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 Série nohilryenne - Les horizons.

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Loeayn
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MessageSujet: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 21:34

Bon, alors ce sont des nouvelles qui sont l'accompagnement d'un bouquin donc pas de peur si vous ne voyez pas tout au 28ième degré...

--- --- --- --- --- --- ---

Le passage, à l’horizon

La mer était observée. Un homme la fixait. Assis en tailleur, au bord d’une falaise. Ses courts cheveux noirs volaient au vent, qui venait de la mer bleu sombre, parsemée d’écumes blanches. Il passa un long moment à fixer l’éternité impétueuse.
Il leva son ossature lourde et puissante. Carré était le mot pour décrire cet homme trapu, nappé d’un léger embonpoint. Il tourna le dos à la mer et se dirigea vers le fond de cette cour à trois côtés pour emprunter un escalier qui serpentait sur un mur vertical. Mais l’homme semblait en avoir l’habitude. Peu après, il bifurqua sur une passerelle de pierre, menant à l’intérieur de ce qui semblait être la falaise, mai qui était en réalité un château. Bâti sur la falaise, Castel Hybrias était immense. Haut et large, c’était à la fois une forteresse et un palais. Toutes les tours étaient recourbées comme des serres sur le dôme, au centre du château. Il traversa un dédale de couloirs, lorsqu’un homme l’interpella.
« Seigneur Nigel ! »
Se retournant, Nigel aperçut Heiler, le garde qui l’avait interpellé, qui trottinait derrière lui. D’une voix ferme et douce, il répondit :
« Laisse moi deviner… On m’attend en salle d’audience. L’ambassadeur de je-ne-sais-plus-quoi.
-Exactement sire, l’ambassadeur du royaume nordique de Thulé.
-Faites le patienter quelques instants. Servez-lui à boire et à manger, j’arrive. »
Le garde partit, toujours trottinant. Nigel, quant à lui, retourna son visage vers sa direction première, émettant un soupir.
« Ah, les responsabilités ! » Heureusement son fils aîné Haraniel lui succèderait dans peu de temps, et il n’aurait plus à recevoir les ambassadeurs orgueilleux et patriotes. Il aurait le temps pour s’adonner à des loisirs. Mais il était encore seigneur de la contrée. Se ressaisissant, il pressa le pas, se changea et attrapa une miche de pain aux lardons, dont il déchira la moitié, qu’il mangea sur le chemin de la salle d’audience.
Il avait revêtu des vêtements simples : tunique de lin brune, braies de la même couleur et ceinture en cuir bouclée de cuivre rutilant. Le seul attribut de son pouvoir était l’anneau ducal de la famille des Mercoeur.
Il se glissa par une porte latérale dans la salle d’audience, passa sa main sur sa bouche (pas de miettes), et se redit visibles aux yeux de tous, en soulevant la tenture.
Il prit son temps pour s’asseoir sur son trône de bois sombre et sobre. L’ambassadeur le toisait. D’un regard en coin, Nigel fit de même. Un loup du nord, trop arrogant. Des vêtements blancs et gris, un manteau de fourrure d’ours polaire. Des bagues d’argent à ses doigts. Il regardait Nigel avec dédain. Encore un vaniteux trop soucieux de l’apparat.
Décidément, le vieux roi n’aimait pas les courbettes. Trop superficielles. Il préférait les vraies rencontres et les vrais sentiments. Pas ces opportunistes, ces crocs de loups cachés derrière des sourires blancs et avenants.
« Bonjour. Déclinez votre identité et le motif de votre venue. »
Il vit le sourire s’effacer devant la franchise de ces paroles : Nigel ne portait aucune attention aux émissaires qu’on lui envoyait, qu’il jugeait inutiles.
Le sourire revint vite, mais les yeux étaient chargés de colère.
« Je parle au nom de Laoifr, seigneur suzerain de Thulé. Je viens apporter un message.
-Tu n’as pas répondu à ma première question. Quel est ton nom ? »
Cette fois-ci, le visage du loup s’empourpra. « Ce vieux roi pense qu’il a le droit de m’insulter ? pensa l’émissaire. Très bien, donnons lui le change. »
« Mon nom est Virjius. Mais ceci n’influe en rien sur l’échange que mon seigneur souhaite passer avec vous.
-Je pense, Virjius, qu’au contraire, cela a bien plus d’importance. C’est vous qui agissez ici et pas votre roi Laoifr. J’aime connaître las gens avec qui je traite. Et comme c’est la première fois que je vous vois, Virjius de Thulé, veuillez répondre à mes questions. Quelles sont vos motivations, vos buts, ce que vous désireriez atteindre ?
-Eh bien, Monseigneur, …, dit Virjius, outré mais flairant le piège, ce qui me fait me mouvoir est … la grandeur de mon pays ! »
Nigel sourit. Il avait senti le vide et l’ambition, l’avidité de pouvoir de l’homme. S’il avait pu détrôner Laoifr de Thulé, Virjius l’aurait déjà fait.
« Bon, je vais cesser de vous importuner et de vous malmener. Je suis peut-être un peu rude, mais je n’en suis pas pour autant méchant. »
Le loup sauvage avait pris une leçon de savoir-vivre. L’émissaire inclina la tête. Il avait compris que ses ambitions étaient déplacées ici, dans ce lieu ou il fallait rester simple.
« Maintenant, s’il vous plaît, veuillez me transmettre le message de Laoifr de Thulé.
-Le seigneur suzerain Laoifr, fils d’Herikk le Pourpre, à la tête du royaume de Thulé, vous fait savoir qu’il souhaiterait entretenir des relations plus poussées avec vous.
-Autrement dit échange culturel, commerce et tout ce qui s’ensuit. N’est-ce pas ?
-Exactement. En gage de sa bonne volonté, mon Seigneur vous fait ces présents. »
Il frappa des mains, le sourire aux lèvres, et ses serviteurs apportèrent une grande caisse contenant fourrures, graisse d’ours, et une parure de combat complète de soldat de Thulé, de facture royale : une cotte de mailles courte, un casque surmonté de cinq cornes travaillées, dont les gravures s’entrelaçaient parfois pour former des runes majestueuses, une ceinture, une épée repoussée de fils de métal rouge (de l’or rouge ?) dans un fourreau de bois clair et de velours, et enfin une petite hache à double tranchant ornée du symbole de la Famille de Mercoeur et de celui de Thulé. Un coffre doublé de tissu moiré et rembourré fut également apporté devant Nigel, contenant un masque de bois fin, qui recouvrait tout le visage, à l’exception de la bouche. Les yeux de cristal bleuté, transparents, semblaient regarder très loin (comme perdus dans le vague) en pleurant des larmes dont on voyait la coulée.
« Voici un des trésors du Royaume qui vous est offert, que nous gardons depuis des générations. Ce masque est la dernière œuvre d’Oranmore, l’Archimage. »
Les yeux de Nigel d’écarquillèrent.
« Oranmore, pansa-t-il. Les seul sorcier qui osa porte le titre d’Archimage. Où diable ont-ils acquis ce masque ? »
« Moi, Nigel, roi de Mercoeur, roi suzerain de la presqu’île de Mercoeur, accepte ces présents et déclare prendre votre demande en considération. Vous serez mon hôte, car je vous garde comme émissaire du Royaume de Thulé, jusqu’à votre mort. Heiler, menez Virjius de Thulé à ses appartements. »
En entendant la formule d’usage, le loup s’inclina respectueusement. Puis il se retira.
Puis toute la matinée, Virjius entreprit audience sur audience, et rassembla ses conseillers. Le Muhazzin sonna l’heure du repas de la mi-journée au début de la réunion. La plupart des conseillers émirent un grognement d’insatisfaction quant au dérangement de leurs habitudes alimentaire, mais la réunion se poursuivit et se termina une heure après.
Nigel, provisoirement délivré de ses obligations, se mit à table avec empressement, seul.

A la fin de cette journée comme les autres, Nigel examina la livrée d’armes de Thulé. Excellente qualité, jugea-t il. De même que les fourrures, et tous les autres présents.
Intrigué, il s’arrêta devant le coffret au masque de bois ambré, presque acajou.
« Une œuvre d’Oranmore ? Comment l’ont ils obtenu ? Ce n’est peut-être pas un véritable-sans doute une imitation. Quoique…»
Il y avait un léger poinçon à l’intérieur du masque.
Cela pouvait être l’original, après tout. Oranmore était mort depuis trois cents ans…le monde avait tourné depuis.
L’enchantement du masque était-il achevé, et si oui, avait-il expiré ? Le plus célèbre des sorciers avait-il échoué ? Nigel, par curiosité comme par réflexe, porta le masque à son visage.
Il s’y épousait parfaitement.
Il y vit quelque chose, à travers les deux lentilles en forme d’amande. Il prit une inspiration afin de regarder cela de tout son être. Un ciel bleu nuit, plein de nuages zébrés d’éclairs. Des falaises acérées, des calanques, des montagnes. Il était au sommet d’un mont noir comme la nuit, dominant le paysage, au milieu d’un cercle de pierres blanches telles les écumes qu’il aimait tant, contrastant avec l’obscurité ambiante. Un vent hurlant le faisait vaciller comme une chandelle dans un courant d’air.
Il y eut quelque chose qui ressemblait au bruit d’une porte qui claque, un éclair qui roule…
Père, Père !
Un son plus long, inaudible, et un coup de tonnerre. Le masque s’abaisse en même temps que l’avant–bras de Nigel.
« Père, Père, racontez moi une histoire ce soir ! »
Son fils benjamin, sept ans, le fixait avec une grande intensité.
« Mon garçon, je vais te raconter une histoire que tu ne connais pas. Elle s’appelle le Conte des Trois Souhaits, lui dit-il en le menant au coin d’un feu. Il était une fois un homme nommé Legin, qui partit chercher un trésor pour s’enrichir, mais aussi pour aller à l’aventure, avec le plaisir du voyage, et finalement il trouva une caverne sombre, remplie de pièges. Enfin, après de longs efforts, il arriva au trésor. Il fut déçu. Ce n’était qu’un anneau de bronze serti de trois petites pierres blanches. Legin le prend tout de même, et comme il le trouve à son goût, il le passe à son doigt. Puis il retourne vers la surface. Mais il s’aperçoit qu’il est perdu : il ne sait pas comment revoir le ciel. Alors, il se demande :
« Comment sortir ? » Puis soudain, il se rappelle : il faut tourner cinq fois à gauche, trois à droite, et ensuite une dernière fois à gauche.
Une fois sorti, Legin, malin, se demande pourquoi un si petit anneau est si bien gardé. Et il s’aperçoit qu’une des pierres, blanches comme du lait, a pourtant viré au noir de la fumée. Il n’en croit pas ses yeux, c’est assurément de la magie ! Il se montre très curieux de savoir comment il a retrouvé le chemin perdu de la sortie, et commence à penser que c’est l’anneau magique qui lui a montré le chemin ou soufflé la réponse.
Alors il retourne en ville, et demande à l’anneau, pour vérifier s’il est bien magique, d’obtenir une grappe de dattes. Sur ce, une charrue passe et laisse tomber … une grappe de dattes. Legin le malin la ramasse et la dévore en un clin d’œil.
-C’est quoi une datte, père ?
-Je ne sais pas exactement, c’est une sorte de fruit il me semble mais je n’en ai jamais vu. Après s’être sustenté, Legin est sûr que ce n’est pas un tour de son esprit : l’anneau a maintenant deux pierres noircies. Alors il saute de joie, et s’écrie :
« Je veux un tas d’or immense pour faire le plus long voyage que j’aie jamais fait ! » Immédiatement, le soleil doré l’éblouit, et il se retrouve assis sur un tas d’or plus haut que deux hommes. La troisième pierre est noircie.
Voyant tout cet or qui brille, cent badauds s’improvisent voleurs en tirant leur couteau de leur ceinture, et foncent sur Legin et son tas d’or, armes en main. »
Le fils attendait, bouche bée, la suite de l’histoire. Mais c’était la fin.
« Comme d’autres histoires, ce conte a un sens. Tu dois comprendre les bases de la morale de cette histoire. Que peux tu me dire ?
-Euh… Il ne faut pas utiliser l’anneau, n’est-ce pas ?
-Ce n’est pas exactement cela. Avoir l’anneau est une chance, mais Legin vivait avant de l’avoir. Il n’est pas indispensable. Mais si un jour tu avais le droit à un souhait magique comme celui que te donne l’anneau, utilise-le sagement et non pour le simple fait de posséder ou d’exercer un pouvoir. Ce conte t’enseigne de ne pas être avide comme Legin. La plupart des gens pensent comme lui. J’ai un ami très sage qui dit : Si les souhaits étaient des poissons, nous jetterions tous des filets. Tu comprends ?
-Bien sûr. Moi, je jetterais un filet, même si ce n’est pas sage. »
Nigel sourit. Cet enfant était vraiment très réceptif.
« Allez , mon grand. Pense à out ça et va te coucher, il est tard.
-Bonne nuit, père. »
Le garçon sortit, laissant le vieux roi pensif.
« Où ai-je bien pu apprendre ce conte ? » Il pensa aux implications profondes de l’histoire, la mauvaise utilisation des vœux, la sincérité des désirs de Legin, et bien d’autres choses.
« Qu’est ce qu’une datte ?
Le masque ? Serait-ce le masque ? »

Le masque accapara ses pensées, matin et soir.

(suite ci-dessous)
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Loeayn
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 21:35

Parfois, il arrivait à Nigel de s’abîmer dans ses pensées, et de se sentir étranger au monde qui l’entourait. Il restait silencieux une minute ou deux, et sortait de cette étrange torpeur en un clin d’œil. Ses conseillers commençaient à croire qu’il perdait la raison. Mais Nigel n’en avait cure. Ses gardes le suivaient de plus près, le guidant lorsqu’il perdait ses repères.
Nigel s’assit au bord de la falaise, comme d’habitude pour se délasser. Mais ce matin-là, quelque chose était différent. Il contempla la mer, et l’horizon si gris…
Une fois de plus, il mit le masque sur son visage.
Il regarda la mer à travers les lentilles cristallines. Le ciel avait pris une étrange teinte bleu nuit. L’horizon bougeait, il avançait vers Nigel. La mer devint noire, et les vagues se transformèrent en montagnes. Le ciel s’assombrit et remonta, attaqué par la morsure des crocs minéraux qui saillaient maintenant, comme la dernière fois.
Nigel tourna la tête. Là, au sommet de la montagne sombre, il n’était pas seul. Une grande créature, comme faite de nœuds, le regardait d’un regard étrange. Il n’avait pas de bras. Derrière lui, s’étendaient de fins … tentacules, ou quelque chose qui y ressemblait beaucoup, en tout cas.
Bienvenue, Nigel de Mercoeur.
« Quoi ? s’écria ce dernier. Qui êtes-vous ? Comment savez-vous mon nom ? »
L’écho seul lui répondit.
Ne parle pas. Ne crie surtout pas, Nigel de Mercoeur. Converse avec ton esprit.
Comme ça ? Nigel était éberlué.
Oui. Nous ne sommes pas seuls. Je suis le Messager. Et je sais votre nom, Nigel de Mercoeur.
Evidemment. Vous prononcez mon nom entier à chaque fois. Nigel haussa les épaules.
Ah oui, j’oubliais cela. Vous autres humains, vous pensez que le nom est cette étiquette que vous vous collez à la naissance. Non, ce n’est qu’un diminutif. Votre véritable identité est autre chose, elle est indicible. Je vais vous dire mon nom véritable, maintenant. Vous ne le retiendrez pas, mais ce n’est pas grave.
Un brusque flux de pensées submergea Nigel de plein fouet. Des sensations, des expériences, qui ne sont pas humaines, pensa-t-il. Ses pensées.
Maintenant tu sais. Celui qui voit et déchiffre, comme toi, ne peut pas comprendre.
Oui. Je peux le lire mais pas le comprendre, car je ne suis pas issu du même horizon.
Nigel eut une sensation brusque. Comme une image qui persistait au fond de ses yeux.
Oranmore. Bien sûr, le masque est un vrai.
Où est-il ?
Ah… Cet autre humain. Il est devenu un passage. Il est devenu à la fois cet endroit et ce qui t’a amené ici, Nigel de Mercoeur.
Est-ce normal que je reçoive peu à peu son nom véritable ?
Oui. Quand les deux parties (Nigel : Le cercle de pierre et le masque !) sont réunies par toi, tu es en osmose avec ‘lui’. Il vit par ‘toi’.
Tout le monde a eu peur du masque, mais pas toi. Tu n’as pas eu peur d’emprunter le passage, à l’horizon. Merci.
Oranmore. J’explore ce monde pour toi. J’irai à l’horizon.
Nigel se leva et fit un pas pour sortir du cercle de pierres blanches.
Quelque chose le retint. Il se retourna lorsqu’un coup de tonnerre éclata. Ce n’était pas le Messager. Nigel, soudain, se souvint.
Adieu.
Adieu, Nigel de Mercoeur.
Son fidèle garde, Heiler, le retenait par l’épaule. C’était une sensation si étrange que Nigel ôta le masque. Ses yeux revinrent au monde normal. La pluie battait son visage, il recula d’un pas.
« Heiler ?
-Oui, sire ?
-Qu’étais-je en train de faire ?
-Vous marchiez vers la mer. Si je ne vous avais pas retenu, vous seriez la pâture des sardines.
-Dis-moi, Heiler, combien de temps suis-je resté ici ?
Trente minutes, ou peut-être quarante, répondit le garde du corps.
-Alors dis-moi, pourquoi le ciel a-t-il pris cette teinte ? »
Heiler contempla les nuages bleu nuit, abasourdi. Un éclair craqua.
« Je ne sais pas, sûrement de la … magie, dit-il, et il réprima un frisson.
-Oui, sûrement. Regarde, ça va passer, l’horizon est clair. »
Une vingtaine de minutes plus tard, les nuées étaient redevenues grises.

Nigel banquetait avec des notables du pays. De bons bougres, honnêtes et joyeux.
« Mes amis, annonça-il d’une vox tonitruante, j’ai quelque chose à vous dire. »
L’assemblée se tut. Nigel de Mercoeur était debout, et semblait préoccupé.

« Ce que je vais vous dire risque de changer la vie entière de notre royaume. Il y a quelques temps, j’ai reçu la visite de quelqu’un. »
Des murmures, dans la foule.
« Cette personne, aujourd’hui présente, mérite tous les honneurs car j’accepte l’alliance avec Laoifr de Thulé, grâce à son ambassadeur Virjius ! »
De la main, il désigna le jeune loup qui sourit et s’inclina. D’un bref discours, l’ambassadeur expliqua ce qu’était réellement le royaume de Thulé, remerciant Nigel pour sa confiance. Il fut applaudi à tout rompre et devint le centre de la soirée.
Nigel en profita pour s’éclipser discrètement, laissant son sénéchal à sa place. Le vieux roi se sentait fatigué, comme …
Comme s’il avait traversé les mondes.
Il dormit bien trop vite, d’un sommeil sans rêve.
Au petit matin, on entendit une oraison funèbre du Muhazzin.Les trois fils Mercoeur étaient debout : Araniel, seize ans, Ezekiel, douze ans et le petit dernier, sept ans, à qui son père racontait des histoires il y avait quelques jours de cela. Pourquoi les avait-on convoqués ainsi ? Les deux aînés étaient tendus, l’air grave. Le benjamin, quant à lui, ne cessait de leur répéter « Attendez encore un peu, Père va venir ! »
Mais eux ne semblaient pas faire attention à cela, ou alors leur regard semblait plongé dans le vide.
Peu après, Nigel arriva, las, mais moins exténué que la veille.
« Désolé du retard. Bon, j’ai beaucoup de choses à vous dire. Premièrement, Ezékiel, tu partiras en Thulé. Le prince de ce pays a le même âge que toi. Tu reviendras ici avec lui dans un an et lui aussi restera une ici, afin qu’il voie notre royaume et notre manière de gouverner. Tu pars dans une semaine, avec l’ambassadeur Virjius. Deuxièmement, Haraniel, j’ai fait venir un tuteur supplémentaire pour toi. Il vient de Lutghen, et il y a servi le Tyran actuel comme mage personnel. Troisièmement, j’ai appelé un autre tuteur pour toi, mon ‘petit fils’ : il vient des bois, et s’appelle Tandkor . Dernièrement, je souhaiterais vous annoncer une tragique nouvelle : le chambellan est mort cette nuit. Haraniel, je te laisse prendre les dispositions nécessaires. Une objection ? »
Les trois fils ne dirent rien. Haraniel se retira. Puis, le petit dernier prit son courage à deux mains :
« J’ai une objection, père.
-Quoi ? La voix était rieuse, comme pleine de soleil.
-Arrêtez de m’appeler votre ‘petit fils’. J’ai un nom, vous savez.
-Oui, je sais, mais tu dois respecter la coutume, jusqu’à dix ans c’est moi et tes frères qui détenons ton nom.
-Mais…
-C’est comme ça. Autre chose ?
-Je veux une faveur, dit hardiment le gamin après un temps. Une histoire.
-Ah … bien. Ezékiel, je pense que celle là t’intéressera et te plaira aussi. »
Nigel s’assit, et son auditoire fit de même sur le sol.
« C’est la suite de l’histoire de Legin.
-Mais alors, il n’est pas mort ? s’écria le plus jeune.
-Qu’est ce qui lui est arrivé ? Qui est-il ? s’enquit Ezékiel.
-Legin a été attaqué par cent voleurs, parce qu’il était assis sur une montagne d’or. Par miracle, ou par magie, il réussit à fuir. Mais lui même ne sait pas comment il a échappé aux voleurs. Et il fuit, jurant de se venger. Il va au temple et demande à l’oracle : « Je veux pouvoir me venger de mes propres mains. » L’oracle lui répond alors : « Va à la cité perdue, dans le désert. Mets tes mains dans le puits de la plus grande place de la cité, et laisse-les-y une nuit, taillées par ton propre couteau. » Legin marcha pendant une éternité et enfin il arrive à la cité, avec son chameau comme seule compagnie.
-C’est quoi un chat-mot ?
-Un chameau est un animal du désert, qui ne craint pas la soif. Ca ressemble à un cheval, avec deux bosses sur le dos. Donc, il arrive dans la cité et cherche la Grand-Place, et place ses mains dans l’obscurité du puits après les avoir soigneusement ouvertes avec son couteau. Il sent le sang quitter son corps. Il attend la nuit, et les serpents se réveillent. Ils montent sur les poignets de Legin, tremblant. De leur langue fourchue, ils lèchent maintenant les plaies du rusé Legin, qui entend leurs sifflements. Il a très, très peur. Parfois, il sent l’ivoire de leurs crocs lui frôler la peau. Au petit matin, il vit toujours. Ses plaies ont disparu. Il ramasse la bride de son chameau mais … rien. La bide a disparu sous ses doigts .Il tente de monter sur son chameau, s’accroche à son cou, mais le chameau lui aussi disparaît. Alors il se rend compte que ce sont ses mains qui font tout disparaître, et Legin le rusé songe : « Quelle arme ! » Mais il n’a plus de chameau. Il ne peut plus se saisir de son outre d’eau. Il n’a plus rien, sauf sa vengeance. Par miracle, son désir de revanche le guidant, il retourne jusqu’à son point de départ. Il retourne chez lui, affamé, et se saisit d’une grappe de dattes. Elle disparaît sous ses mains. Alors, il se nourrit comme un animal, et, une fois ce festin fini, il va au fleuve, pour boire, toujours comme un animal. Et il se vengea. Un à un, il alla voir les cent voleurs, et un par un, il les fit souffrir pour accomplir sa némésis. Une fois ceci achevé, il ne restait plus rien à Legin, sauf son pouvoir fort encombrant qui n’avait plus aucune raison d’être. Désespéré, il retourna consulter l’oracle, qui lui dit : « pour te désarmer de ce qui t’a été donner contre le sacrifice de certaines choses, demande ton pardon et donne à sacrifier encore et encore. » Legin donna toute ses possessions au temple, et le pouvoir disparut. Legin n’avait plus rien. Alors il partit dans le désert, et ne revint pas. »
Un grand silence planait. Ezékiel réfléchissait, et son frère semblait assommé et stupéfait.
« Il existe une troisième partie ? demanda-t-il ?
-S’il en existe une, elle ne m’a jamais été contée.
-Une bonne histoire. Pleine de bons sens, à mon avis1.
-Oui. C’est la juste suite de l’histoire de Legin. Je ne pense pas que son histoire continue. Même si c’est un conte, Legin est un homme. Il n’a pas neuf vies. Mes enfants, je vais vous laisser, j’ai pris trop de retard. »
Nigel sortit et se dirigea à grands pas vers la salle d’audience.

Il reprit sa routine quotidienne de seigneur de la presqu’île de Mercoeur. Audiences, jugements, réunions avec ses conseillers. Vint un soir où il s’enferma dans sa chambre. Il retira la clef de la serrure. Le matin, sa chambre était vide. Toujours fermée, mais Nigel n’était nulle part.

Une stèle fut érigée en son honneur, au sommet d’un tertre fleuri. Elle narrait l’histoire de la vie de Nigel, puis apparaissait le seul texte qu’il ai t jamais laissé :
« Si je viens à disparaître, je veux qu’Haraniel de Mercoeur, mon fils, règne à son tour. Je souhaite également qu’Ezékiel et son petit frère deviennent importants au sein de notre monde. Que Mercoeur soit prospère, et que jamais il n’oublie le nom de ses rois Adieu. »

Le garçon avait fini de lire la stèle.
« J’aurais tant aimé que tu m’appelles par mon prénom, père. »
Ezékiel, lui aussi, avait fini de se recueillir. Il partit, et rejoignit le cortège de Virjius. Le garçon, peu après, redescendit du tertre fleuri, se souvenant des histoires de son père, comme si son esprit les lui chuchotait à l’oreille.

Nigel avait pris sa plume avec détermination. Ce qu’il allait faire lui faisait peur, mais il devait le faire.
Il pensa : « Oranmore »
Il fit le vide dans ses pensées, et la main écrivit : Oui ?
« Qu’allons nous faire ? »
Fermer le passage.
« Que vais-je devoir faire ? »
Ce masque a été prévu pour un voyage unique. Si tu sors du cercle de pierres, tu auras emprunté le passage - d’une manière complète.
« Et qu’adviendra-t-il ? »
Je ne sais pas, Nigel. Même si ce que nous appelons ‘magie’ est une science, quand nous en repoussons les limites, il est impossible de prédire ce que va arriver.
« Mais j’irais entièrement dans l’autre monde ou pas ? Physiquement je veux dire. »
Si tu sors du cercle de pierres, tu disparaîtras du monde réel.
« Un instant. J’arrive. »

Nigel jeta le papier au feu, en prit un autre et, après avoir fini, le laissa en évidence sur son bureau, se mit debout et mit le masque. Il vit son horizon, pour la dernière fois, se confondre avec l’autre monde. Là-bas, le temps était nuageux mais calme.
Une vague de sensations l’envahit. Le Messager ; il était très amical.
Bonjour, Nigel de Mercoeur.
Salutations. Comme la dernière fois, vous me surprenez.
Désolé. Vous venez enfin voyager dans notre monde.
Je crois, oui. Mais, si vous le voulez bien, nous discuterons de cela dans quelques instants. J’ai un passage à fermer.

Mes fils, je vous laisse. Talriel… pardonne-moi de ne pas t’avoir appelé comme tu le souhaitais, par ton nom. Ecaterina… je n’irai plus pleurer sur ta tombe. Adieu…

Et Nigel de Mercoeur se souvint qu’il contemplait l’horizon, comme sur la falaise, lorsque son pied toucha le sol véritable de l’Autre Monde.


Le passage, à l’horizon - Fin
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 21:55

hihi.. je connaissais déjà moi Mr. Green ...

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 22:00

Ouais mais tu connais pas ce qui vient après... le mets-je maintenant ou plus tard?
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 22:02

Loeayn a écrit:
Ouais mais tu connais pas ce qui vient après... le mets-je maintenant ou plus tard?

bah moi je dis pas non banana

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 22:12

Bon, je la mets maintenant en message en deux ou trois parties parce que c'est encore plus énorme... Calme...

Et les autres vous effrayez pas je sais faire court aussi !

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Le choix d’Akahi

Il faisait sombre dans la taverne où nous buvions. Je buvais pour oublier tout ce qui m'avait emmené jusque là. D'abord mon père, autoritaire, qui ne jurait que par moi : Syrreo par ici, Syrreo par là, c'est Syrreo qui prendra la relève quand je serai vieux, c'est lui qui vendra mes esclaves, oui, c'est lui. Tout ce qu'il m'a imposé ; précepteurs, tuteurs qui venaient le plus souvent d'Amalda pour m'enseigner une foule de choses, je les ai fui. J'ai fui ma mère qui m'étouffait dès que mon père n'était plus là, qui me gavait de pâtisseries comme un fermier caressant le cou d'une oie gloutonne. J'ai fui la rancune de mon frère et de ma sœur, qui me jalousaient ma place privilégiée que je leur aurais volontiers cédée. Eux se sentaient négligés, moi asphyxié.

Un soir de pleine lune, je pris un cheval et je m'en suis fus. Mais pas seul. Akahi me suivit, mais je doute que ce soit notre amitié qui l'ait poussé à faire le même geste que moi. Depuis tout petit pourtant, il a été mon compagnon de jeu. Depuis tout petits, nous avons été ensemble et il m'obéissait depuis ce temps là. Il était tout de même resté assez fidèle pour me suivre, et nous errâmes ensemble.

Nous vécûmes cinq années de plénitude. Nous nous sentîmes libres l'un comme l'autre. Les premiers temps, nous vécûmes la vie sauvage, moi chassant, lui faisant le feu et s'occupant des montures. Mais nous fûmes obligés de trouver un toit plus stable pour affronter le long hiver nohilryen. Comme nous ne souhaitions pas retourner vers Harani et ses douceurs climatiques, nous chevauchâmes au nord. Nous arrivâmes à Lutghen, l'escale des montagnes, et la vente de fourrures d'animaux sauvages qu'Akahi avait tannées nous permit de nous loger sous le toit d'une grange, à même la paille. Cela ne nous dérangeait en aucun cas, mais il nous fallut trouver un moyen de manger. Heureusement, il me restait encore quelques pièces haranianes argentées. Nos talents nous permirent cependant de trouver facilement de quoi survivre et prospérer. Et bientôt nous repartîmes à la découverte de ce vaste monde, aussi libres que le vent. Nous devînmes bien vite des mercenaires au visage connu, et voila que cinq ans après cette évasion de la cité des sables, nous buvions ici, à Amalda, en cette saison ou l'épaisse gangue de neige laisse place au tapis vert du printemps.

La salle, sombre, garantissait la discrétion de la taverne. Deux ou trois piliers de bar buvaient sans discontinuer, entonnant de bruyants refrains paillards. Je sortis de l'alcôve ou Akahi et moi étions afin de remplir nos verres de liqueur de verveine, délice qui n'existait pas dans ma contrée… Le tavernier avait confiance, me connaissant. Il savait que je paierais à mon départ de la ville. En prenant les verres pleins sur le comptoir, j'entendis un sifflement admiratif.
"Eh ben, mon brave, c'est une bien belle breloque que vous avez au doigt !"
Je rentrai la main sous ma cape rapiécée. Mais c'était trop tard, tous avaient remarqué l'anneau familial que je ne quitte jamais.
"Tu veux pas que je te l'emprunte ? Hé, héé, Gloël, tu crois pas qu'on pourrait…
-Ouais, répondit le dénommé Gloël. Ca peut rapporter pas mal, c'est de l'or bien luisant son bijou !
-Ho, pas dans ma taverne, hurla le tavernier. Dehors, si vous voulez, mais pas ici !"
Mais la plupart des regards s'étaient tournés vers moi, brillants de convoitise. Tous avaient entendu le mot "or", des plus sobres aux plus éméchés, et presque tous les habitants de la taverne s'étaient levés tels les cent badauds qui volèrent le tas d'or de Legin . Akahi se leva, vint à mes côtés pour me défendre contre la dizaine d'envieux qui se rapprochaient dangereusement. Arrivé au comptoir, il but sa liqueur d'un trait, fit craquer ses poings et la rixe commença. La suite se déroula de manière confuse, et nous nous battîmes, renversant plusieurs tables, écrasant nos poings sur la chair de nos adversaires, nous débattant du mieux possible. Je reçus un coup de poing à la tempe qui m'étourdit légèrement, mais pas assez pour me faire arrêter le combat. Un à un, ils s'enfuirent, laissant derrière eux leurs pensées malhonnêtes.

Nous remîmes en place tables et chaises et je commandai à nouveau deux alcools. L'aubergiste me demanda alors de régler mon ardoise et j'obtempérai, bien conscient que la taverne de la Dame aux Loups était une des seules bonnes enseignes où l'on m'acceptait encore. Akahi et moi nous rassîmes. Il se massa les côtes, qu'il me dit sentir endolories par un coup de pied. Nous reprîmes notre jeu de cartes et nous jouions depuis quelques minutes lorsque deux personnes vinrent s'asseoir en face de nous. Excédés, nous levâmes la tête. Deux hommes nous regardaient fixement, encapuchonnés de haillons gris. Il me semblait voir une lueur vermillon comme une braise flotter au-devant de chacun de leurs yeux. L'un semblait très jeune, un collier de barbe blonde sur son visage carré, et l'autre semblait avoir trente ans de plus, arborant rides et barbe de gravier et de neige .

La voix de mes précepteurs refaisait surface pendant que les mots sortaient de leur bouche. Des robes grises, des yeux rouges… ce ne pouvait tout de même pas être la légendaire Confrérie de la Lune Grise ! Je devais pourtant me fier à tous les signes qui étaient plus qu'évidents. Les paroles du jeune homme confirmaient mes dires, et je ne pouvais en croire mes sens.
"Nous vous avons vus vous battre. Pas mal. Mon maître et moi sommes unanimes sur votre compétence. Trêve de bavardages, venons-en au faits, nous ne voudrions pas vous interrompre trop longtemps. Nous avons besoin de bras. Nos autres frères sont en mission un peu partout, et nous vous offrons donc un contrat.
-Combien, quoi ? Quand ? le coupai-je."
Le mage âgé toussa.
"Combien… trois chevaux en bon état. Des percherons. Et quoi…Vous allez voler un rapport fiscal dans l'Office du Commerce. Demain soir.
-Un ennui avec la justice, hein? Attendez un instant que j'en discute avec mon associé."
J'approchai ma bouche de l'oreille d'Akahi :
"Alors ? Tenté ?
-Ca me parait louche, Syrreo.
-C'est tout de même la Confrérie de la Lune Grise, tu te rends compte? On dit qu'ils ont plus de pouvoir que l'état d'Amalda tout entier !
-C'est justement ça qui est louche. S'ils sont si puissants, pourquoi nous demandent-ils ça, à nous ? Et puis j'ai un mauvais pressentiment. J'ai l'impression qu'il ment.
-Mais ils manquent de bras, ils viennent de le dire ! Et puis, trois percherons quand même… Ca changerait des deux cagnes que nous avons. On pourrait en tirer un bon prix et garder le dernier pour porter tout notre matériel !
-Bon, si tu le dis. Mais je te préviens, je ne sens rien de bon pour ce coup là."
Les deux mages parlaient ensemble comme si de rien n'était. Une fois que je me fus retourné vers eux, ils cessèrent immédiatement leurs bavardages pour adopter une attitude attentive.
"Nous acceptons, à une seule condition : un cheval, et le reste après. Nous voulons les voir avant, également.
-Bien. Rendez-vous demain, ici, à la tombée de la nuit."
Nous profitâmes de la journée suivant pour trouver acquéreur pour nos vieux canassons et acheter des rations. Nous voulions voir la mer grise et émeraude à Castel Hybrias, patrie de Nigel, père du roi actuel, Araniel. Je me souvins tout à coup que mon père avait acheté un tas de choses étranges à un marchand venant de Castel Hybrias. Je me doutais bien que ma perception des choses était limitée alors, et que je trouverais cela certainement moins étrange maintenant que j'avais quitté le nid familial et voyagé au gré de mes envies, c'est-à-dire loin.

Nous triquâmes une dernière fois avec l'aubergiste qui nous offrit une flasque d'eau-de-vie aux baies de genièvre. Je luttai contre une envie de boire cinq ou six verres… avant les missions, j'étais toujours tendu comme un acteur avant de rentrer sur la scène. Les deux mages arrivèrent peu après la tombée de la nuit, comme ils l'avaient promis. Ils nous montrèrent les trois chevaux qui nous étaient promis. Ils étaient splendides. Akahi lesta le premier avec nos affaires, et le ramena à l'auberge. Je vérifiai tout ce qui me passait par la tête : tous mes couteaux, mes deux épées de duel et même les coutures de mes vêtements.

L'Office du Commerce n'était pas loin. Les rues d’Amalda étaient comme toujours calmes et silencieuses. Akahi restait sur ses gardes, et pourtant je ne voyais rien qui puisse sembler dangereux. Du moins pensai-je ainsi jusqu’à ce que nous nous retrouvions dans une longue impasse. Me retournant, je vis six personnes, dont les deux mages qui nous avaient accosté, les armes au poing.
« Je t’avais dit que c’était louche, grommela Akahi. »
Ignorant sa remarque, je posai la main sur la garde de mon épée pour dégainer, je… c’était comme si arme et fourreau étaient soudés. Je tirai un des couteaux cachés dans les étuis en cuir de ma botte droite et le lançai. Il décrivit une parabole avant de retomber aux pieds du vieux mage dans un écho sonore. Nous sûmes instantanément que nous avions perdu. J’eus à peine un instant pour me demander « pourquoi ? » avant que nos assaillants ne se ruent sur nous. Je vis Akahi décocher le premier coup de poing, mais il baissa le bras en hurlant de douleur.
Des mages… plus je me trouvais confronté à ces demi-dieux, plus j’avais envie de m’en éloigner.
« Pourquoi ? » me demandai-je encore avant de recevoir un violent coup de pied au plexus. En m’étalant de tout mon long sur le sol froid et humide de la ruelle, je vis… leurs yeux !
Noirs. Noir.

Etrangement, je me réveillai. Ballotté dans une charrette, enchaîné au pied d’Akahi, je me trouvais aux côtés d’un tas de victuailles et de matériel… le mien devait s’y trouver également… Des rumeurs confuses s’élevaient de la colonne de gens qui marchaient derrière nous, mais certains sons me saisirent… Les mots que prononçaient nos ravisseurs semblaient étrangement familiers à nos oreilles. Ils étaient d’une part emprunts d’un accent particulier… celui de la région d’Harani. Et le vocabulaire étrange qu’ils utilisaient, je ne le connaissais que trop bien. Mon père répétait sans cesse les mêmes mots, avait les mêmes préoccupations ; nous étions tombés aux mains d’esclavagistes. Je le murmurai à l’oreille d’Akahi qui hocha la tête… et me répondit dans un soupir.
« Je te l’avais dit. Leurs yeux, regarde-les… ils sont noirs, pas rouges. C’est ça qui me paraissait louche. Comment tu veux que les yeux produisent des flammes sans chaleur ? »
Je dus m’avouer que je n’y avais jamais pensé. Mes pensées s’étaient tout de suite tournées vers la récompense, les trois percherons que nos ravisseurs chevauchaient maintenant.
« T’aurais pas pu le dire avant ?
-Je t’avais prévenu, que ça me semblait bizarre… c’était trop facile. Et maintenant nous sommes réduits à … l’esclavage, dit-il en se renfrognant, blessé par mon agressivité. »
Immédiatement, je me souvins des longues heures que je passai dans mon enfance avec mon père à étudier la législation haraniane de l’esclavage.
« L’esclave est déchu de ses droits civiques, mais les citoyens haranians ne peuvent être déchus que par motion judiciaire. A la mort de son propriétaire, l’esclave devient la propriété comme l’est un héritage. Si aucune disposition particulière n’est prise pour chaque individu, l’esclave est alors affranchi et la cité d’Harani pourra lui fournir un emploi de fonction publique ou bien lui donner quelque nécessaire de survie. » Codex de la Loi d’Harani, Section De l’esclavage.
Je me rappelais de ce fragment comme si je l’avais sous les yeux, comme si mon père me l’expliquait en détail, point par point, m’éclaircissant les implications entre les lignes. Bien peu de choix s’offraient à nous, la seule certitude que j’avais alors, c’était que nous allions vers le sud. Dans le meilleur des cas, mon père ne m’aurait pas déshérité et j’étais donc citoyen, et Akahi ma possession. Mais Harani n’était pas le seul état-cité à autoriser l’esclavage, et mon père avait sans doute mis mon nom au ban de la famille…et dans ces deux cas, je n’étais plus rien qu’un esclave…
S’il était très probable que nous allions vers Harani à en juger par l’accent de nos ravisseurs, il était aussi quasiment certain que je ne faisais plus partie de la grande famille Arajah… Je refusai mon destin et décidai de m’enfuir. Mais le froid du métal sur ma cheville me rappela que je devais aussi emmener mon ami.
Très vite, je repérai mes deux épées enveloppées dans un vieux linge. Je les pris discrètement et en donnai une à Akahi. Puis j’assommai du pommeau le conducteur de la charrette et repris les rênes, les claquant pour faire avancer plus vite les trois chevaux de trait. Comme je faisais dévier l’attelage, mon compagnon d’infortune me cria « Non ! » ; mais je persévérai.
Une clameur s’éleva dans la colonne de futurs esclaves. Des cavaliers s’étaient élancés à notre poursuite tandis que d’autres surveillaient les pauvres hères qui s’étaient tous assis afin de reprendre quelques forces. Nos ennemis manœuvraient autour de la charrette, formant un cercle qui se resserrait. Je compris qu’ils voulaient nous prendre à revers, un de leurs hommes montant sur les planches de l’arrière. J’accélérai, puis donnai un brutal coup de rêne qui dut faire si mal aux chevaux que je sentis leur douleur. Nous sautâmes sur le sol, épée en main, et courûmes. Bientôt nous vîmes qu’ils ne prenaient pas la peine de nous poursuivre, jusqu’à ce que le vieux mage suivi du jeune apparaissent devant nous. Ils descendirent de cheval, tirèrent chacun une épée longue, semblables aux nôtres. A leurs mouvements, je pus voir qu’ils étaient familiers à la pratique de l’escrime tout comme moi, et la garde qu’ils tenaient était parfaite. Cela me fit penser à mon maître d’escrime, sirdar Lohengrin, à ses cours menés à la baguette, de la botte ultime qu’il m’avait apprise. Je ne m’en étais jamais servie que dans le vide. Mais elle allait servir. Estoc au front, descente et taille à l’aine. Le vieillard s’approcha de moi, très souplement pour quelqu’un de son âge. Nous engageâmes le fer en même temps qu’Akahi et le plus jeune. Puis il laissa une ouverture. Je portai l’épée au front, descendis pour parer et trancher. Mais mon poignet et mon coude tombèrent, flasques, comme si les articulations avaient été rompues. Akahi, de son côté, se faisait déborder ; le jeune sorcier passa sur son côté et lui donna un coup de pommeau juste avant de m’en asséner un autre. Je sombrai à nouveau dans l’inconscience.

(pas fin... mais petit *help* : déjà ca s'adresse à ceux qui ont lu Le passage, à l'horizon, à cause de la référence à Legin tout bêtement...

-Une barbe de gravier et de neige : une barbe poivre et sel.
-Le terme ‘sirdar’ désigne un vétéran médaillé ou anobli. )
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 22:15

(SUIIIIIITE)
J’éprouvais de la rancune à son égard ; je savais bien que je ne devrais pas, mais il agissait et décidait à ma place, même si mon sort était inextricablement lié au sien. Dommage qu’ils m’aient séparés de Syrreo, je lui aurais mis mon poing dans la gueule, là où ça aurait fait très mal. Ils m’avaient mis sur un cheval, avec une chaîne au poignet cette fois-ci. J’étais lié au jeune mage, et je supposais que « Maître » était avec le vieux. Maintenant que nous étions séparés, maintenant qu’ils nous avaient ôté toute force commune », nous n’avions plus aucune chance d’échapper à notre terrible destin… je retournais à l’esclavage. Nous perdions cette liberté si chèrement acquise. Je rageais, impuissant et muet, lorsque le mage me dit :
« Fais gaffe aux pattes du canasson. »
A quoi je répondis :
« Vous n’êtes encore qu’un apprenti, hein ? »
Il me regarda d’un air amusé. Son regard brun brillait d’une lueur moqueuse qui signifiait « Et même si c’était le cas, qu’est ce que ça changerait ? » et son rire s’éleva, et il ne sembla pas se préoccuper de moi outre mesure.
Je vis qu’il était un apprenti très vite ; car il faisait souvent quelques petits exercices. Apparemment, il souffrait de perte d’énergie à l’utilisation, défaut non négligeable. Après quelques simples effets, il était essoufflé. Celui qu’il semblait le moins bien réussir était un tour dont le but était d’écarter les deux branches d’un brin de fil de fer plié. L’assemblage tournoyait en l’air, s’agitait furieusement au bout de la cordelette que tenait le jeune homme. Je me pris à rire en voyant ses échecs si répétitifs.
« Qu’est ce que vous comptez faire avec que bout de fil de fer ?
-Je veux y arriver… je vais y arriver…
-Avec les mains, ce serait plus simple.
-Je ne sais pas. Mais, tu sais, me dit-il en se tournant vers moi, haletant, une main est bien plus complexe que tu ne peux l’imaginer. Connais-tu tous les vaisseaux qui véhiculent le sang, tous les tendons qui tiennent os et muscles ? D’autre part, tu sais, la agie n’est pas si compliquée pour ceux qui y ont l’œil.
-C’est toi ou ton maître qui produisait la lueur de vos yeux ?
-C’était sirdar Chaan. Faire dévier les rayons lumineux pour les faire ressembler à des flammes, c’est une prouesse bien difficile, bien trop pour moi.
-Je me suis douté que ce ne pouvaient être de vraies flammes. Elles ne produisaient aucune chaleur et…
-Attends. »
Il m’avait coupé d’un ton net. Il regarda la caravane un long moment, et ne daigna pas reprendre la discussion. Il avait dû se rappeler que nous n’avions pas la même condition, et que par conséquent nous ne devions pas échanger plus qu’il n’en fallait. Il ne me paraissait pas mauvais mais remplissait sa mission jusqu’au bout. A la manière dont il le faisait, on pouvait cependant observer qu’il n’aimait pas l’esclavage. Le fait que je garde le silence l’arrangeait, et je pensai que Syrreo, lui, l’aurait brusqué avec ses manières un peu impulsives.
Je ne vis pas Syrreo à plus de vingt mètres les jours suivants. J’avais toujours la même envie de lui décocher quelque chose à la face… mais il était, comme je l’avais pensé, à côté du vieillard, sur la charrette, les deux poings enserrés dans un carcan de bois relié au joug des chevaux. Le paysage changeait progressivement, pour prendre une allure plus familière. Le jeune mage recommença à parler. J’observais ses exercices et conclus qu’il utilisait principalement le magnétisme du métal, qu’il accentuait ou atténuait. Il ne réussissait toujours pas à dissocier les deux brins sans exercer de torsion qui faisait échouer le procédé. Il utilisait la répulsion, mais mal : il ne répartissait pas la force également entre les deux branches. Je le lui fis remarquer, lui expliquant la similitude de ce tour avec le rapport de force de nos bras.
« Le bras directeur est le plus fort, mais il ne peut rien sans le bras annexe, hein ?
-Oui, on peut dire ça comme ça. Puis-je vous poser une question ?
-Vas-y.
-D’où est ce que les mages tirent l’énergie qui leur permet de plier le monde à leur volonté ? »
Je le vis réfléchir un instant et prendre sa respiration avant de me répondre :
« D’un autre Monde. Notre monde est parallèle à un autre, c’est là où vont les âmes une fois les corps morts. Ce monde est au-delà de la toile de la réalité, et nous autre mages atteignons la limite entre ces deux mondes, l’horizon, à chaque fois que nous utilisons la sorcellerie. Nous piochons dans les réserves infinies de l’Autre Monde, et cela suffit. »
J’étais abasourdi par les révélations qu’il venait de me faire. Je compris ce que voulaient dire les prêtres de Lharara lorsqu’ils officiaient les cérémonies mortuaires.
« Et comment atteindre l’Horizon ?
-C’est là que réside le secret de la magie. Chaque mage a son propre moyen d’y accéder. Mais si une chose est sûre, c’est que c’est l’âme qui canalise l’énergie et la cristallise. Je ne peux pas vraiment t’en dire plus… car moi-même je ne comprends pas encore très bien ce concept. »
Mais moi, j’avais très bien compris. Ce qui vibrait en moi, c’était ma rage et ma rancune. Je pouvais tendre toute mon âme vers ces extrémités et recevoir l’énergie pure. Je décidai de créer de la lumière et… je réussis. Je réussissais toutes les opérations simples : créer un point de pression, du son et de la lumière. J’opérais discrètement afin que mon voisin mage ne pût rien déceler de ma nouvelle force. Je trouvais incroyablement facile de maîtriser les énergies du monde. Mais je n’eus malheureusement pas vraiment le temps d’expérimenter et d’affiner ces nouveaux talents car bientôt nous étions en face de la Cité du Désert.
Harani.

Dès que nous vîmes les caravanes qui s'en éloignaient, je me sus quel allait être notre parcours. Je me dis qu'Akahi ne devait même pas se souvenir de son premier voyage jusqu'ici. Nous étions ensemble depuis que j'avais cinq ans, et il avait beau avoir deux ans de plus que moi, je n'en restais pas moins le maître dans tout ce que nous entreprenions. Pourtant, il se mêlait souvent des choses que j'apprenais, mais son devoir d'esclave l'obligeait à jouer les pages à ma solde, et par conséquent nous n'eûmes pas vraiment la même éducation. Je savais évaluer la valeur de la marchandise – humaine ou non, et lui savait jardiner et entretenir un feu. J'étais doué au duel, lui à la bagarre brutale. Nous étions certes très proches l'un de l'autre, mais nos statuts respectifs creusaient un fossé entre nous. Cette différence, je pense, se lissa avec nos errances partagées, où nous vécûmes comme deux frères.
Comme je me l'étais prédit, nous fûmes comptés et examinés méticuleusement par les gardes de la cité, afin de ne pas laisser de maladie étrangère entrer au sein de la ville. Ensuite, je vis les responsables du convoi traiter avec un petit fonctionnaire au ventre rebondi, ce devait certainement être la taxe sur les marchandises… Et à l'air bougon de nos ravisseurs, je me dis certainement que la taxe avait augmenté.
Mon père m'avait un jour expliqué que le monarque d'Harani récoltait ainsi tant d'or qu'il pouvait se faire construire une maison entière de ce métal précieux. Enfant, je n'avais rien vu d'autre qu'une fantastique montagne de lingots, comme l'aurait pu faire penser cette exagération tout à fait haraniane. Mais une fois les illusions de l'enfance passées, je me disais que les "citoyens" ne méritaient pas d'être appelés ainsi tant ils étaient assujettis à leur dirigeant. Le Monarque pouvait se faire appeler tyran, mais il préférait un nom plus éloigné de la déplaisante réalité…
Chemin faisant, je me rappelai de nombre de souvenirs, nostalgies enfantines qui m'émurent alors que les nouveaux venus murmuraient derrière moi "Regarde cet arbre, bon sang ! Il porte des fruits bien étranges !" en regardant un palmier-dattier. Je me souvins que je jouais avec les autres enfants au pied de ce palmier, et que nous y grimpions pour attraper les fruits qui n'en tombaient pas. Je vis Akahi, l'air renfrogné, et je me mis à penser à autre chose, évaluant les différentes possibilités que nous avions.
Peu après, nous étions sur le marché aux esclaves, tous vêtus du pagne de rigueur (ou dévêtus devrais-je dire) et les passants s'arrachaient les plus beaux ou les plus compétents d'entre nous. Nous vîmes quelques personnes qui nous accompagnaient partir, alors que c'était la criée pour les autres, proposant des prix à enchères… nous n'étions que trop cher et aucune des personnes présentes sur la places n'avait le moyen de s'acheter un esclave aussi compétent que moi, bretteur d'exception, et ayant des connaissances théoriques, parfois vérifiées par l'expérience du terrain.
Puis soudain j'entendis un cri. Oh, ce n'était qu'un cri parmi les autres, mais il avait surgi et sauté à mes oreilles comme un mot que l'on arrive à percevoir dans une cacophonie. Mes yeux balayèrent la place noire de monde, et je ne vis personne. Peu après, je vis une jeune femme aux traits familiers parler au vendeur. Je reçus un choc lorsque j'arrivai à mettre un nom sur le visage. La bouche devait m'en béer tant que le vieux mage me donna une grande claque sur le dos en me disant que je ne devais pas saliver devant ma nouvelle maîtresse, à moins de vouloir devenir eunuque. Le jeune me donna mes affaires, ou du moins il m'en donna une partie essentielle. Elle vint devant moi et me prit dans ses bras. Son odeur n'avait pas changé depuis tout ce temps. Elle embaumait une légère fragrance de santal avec une pointe de fleur du désert.
"Mohira…
-Qu'est ce que tu peux bien faire là? Oh, mais qu'est ce qui t'est arrivé?"
Je sentis des larmes couler sur son visage, puis sur la peau nue de mon épaule.
"Akahi est là aussi ; ne vaudrait-il pas mieux le ramener à la maison aussi ?"
Et elle s'éloigna de moi, essuyant ses larmes pleines de khôl. Elle dit simplement au vieux mage en le hélant : "Hé, je prends aussi l'autre là bas !" tout en montrant Akahi du doigt. Et il lui répondit par un signe de tête approbateur. Akahi reçut ses maigres possessions, et nous partîmes à trois, après que Mohira ait serré mon compagnon dans ses bras comme elle l'avait fait avec moi. En marchant dans les rues, je sentis néanmoins une grande tension qui émanait de mon ami et de notre salvatrice.
"C'est toujours au même endroit? demandai-je.
-Si on veut, oui… répondit ma sœur d'un ton plutôt étrange."
Elle ne pipa mot, trop éberluée pour parler, et nous non plus tant l'épuisement nous gagnait. Nous arrivâmes enfin à la demeure familiale et elle s'arrêta devant la porte.
"Vous savez, certaines choses ont changé et d'autres pas. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée que vous entriez aussi puants et pleins de crasse. Je vous conseille d'aller vous récurer aux bains publics et d'acheter des vêtements moins… voyants…, dit-elle en désignant du doigt nos vieux effets usés par le voyage. Nous discuterons du reste après. Mais la porte vous sera toujours ouverte."
Elle glissa dans ma main et dans celle d'Akahi une poignée de pièces avant de rentrer. Et nous profitâmes de notre retour un peu plus joyeux que prévu à Harani, faisant un long séjour au hammam avant de dévorer des pâtisseries aux dattes pendant que des couturières affairées prenaient nos mesures et confectionnaient nos nouveaux vêtements. A la nuit tombante, propres et vêtus comme des rois, nous nous rendîmes à la propriété. Une servante nous ouvrit la porte et de nos yeux émerveillés, nous vîmes le jardin, qui n'avait presque pas changé. Nous passâmes entre l'allée de sycomores, émerveillés par le passé que nous croyions révolu, qui refaisait surface d'un coup. Nous entrâmes dans le hall, et là encore, la nostalgie me saisit. Mon enfance et mon passé, qui étaient si loin derrière moi, refaisaient surface.

(je hais que citadelle me dise que mon message est trop long, ce n'est pas du flood !)
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 22:17

Il avait l'air d'un enfant qui contemplait des peintures de lui-même petit. Je voyais bien qu'il était noyé par son passé dans cette maison, mais moi aussi. Je me revoyais astiquant les mosaïques murales, le sol dallé, taillant les sycomores. Je le voyais de loin s'amusant avec son frère et sa sœur, alors que je tannais une peau de chameau qui sentait mauvais. Et même après l'errance quasi-fraternelle que nous avions vécue, il avait repris ses marques en un instant, veillant à ce que je sois derrière lui, toujours en position d'être dominé.
Quand j'entrai à sa suite dans le patio ou l'attendait la famille, je ressentis une vague de froid me transpercer. Ce n'était pas l'air nocturne, mais l'attitude distante de tout ce monde qui avait ressenti la disparition de Syrreo comme une bénédiction.
Mohira, la seule à avoir conservé un peu d'humanité, se leva et dit de sa voix douce :
"Tout d'abord, Syrreo, il te faut savoir ce qu'il s'est passé en ton absence, et en premier lieu, que notre père est mort. Juste après ta fuite, il a été assassiné."
Et je compris que même elle, elle lui en voulait presque d'être parti, car la disparition du principal héritier de la famille avait favorisé la déstabilisation. L'élimination du père coupait la tête du lion, ce qui avait dû arranger pas mal de choses pour pas mal de monde. Je vis que Syrreo ne savait plus sur quel pied danser. S'il avait été déshérité, il avait été acheté par sa propre sœur.
Mais avant qu'elle ne continue, j'eus un choc. J'étais libre. Si j'appartenais à son père, il n'avait pu laisser d'acte me concernant… à moins qu'il ait prévu sa mort, ce dont je doutais… Je n'étais plus un esclave. Si Mohira m'affranchissait, j'étais définitivement libre.
"Il a tout de même eu le temps de te désavouer. Mais ne t'inquiète pas, je te rends ta liberté, mon frère et à toi aussi, Akahi. Et si tu reviens ici, tu pourras recouvrir ta citoyenneté. Après la mort de père, Foërun a repris tout ce qu'il pouvait, et a sauvé la famille de la ruine grâce à une alliance fructueuse."
Elle l'avait dit. Je n'appartenais plus à personne, je n'avais plus rien à faire ni à payer. J'étais vierge de tout engagement, enfin.
Je regardais le regard mauvais du frère de Syrreo, qui voyait sa place compromise par l'arrivée de ce dernier. Je n'avais jamais vu Foërun être plus aimable que ne le veut l'usage lorsqu'il s'agissait de son frère. Il le jalousait tant que je me dis un instant qu'il aurait pu insuffler à Syrreo cette idée de fugue pour se retrouver plus aimé, centre de l'attention de toute la famille, à la place de son frère. Bientôt je perdis totalement le fil de la conversation pour me perdre dans des considérations sur mon avenir. Et après ? Que pouvais-je espérer? J'avais vécu le voyage, et j'étais à présent un vieux loup d mer pour n'importe qui m'écoutant plus de dix minutes, je n'avais aucune envie de retourner à ma condition initiale d'esclave, dont j'étais trop heureux d'être délivré.

Plus tard dans la soirée, Mohira nous laissa seuls, Akahi et moi, dans le jardin, au bord du bassin dans lequel nageaient quelques tritons d'ornement. Je n'avais qu'une envie : repartir au plus vite, laisser là tous ces problèmes que créaient mon irruption ici. L'aventure m'appelait, et je ne voulais pas subir plus longtemps la pression des minables sous-entendus de mon frère ni de me couler dans une vie paisible à vendre des esclaves.
"Akahi?
-Oui?
-On repart?
-Non. Je reste, dit-il après un long silence.
-Tu ne peux pas ! NOUS partons. Que tu le veuilles, ou non.
-Je ne suis plus ton chien, Syrreo.
-Mais tu ne l'as jamais été…
-Qui, enfant, s'occupait de réparer les bêtises que tu commettais ? Qui assurait nos revenus en tannant les peaux pendant que Monseigneur Syrreo prenait des décisions irresponsables sans demander son avis à son associé qui avait pourtant un meilleur sens pratique que lui? Dis moi, qui?"
Je restai sans voix. Il se rebellait de sa propre volonté ! Et il continuait sa tirade :
"Tu as agi comme si j'étais ton chien, tout en m'appelant ton ami. Mais maintenant rien de tout cela n'est plus ; je ne t'ai jamais appartenu. J'appartenais à ton père. Souviens-toi du Codex de la Loi d'Harani. Il n'a pas du prendre de décision. Je suis donc libre, tu m'entends, libre ! J'en ai assez !"
Soudain, il tira son coutelas. Il n'avait aucune chance de me battre au duel. Il devait le savoir, mais la fureur devait lui obscurcir la raison. De tous temps j'avais été plus fort. Je souris et tentai vainement de tirer mon épée de son fourreau. Je le regardai, interdit. Il sourit lui aussi et me dit :
"Tu ne pourras plus me battre. Tu as seulement oublié une chose : la magie qui bat dans le cœur de tout homme, cette force qui lui permet de passer outre son destin."
Je ne pouvais plus esquisser un seul geste. Et comme il m'enlaçait de ses deux bras, je sentais la pointe de se lame me percer la peau près de la clavicule. Puis je sentis une chaleur dans mon dos.
Il m'avait dessiné la marque du porteur d'eau, éternel esclave parmi les esclaves. Et il ajouta simplement, avant de disparaître dans la nuit du jardin :
"Adieu."

Le choix d'Akahi - FIN.

(pardon, j'ai déjà vu une faute de copier/coller (un S pas au bon endroit) et pardon pour les fautes que j'ai pas vues...)
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 23:17

Tu m'en veux pas si je lis pas tout tout de suite? *un peu trop fatiguée pour en profiter pleinement woo *

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 23:21

Non, pando, je t'en veux pas... de toute façon, vu le temps que j'ai mis à l'écrire, vaut mieux que tu prennes le temps de le lire...

Avis à la population je ne MORDS PAS ! *part au 5 montagnes*
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 23:31

Ouah! Mon assistant!! *admirative...* *mais fatiguée, aussi...*

Vais me mettre ça de côté, et ce week-end, me lirais ça bien tranquille, dans le cerisier, si il fait beau :rock:
*désolée, hein, j'ai eu 7 h d'exams aujourd'hui....*

*Bonne idée, ça les 5 montagnes...*

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 23:34

Loeayn a écrit:
Non, pando, je t'en veux pas... de toute façon, vu le temps que j'ai mis à l'écrire, vaut mieux que tu prennes le temps de le lire...

Avis à la population je ne MORDS PAS ! *part au 5 montagnes*

Rhooo, mais j'ai jamais dit que tu mordais :tongue: c'est juste que comme les autres nouvelles que t'as postées je les ais lues avec du retard, là je me suis dit que j'allais prévenir d'avance *bon, remarque, en même temps tu t'en fiches peut être hein Laughing *

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 23:40

Disons que je m'en fiches pas vraient mais si tu les lis pas c'est pas la mort... et puis si tu les lis, tant mieux pour toi (une bonne nouvelle fait plaisir, j'espère que les miennes le sont) et pour moi (aurai-je droit à une critique détaillée de votre part à tous?)
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Mer 27 Avr - 23:45

Promis, j'te ferais une critique détaillée... si j'y arrive!
*Précision: je déteste analyser un texte. ça me gavait déjà au lycée, et j'me suis arrangée pour pas avoir à le faire en fac. fin de la précision*

Mais j'ferais un effort, promis....

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 0:16

Pas mal du tout Loeayn !!!!
Quelle imagination !
J'aime beaucoup !
Mj
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 0:23

T'as tout lu?!? Oh merci !

(en plus, un compliment de toi fait assez plaisir, sachant que, je pense, tu ne complimentes vraiment que ce que tu aimes. et les nouvelles de tuor, alors, comment les as tu trouvées?)
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 0:39

Rhôô, il est pas mignon!! Il pense à ses p'tits camarades!!

*rien à voir... Mj, je penserais à t'envoyer le texte sur la naissance de la notion de citoyen d'ici samedi... sionon, tu peut mettre la version que tu as... mais j'crois qu'une plus synthétique, c'est mieux pour le site... bises!! popo *

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 16:45

Kusa : je patiente (avec impatience Bleble )
Je suis actuellement sur un gros truc avec un peu de mal d'ailleurs (l'Atlantide ..je ne sais pas si on en a parlé sur le forum ? sinon je pourrais peut-être demandé quelques avis ?Je vais faire fonctionner le moteur de recherches ...)

Loeyan : Bien sûr j'ai tout lu; au moins ce topic (fuseau) !! Tu en as peut-être placées d'autres alilleurs ?
Quant à mon jugement !! oups !! Il reflète surtout mes cordes sensibles !!
Et l'imaginaire tient chez moi une bonne place !! surtout quand il se marie à des réflexions plus (philosophiques...) J'aime bien les contes que tu introduis régulièrement. Et puis il y a des images fortes comme ces horizons entre les mondes.

Mais ça ne veut pas dire que je n'apprécie pas d'autres textes; je ne donne pas mon avis parce qu'ils me parlent moins , ils ne sont pas dans mon registre émotionnel Pititange
J'ai lu "la souris verte" de Nanou (si je ne me trompe pas ) je l'ai trouvé très bien dans un tout autre genre et j'aime beaucoup son style .
Et je suis loin d'avoir tout lu !!!!!! Tuor m'échappe , je vais bien finir par le trouver ! banana
Mj
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 16:46

Mj a écrit:
Tuor m'échappe , je vais bien finir par le trouver ! banana
Mj

C'est qu'il court vite, le bougre !!!
Mr. Green
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 16:49

Ouais, Mj, tu dis même pas ce que tu penses de mes miens de textes!!! (Bon, ok, ils te parlent p'têt pas....) bouhouhou!

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 16:53

Attends Kusa !! je commence !! Bleble
Je me suis décidée à tout lire !!
Et je viens de voir que je me suis surement plantée !! La souris verte serait D'Az.(Azertipi ?) tête dans le mur
Mj
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 17:57

Désolée, Loeayn, je viens de découvrir ce thread et pas le temps de tout lire là, mais pareil, je me réserve ça pour une heure de tranquillité. J'y reviendrai !

sunny
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Jeu 28 Avr - 22:20

(euh oui Mj l'histoire de souris verte c'est bien d'Az...)

Ayé j'ai tout lu !! c'était long mais j'ai vaincu chevalier ... *hum* alors j'ai bien aimé Le Choix d'Ahaki mais le changement de narrateur ça perturbe la première fois... mais bon après on s'y fait ! pis la fin est bien, vive les rebels banana

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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Ven 29 Avr - 1:17

Je suis bougrement flatté, Mj... Love Pour te répondre plus en profondeur tu regarde dans la catégorie "tous écrivains en prenant les sujets lançés par Tuor...
Au sujet de l'imagination, je crois que ça, c'est dans mes cordes... inventer, rêver et philosopher sont mes passe-temps préférés !
Puis pour le conte, c'est un élange entre ... aladin... et la dure réalité de la vie !

Kusa : ben oui je suis un barbare zen altruiste et redondant !

Nanou : Ben ouais, j'étais parti au départ pour faire un narrateur unique et en fait non, ça n'allait pas... du coup ça complique un peu le texte mais j'ai essayé de faire ressentir le point de vue par l'évocation des noms ou le registre du langage (ouais, akahi a un parlé (ou parler, d'ailleurs) plus léger et moins soutenu que Syrreo. Pour la précision, Syrreo signifie "Premier Sang" (donc l'ainé...), après beaucoup d'essais j'ai trouvé un nom qui me semble concluant. Cherchez aussi à l'article 'Sirdar' dans votre dico et vous aurez une surprise !

Sunny : Ok, ok... j'attends ton avis avec impatience...
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MessageSujet: Re: Série nohilryenne - Les horizons.   Ven 29 Avr - 12:07

Loeayn a écrit:
Cherchez aussi à l'article 'Sirdar' dans votre dico et vous aurez une surprise !

euh je trouve pas calimero

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