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 Les Grandes batailles.

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Kusanagi
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MessageSujet: Les Grandes batailles.   Dim 8 Mai - 20:30

Rhââ, ce Ridley, un pro pour les batailles... bon, m'a donné des idées d'ailleurs. pour ceux qui aiment bien un peu de technique militaire, vais ouvrir un post sur les grandes batailles de l'Histoire. Pis tiens, commencerais demain.
Apprêtez vous à vivre la Battaille de Hattin, Saladin versus Empire Latin d'Orient, 1187.

:ohayo:

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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Lun 9 Mai - 13:22

La bataille de Hattin, 1187.

Au terme de la première croisade et de la prise de Jérusalem en 1099, se crée les Etats Latins d'Orient. Ceux-ci, gouverner par des Francs, vont devoir résister aux attaques des troups musulmanes, en particulier turcs seldjoukides, ou syrienne, sans toujours recevoir d'appui de l'Europe. En 1174, Saladin succède à son oncle Nour-al-Din. Désireux de consolidé son pouvoir sur les pays musulmans, il conclut une trêve avec les Etats Latins. De plus, ceux-ci lmui servent de tampons avec les différentes factions musulmanes, pas forcément d'accord pour se mettre sous sa bannière (en particulier les Seldjoukide, parce qu'il est kurde).
Toutefois, les Etats Latins ne forment pas un ensemble unis. Les mésententes entre barons et chefs de guerre minent le pouvoir en place à Jérusalem. De plus, l'électron libre Renaud de Châtillon, aventurier sans scrupule et déjà responsable de pas mal de problèmes (il n'est pas Templier, au fait) harcèle, malgré la tr^ve de Baudoin IV, les caravanes musulmanes. En 1187, il pille a nouveau une caravane et refuse, malgré l'ordre du roi, de rendre son butin (pour la p'tite histoire, il s'était fait plusieurs fois battre par Saladin, ayany tenté d'assiéger la Mecque), provoquant ainsi la rupture de la trêve. De plus, 150 chevaliers du Temple,avaient chargé comme des cons des milliers de musulmans à Sépohorie. Seule le Grand-Maitre et 3 chavaliers purent s'enfuir, et poussèrent ensuite à la revanche.
Guy de Lusignan, roi de Jérusalem et Raymond III de Tripoli mirent alors de côté leur querelle et s'allièrent, popur faire face à l'armée de Saladin.

Le 24 juin, les Francs sont prêts. Ils ont réuni une grande armée constituée de 2 000 chevaliers (dont 1 200 chevaliers de l'Ordre du Temple et des Hospitaliers) et 13 000 fantassins francs. Ils sont soutenus par 40 000 autres mercenaires de diverses origines, en majorité musulmans, donc non sûrs, comportant, entre autres, 2 500 cavaliers et 7 000 fantassins payés et armés par les templiers. En face, de nouvelles troupes ont rejoint Saladin qui dispose au total de plus de 60 000 soldats musulmans. Les Francs se rendent à Séphorie, sur une colline bien protégée, où ils disposent de vivres et d'eau à volonté. Pour les décidés à quitter la place, Saladin met en place un stratagème. Il attaque la ville de Raymopnd Tripoli, et prend la première enceinte. La cité se réfugie dans la citadelle, seuls des messagers demandant des secours pouvant sortir.
Raymond toutefois, pense que sa forteresse peut s'en sortir et qu'une traversé d'une région aride serait dangeureuse. Mais Renaud de Châtillon et les Templiers poussent l'armée à la bataille, l'accuse de lâcheté ( Ptitie phrase historique: « Je ne doute pas un seul instant que tu aimes les Musulmans et que tu cherches à nous effrayer par leur nombre »). Ils finissent par convaincre le roi de Jérusalem d'aller à la rencontre de Saladin.

L'armée francque se met en route le 1er juillet. Comme prévu, les troupes francques, lourdement armées souffrent de la chaleur et du manque d'eau, d'autant que Saladin a fait empoisonner une partie des puits du parcourt. Le 3 juillet, Raymond propose de rejoindre le village de Hattin , près du lac Tibériade. Mais Saladin en a coupé l'accès. Les francs montent un camp pour la nuit, harcelés par les armées de Saladin. Au matin du 4 juillet, c'est une armée francques épuisée et assoiffée qui s'apprête à livrer bataille.

Etouffés de chaleur sous leur imposantes cuirasses, sans eau pour se rafraîchir, les Francs n'en pouvaient plus, ils menèrent cependant des combats héroïques pour tenter de percer, avec l'énergie du désespoir, les lignes des assiégeants et de gagner les rives du lac de Tibériade.

Peu à peu, les Francs étaient repoussés et contraints de se rassembler sur une élévation appelée les Cornes de Hattin, un piton basaltique dominant la plaine voisine. Raymond III de Tripoli réussit à se créer une sortie vers Séphorie en emmenant avec lui Raymond, fils du prince d'Antioche, ses chevaliers et quelques barons syriens. Quelques autres détachements des troupes francques réussirent aussi à percer les lignes et à s'enfuir vers Tyr.

Le reste des forces francques défendirent ardemment leur position élevée sur les Cornes de Hattin. Selon les récits des chroniqueurs d'époque la bataille fut terrible, il y eut beaucoup de morts parmi les croisés et il y eut également beaucoup de morts du côté musulman, çà et là agonisaient des milliers de blessés enchevêtrés dans les cadavres des chevaux. La chute de la tente royale symbolisa la défaite francque, alors que le roi et ses grands barons réussissaient à se réfugier dans la forteresse de Tibériade.

Le 5 juillet, sans espoir de secours, le roi et les barons se rendent à Saladin. Celui-ci fait décapiter Renaud de Châtillon, jugé responsable, ainsi que tous les Templiers et Hospitaliers. Il fait prisonnier les barons et le roi, pour servir de rançon. Le reste des survivants, fait prisonnier fut vendu en esclavage.

Les conséquences de cette bataille sont la chute prochaine du royaume de Jérusalem.
Saladin est resté toutefois dans l'histoire, même chez les chrétiens, comme un homme d'honneur (il est d'ailleurs souent peré des vertus chrétiennes, dans les textes d'époques). En effet, punir un parjure comme Renanud ne choque pas. De même que le sort réservé aux simples soldats...

Bon, en prochaine bataille, j'vous met quoi?

P'têt bien Sekigahara? Ou Marathon ? Allez, choisissez:
Sekigahara, Japon, 1600
Marathon, Grèce, 490 av.JC

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Dernière édition par le Mar 10 Mai - 18:00, édité 1 fois
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Meryt
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Lun 9 Mai - 21:07

Sekiga...machin, là, c'est quand ils ont été sauvés par le "vent divin" ? Razz
Me plait bien cette bataille !
Ah sinon, Marathon, c'était pas mal non plus.
Choix difficile.
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Loeayn
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Lun 9 Mai - 21:26

Sekigahara, je connais pas !

Merci pour le résumé, ce fut fort instructif... (allez on se met a faire des recherches su les onagres et mangonneaux petit assistant !) Ben ouais j'me parle a moi même et aloooooooooors?
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Pandora
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Lun 9 Mai - 21:50

Euh... j'aime pas faire des choix comme ça... c'est pas possible d'avoir les deux? Pititange
Je te laisses juge de l'ordre *je sais je suis trop sympa*

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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mar 10 Mai - 0:18

Meryt a écrit:
Sekiga...machin, là, c'est quand ils ont été sauvés par le "vent divin" ? Razz
Me plait bien cette bataille !
Ah sinon, Marathon, c'était pas mal non plus.
Choix difficile.

Sekigahara? Nan pas du tout, le vent divin, c'est au 13ème siècle....

Nan Sekigahara, c'est entre japonais, pendant le Sengoku-jidai...
Bon, allez, j'mettrais les deux, dans l'ordre chronolgique... Laughing

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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mar 10 Mai - 23:22

Merci pour cet exposé, j'ai trouvé ça bien instructif. Pour les autres batailles c'est bien que tu mettes les deux, j'aimarais connaître Sekigahara car Marathon ça fait 3 ans que je la vois, elle m'a un peu pris la tête à la fin, mais c'est quand même intéressant d'en parler.
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mar 10 Mai - 23:36

Allez, ordre chronologique, on a dit!

Donc Marathon, 490 av. JC

Celle-ci a lieu dans le cadre des Guerres Médiques. Plusieurs batailles ont déjà eu lieu entre les Perses et les Grecques. Les PErses tentent plusieurs fois de conquérir la Grèce du Pélopponèse. En 492, déjà, Darius avait préparé un expédition, mais une violente tempête lui fit perdre la moitié de sa flotte.
491 est dédié au préparatif d'une seconde expédition. Darius envoie des ambassadeurs pour demander la soumission des cités grecques, mais Athènes et Sparte refusent, sans toutefois réellement commencer de préparatif pour riposter.

L'armée perse, dirigée par les généraux Artapherne (armée de terre) un neveu de Darius et Datis (flotte), traverse cette fois directement la mer Égée, droit sur l'Eubée et l'Attique, après cependant avoir pris au passage le contrôle de Naxos et Délos (490). Il y a de 100 000 à 200 000 soldats perses selon les versions, mais les historiens contemporains estiment que le chiffre réel est compris entre 25 000 et 50 000, ce qui est déjà considérable pour l'époque. Au total la flotte perse représente sans doute 600 trières. Elle atteint la pointe méridionale de l'Eubée, ravage Carystos, qui refusait d'ouvrir ses portes, puis Érétrie, abandonnée par ses alliés athéniens, détruite et dont la population est déportée à Ardéricca près de Suse, marquant ainsi la première étape de la vengeance du Grand Roi.

Puis l'armée perse débarque, sur les conseils d'Hippias, l'ancien tyran d'Athènes, début septembre 490 sur la plage de 4 kilomètres environ qui borde la plaine de Marathon à quarante kilomètres d'Athènes. Les Athéniens n'attendent pas l'ennemi derrière leurs remparts mais conduits par le stratège Miltiade, les hoplites athéniens et platéens, environ 10 000 hommes, se rendent à la rencontre des Perses. Le 13 septembre les Perses décident d'attaquer Athènes par terre et par mer. Une partie des troupes perses, y compris la cavalerie, rembarque, avec pour objectif de débarquer à Phalère afin d'atteindre rapidement l'Acropole. Les troupes restantes, à peu près 21 000 soldats, franchissent alors le Charadra, le petit ruisseau qui traverse la plaine de Marathon avant de se perdre dans des marais littoraux, afin d'empêcher le retour des troupes athéniennes vers la cité.

Celles-ci, avec leurs alliés de la cité de Platées, occupent deux petites hauteurs, le Pentélique et le Parnès et attendent les renforts promis par Sparte, renforts qui tardent. Devant l'évolution de la situation, les Athéniens n'ont plus le choix : il faut battre les Perses dans la plaine de Marathon puis devancer les navires ennemis et gagner Athènes pour la protéger. Miltiade, l'un des dix stratèges athéniens connaît la faiblesse de l'armée perse pour avoir combattu avec eux lors de l'offensive contre les Scythes. En effet cette armée est composée de soldats d'origines différentes, ne parlant pas les mêmes dialectes et n'ayant pas l'habitude de combattre ensemble. De plus l'armement perse, avec des boucliers en osier et des piques courtes, ne permet pas les combats au corps à corps.

Au contraire l'armement des Grecs est celui d'une infanterie lourde, les hoplites, protégés par un casque, un bouclier, une cuirasse, des jambières et des brassards en airain. S'y ajoutent une épée, une longue lance et un bouclier de peau et de lames de métal. Enfin les hoplites combattent en rangs serrés (phalange) leurs boucliers formant devant eux une muraille. Miltiade décide Callimaque le Polémarque d'étendre la ligne des soldats grecs, afin de ne pas être submergé par le nombre, et de renforcer les ailes au détriment du centre. En effet les Perses disposent leurs meilleures troupes au centre et il s'agit donc de les envelopper.

Les Athéniens chargent donc dès qu'ils arrivent à portée de flèche. Il est en effet improbable, au vu de la lourdeur de l'équipement des hoplites, que ceux-ci effectuent une charge de plus de 1500 mètres comme l'affirment les historiens de l'époque. Comme prévu les ailes de l'armée perse, composées de troupes éparses levées dans l'empire ou d'Ioniens peu motivés, se débandent et remontent dans la panique à bord des navires. Mais le centre des Grecs est enfoncé et cède. Les troupes grecques disposées sur les ailes renoncent à poursuivre les troupes perses en déroute et se rabattent sur le centre de l'armée perse en une parfaite manœuvre de tenaille. Celui-ci s'effondre à son tour.

Au total environ 6400 Perses sont tués, la plupart noyés en s'enfuyant, et sept navires sont détruits, tandis que les Athéniens perdent environ 200 citoyens. Une telle différence n'a rien d'extraordinaire, même si le chiffre des pertes perses est sans doute exagéré. En effet on constate fréquemment un ratio de un tué chez les Grecs à 20 ou 30 pour les armées orientales dans les diverses batailles les opposant aux peuples d'Asie.

Mais il est nécessaire de prévenir la seconde offensive des Perses avec l'attaque des meilleurs éléments de leur armée qui avaient rembarqué avant la bataille de Marathon. La flotte perse a besoin d'une dizaine d'heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phalère. Par une marche forcée de 7 ou 8 heures, avec une bataille dans les jambes, les hoplites grecs arrivent environ une heure avant la flotte ennemie. Les Perses voyant l'échec de la manœuvre renoncent à débarquer. Ainsi s'achève la première guerre Médique. Cette victoire stratégique devint symbolique pour les Grecs et conféra un grand prestige à Athènes. En fait pour les Perses il s'agit surtout d'un débarquement manqué et d'un échec mineur. Leur expédition a réussi à soumettre toutes les îles, en tout cas un grand nombre, de la mer Egée au pouvoir de Darius Ier.

Selon certains historiens (qu'Hérodote récuse), c'est à cette occasion que Phidippidès (ou Philippidès) aurait couru la distance qui deviendra celle du marathon. Cela dit, que l'épisode de Philippidès soit véridique ou pas, l'exploit sportif ici est collectif avec la marche forcée des hoplites athéniens afin d'empêcher le débarquement perse à Phalère.

*merci Wikipédia*

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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mar 10 Mai - 23:56

Sekigahara, 1600.

Cette bataille est aussi appelée «Tenka wake-meno Kassen» : bataille qui décida de l'avenir du pays, au Japon.

Nous sommes en 1600, au japon, un pays dont l'unité, établit par le fer et le sang par Oda Nobunaga, est encore fragile, traversée par les rivalités entre clans. A la mort du successeur de Toyotomi Hideyoshi, c'est un autre des généraus d'Oda qui prend le pouvoir, Tokugawa Ieyasu. Celui-ci usurpe d'ailleurs ce pouvoir au fils d'Hideyoshi, le jeune Hideyori. Toutefois, plus clément ou plus politique qu'Oda, Ieyasu applique d'abord la technique d'Hideyoshi, et ne supprime pas son "rival". Mais beaucoup de daimyos (grand seigneurs japonais) sont mécontents (jaloux?). Au début 1600, tous sentent que le Japon risque une nouvelle fois de sombré dans le chaos, entre les deux clans principaux, les fidèles des Toyotomi, et les alliés de Tokugawa.
Au cours du mois de juin, les deux grands partis se rassemblent et se jaugent. Les puissants clans Mori, Uesugi, Otani, Kobayakawa, Ukita et Chosokabe rejoignent l’alliance loyaliste tandis que Ieyasu mobilise ses vassaux et leurs troupes.
Bientôt, on ne parle plus que de l’Armée de l’Est, à la solde des Tokugawa, et de l’Armée de l’Ouest, redoutable confédération de familles fidèles à Hideyori mais néanmoins divisées par de profondes rivalités.

Au soir du 20 octobre 1600, les armées loyalistes font halte aux abords d’un petit village au centre du pays, et fortifient leurs positions. Dès le lendemain, ce lieu sera le théâtre de la plus grande bataille de Samouraï jamais livrée, et entrera dans l’histoire. Il a pour nom Sekigahara.

Au crépuscule, l’état-major de l’alliance se déchire au sujet de la ligne stratégique à conduire. Le bouillant Yoshihiro, vénérable Daimyô du Han Shimazu, redoutable adversaire séculaire de tout pouvoir central nippon, préconise un furieux assaut immédiat, à la faveur de la nuit, qui ne laissera pas à l’ennemi le temps de recouvrer ses forces et d’organiser ses défenses. Cette option est finalement écartée au profit d’une tactique défensive qui conserve à l’Armée de l’Ouest un avantage du terrain déjà acquis, celle-ci occupant les hauteurs.
Lorsque les troupes Tokugawa se seront avancées dans la vallée, les contingents du clan Mori déboucheront des issues orientales pour refermer la nasse et anéantir l’adversaire ainsi pris au piège.
Sur les flancs des collines, les guerriers dressent des palissades et observent les myriades de flambeaux en contrebas qui éclairent la marche de l’Armée de l’Est.

Le jour se lève enfin sur un champ de bataille détrempé par une pluie battante. Sous l’effet des premiers rayons du soleil, une épaisse brume de terre s’élève, masquant les positions respectives des deux camps.
A l’aube, des escadrons de cavalerie des deux avant-gardes entrent en contact. Les brèves escarmouches se dispersent dans le brouillard. Quand celui-ci se dissipe, deux formidables armées se font face.
Les forces en présence sont équivalentes: 74 000 hommes pour Tokugawa, 82 000 pour l'armée de l'Ouest.

Les diables rouges d’Ii Naomasa, troupes de choc des Tokugawa revêtus d’armures écarlates, lancent une charge fulgurante qui se brise contre les avant-postes des Shimazu au Nord. Au centre, une marée hurlante de Samouraï arborant la bannière de Fukushima Masanori prend d’assaut les contreforts tenus par les loyalistes des clans Ukita et Konishi, aux ordres du seigneur chrétien Yukinaga. Quant au Sud, occupé par les Shima et les Gamo, il voit déferler les bataillons de Kuroda Nagamasa et Hosokawa Tadaoki, deux fidèles capitaines de Ieyasu. Le second a une bonne raison de laisser libre cour à sa rage : Quelques jours auparavant, son épouse, Gracia, une japonaise baptisée, s’est donnée la mort en se précipitant dans les flammes de sa propre demeure à Osaka, alors que les hommes d’Ishida tentaient de la prendre en otage afin de faire plier le Daimyô des Hosokawa. Il en allait souvent ainsi à cette époque tourmentée.

Pendant ce temps, de l’autre côté du Mont Nangu, une éminence qui ferme l’accès Ouest à la plaine, les troupes du Han Mori marquent le pas et tardent à faire mouvement. Au cours de la matinée, les défenses loyalistes tiennent bon. Les forces des Tokugawa ne parviennent pas à ouvrir une brèche dans le dispositif fortifié ennemi. Ieyasu, qui garde la mainmise sur un imposant corps de 30 000 hommes, n’ose pas engager ces réserves tactiques pour tenter d’infléchir la situation. Il jette des regards angoissés et dubitatifs vers les collines au Sud, où les armées du jeune Kobayakawa Hideaki demeurent l’arme au pied.

Nul ne sait encore que le seigneur des Kobayakawa a secrètement juré allégeance à Ieyasu, et lui a promis de rallié sa bannière au signal convenu. Mais devant l’incapacité des Tokugawa à prendre un avantage décisif, Hideaki, tout juste âgé de 19 ans, est déchiré par le doute : Et s’il avait misé sur le mauvais parti ? Si Ieyasu était vaincu, qu’adviendrait-il de lui ?
« A félon, un sermon n’est rien », dit l’adage. Sans doute est-ce la formule que le suzerain des Tokugawa rumine alors rageusement.

A cette heure, Ukita Hideie informe le commandant en chef de l’Armée de l’Ouest que ses troupes sont en formation pour lancer une contre-offensive susceptible de changer le cours de la confrontation. Ishida fait prévenir ses autres alliés : il souhaite un assaut général sur toute la ligne de front.
Las, la division fait à nouveau sa besogne de sape. Le fier Shimazu, blessé dans son orgueil d’avoir vu sa recommandation stratégique écartée la veille au soir, refuse d’obéir aux ordres et campe sur ses positions au Nord. Kobayakawa fait la sourde oreille, et pour cause ! Quant aux Mori, censés refermer la tenaille à l’Est, ils ne donnent aucun signe d’être disposés à se battre.
Il est midi, le soleil est haut, la bataille fait rage depuis déjà quatre heures. Ishida Mitsunari perd l’initiative et laisse passer sa chance de l’emporter. C’est le tournant de la journée.

Ieyasu sent alors le vent tourner. Sa remarquable acuité lui permet de saisir dans l’indécision de ses adversaires la formidable opportunité qui s’offre à lui. Il fait enfin donner ses nombreuses réserves, et ouvrir le feu à un détachement d’arquebusiers sur les rangs du jeune seigneur Hideaki, le pressant ainsi de tenir parole.
Aiguillonné par la vaste manœuvre des armées Tokugawa, Kobayakawa engage bientôt le combat contre le flanc droit de l’Armée de l’Ouest. L’alliance a vécu. Le traître et ses 20 000 partisans fondent sur le contingent encerclé du clan Otani. Celui-ci est littéralement taillé en pièces. Assistant impuissant au massacre de ses valeureux guerriers par les félons, leur brave Daimyô Yoshitsugu, opiniâtre lépreux venu en palanquin, ordonne à l’un de ses lieutenants de lui trancher la tête au terme de son seppuku, de sorte que celle-ci ne tombe pas aux mains de l’ennemi. Celui-ci s’exécute. Le chef du vaillant Otani ne sera jamais retrouvé. Peut-être gît-il toujours sous cette terre de gloire et de carnage.

En une heure, les lignes cèdent et sont enfoncées de toutes parts. Au Sud, le véritable feu roulant des transfuges aux ordres de Kobayakawa gagne sur le centre, tenu par Ukita et Konishi qui résistent encore.
Au Nord, après la mort au combat de leur commandant en second, les Shimazu s’efforcent de se replier, abandonnant à leur sort les capitaines du clan Toyotomi, les prestigieux généraux du défunt Taïko Hideyoshi. Pris sous le feu nourri des Kuroda, des Hosokawa et des Ii, les corps loyalistes subissent des pertes effroyables.
A l’autre bout du champ de bataille, il est trop tard pour que les Mori ouvrent un second front à l’arrière : leur marche est entravée par une nouvelle défection, celle de la famille Kikkawa.

A compter de la seconde heure de l’après-midi, la défaite des armes tournent à la déroute complète pour l’Armée de l’Ouest menacés dès lors d’anéantissement total.
Seules les forces des clans Ishida et Konishi réussissent à faire retraite en bon ordre, tandis que les autres alliés se dispersent et fuient en direction des montagnes, tentant d’emboîter le pas des bataillons qui maintiennent tant bien que mal un semblant de formation.
Hokkoku Kaïdo, la grande route du Nord, est encombrée de fuyards aux abois, pourchassés par les cavaliers Tokugawa qui fauchent les têtes comme du blé mûr.
Ieyasu peut savourer sa victoire écrasante. Il est maître du terrain, et régnera avant peu sur le Japon tout entier.

Au soir du 21 octobre, tout est consommé. Des milliers de cadavres cuirassés jonchent la plaine. Les fidèles vassaux du vainqueur rejoignent en majesté la tente de commandement. Kuroda Nagamasa, à qui Ieyasu attribuera le plus grand mérite, mène la cohorte. Le félon Kobayakawa Hideaki, sombre et silencieux, les rejoint en cours de soirée.
Devant cette assemblée redoutable défilent des centaines de têtes tranchées, macabres trophées arrachés à l’ennemi selon la cruelle coutume des guerriers Samouraï. Enfin Hidetada, le fils du suzerain des Tokugawa, retenu inopportunément au siège du château d’Ueda, retrouve son père à la mine sévère. Le dernier acte s’est joué sans lui et ses troupes. Ieyasu ne lui pardonnera cette faute, qui aurait pu conduire le clan à sa perte et ruiner tous ses efforts, que bien des années plus tard.

Les pertes sont très lourdes de part et d’autre : le combat fût des plus sanglants. Sekigahara consacre néanmoins l’habileté politique et militaire de Tokugawa Ieyasu. Les partisans de Hideyori, l’héritier de Toyotomi Hideyoshi, sont tués ou défaits, égayés aux quatre vents tels des fugitifs, leurs familles saignées à blanc et bientôt accablées de taxes shogunales qui leur ôteront toute velléité de nouvelle rébellion.
Quelques mois après, celui qui détient désormais le pouvoir suprême redistribue les cartes, privant ses impudents adversaires d’hier de leurs fiefs prospères pour les offrir en gage de gratitude à ses plus loyaux capitaines.

Allez, j'vous sert quoi après ces souffles épiques?

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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mer 11 Mai - 10:43

Atta faut que je lise tt pour me culturer sur le japon médiéval ! Plus sérieusement, si tu pouvais nous faire l'indépendance italienne... ca m'a toujours fasciné ce truc.
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mer 11 Mai - 10:57

Loeayn a écrit:
Atta faut que je lise tt pour me culturer sur le japon médiéval ! Plus sérieusement, si tu pouvais nous faire l'indépendance italienne... ca m'a toujours fasciné ce truc.

Euh... y'a eu des grandes batailles pour l'Indépendance Italienne???? Ah vi, Solferino et Magenta... bon, vais voir ça! :rock:

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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mer 11 Mai - 20:52

Loeayn a écrit:
si tu pouvais nous faire l'indépendance italienne... ca m'a toujours fasciné ce truc.

Garibaldi, Victor-Emmanuel... l'unification de l'Italie c'était le sujet que j'ai du répondre oralement à mon BEPC... 16/20 j'ai eu...
L'indépendance ? Ben c'était la même période non ? C'est Napoléon III qu'il a donné un coup de main et qu'il a eu la Savoie ?
L'Italie était sous la botte autrichienne... enfin l'état italien de l'époque... plusieurs états italiens ?
Et j'ai eu 16/20 à mon examen d'Histoire ? C'est loin tout ça...

Mon BEPC je l'ai loupé...


Dernière édition par le Mer 11 Mai - 21:05, édité 1 fois
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Bruno
Colle O'Neill saoûla ta bleue...
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MessageSujet: Re: Les Grandes batailles.   Mer 11 Mai - 21:01

La bataille de Marignan... vendredi 13 octobre 1515... enfin je suis à peu prés presque sûr que c'était un 13, un vendredi peut-être aussi, en octobre ou en novembre, ou un autre mois... l'année c'est pas un problème...
C'est aprés cette bataille que les suisses décidèrent d'opter pour la neutralité... et ils tiennent le coup... sur les champs de bataille, en tant que combattants... sinon ils savent faire des affaires en temps de guerre...
Ils ont pris la pâtée, seulement ils étaient pas tous là puisque François Ier avait offert de l'argent à quelques cantons pour qu'ils ne viennent pas...
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