: Re: Non mais je n'y suis pour rien...   Jeu 23 Juin - 13:10

leeloo a écrit:

Ooh, comme elle est mignonne, la petite Aleece !
Bon, évidemment, ton texte m'a fait penser à mes affreuses migraines, et à l'irrationnalité de mon raisonnement dans ces cas-là. Mais ce qui se rapproche le plus de ce que tu décris, c'est ma réaction quand j'ai des crampes pendant la nuit... Je suis une sacrée chochotte, j'avoue.
Et puis, Marina a raison, pour Maupassant. Et tu sais quoi, Leel' ? Moi aussi, c'était mon idole, au collège...
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