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 Poèmes du jour

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sunny
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Sam 25 Mar - 21:12

Merci Marina, il s'agissait bien de celui là ... et même en le relisant après ton explication, encore et encore, je trouve que Victor savait mieux faire ... et heureusement a mieux fait !!!
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Kusanagi
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Lun 27 Mar - 0:33

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s'asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l'enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?

Charles Baudelaire

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Lun 27 Mar - 14:11

Sad silent Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Lun 27 Mar - 14:45

Popo ma Sun... mais Baudelaire, c'est Baudelaire.... lovejap

Allez, une petite visite dans la langue du Grand Siècle.... yeuxpotté

Les embarras de Paris

Qui frappe l'air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ?
Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ?
Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières,
Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ?
J'ai beau sauter du lit, plein de trouble et d'effroi,
Je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi :
L'un miaule en grondant comme un tigre en furie ;
L'autre roule sa voix comme un enfant qui crie.
Ce n'est pas tout encor : les souris et les rats
Semblent, pour m'éveiller, s'entendre avec les chats,
Plus importuns pour moi, durant la nuit obscure,
Que jamais, en plein jour, ne fut l'abbé de Pure.

Tout conspire à la fois à troubler mon repos,
Et je me plains ici du moindre de mes maux :
Car à peine les coqs, commençant leur ramage,
Auront des cris aigus frappé le voisinage
Qu'un affreux serrurier, laborieux Vulcain,
Qu'éveillera bientôt l'ardente soif du gain,
Avec un fer maudit, qu'à grand bruit il apprête,
De cent coups de marteau me va fendre la tête.
J'entends déjà partout les charrettes courir,
Les maçons travailler, les boutiques s'ouvrir :
Tandis que dans les airs mille cloches émues
D'un funèbre concert font retentir les nues ;
Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents,
Pour honorer les morts font mourir les vivants.

Encor je bénirais la bonté souveraine,
Si le ciel à ces maux avait borné ma peine ;
Mais si, seul en mon lit, je peste avec raison,
C'est encor pis vingt fois en quittant la maison ;
En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse
D'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse.
L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé ;
Je vois d'un autre coup mon chapeau renversé.
Là, d'un enterrement la funèbre ordonnance
D'un pas lugubre et lent vers l'église s'avance ;
Et plus loin des laquais l'un l'autre s'agaçants,
Font aboyer les chiens et jurer les passants.
Des paveurs en ce lieu me bouchent le passage ;
Là, je trouve une croix de funeste présage,
Et des couvreurs grimpés au toit d'une maison
En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison.
Là, sur une charrette une poutre branlante
Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente ;
Six chevaux attelés à ce fardeau pesant
Ont peine à l'émouvoir sur le pavé glissant.
D'un carrosse en tournant il accroche une roue,
Et du choc le renverse en un grand tas de boue :
Quand un autre à l'instant s'efforçant de passer,
Dans le même embarras se vient embarrasser.
Vingt carrosses bientôt arrivant à la file
Y sont en moins de rien suivis de plus de mille ;
Et, pour surcroît de maux, un sort malencontreux
Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs ;
Chacun prétend passer ; l'un mugit, l'autre jure.
Des mulets en sonnant augmentent le murmure.
Aussitôt cent chevaux dans la foule appelés
De l'embarras qui croit ferment les défilés,
Et partout les passants, enchaînant les brigades,
Au milieu de la paix font voir les barricades.
On n'entend que des cris poussés confusément :
Dieu, pour s'y faire ouïr, tonnerait vainement.
Moi donc, qui dois souvent en certain lieu me rendre,
Le jour déjà baissant, et qui suis las d'attendre,
Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer,
Je me mets au hasard de me faire rouer.
Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse ;
Guénaud sur son cheval en passant m'éclabousse,
Et, n'osant plus paraître en l'état où je suis,
Sans songer où je vais, je me sauve où je puis.

Tandis que dans un coin en grondant je m'essuie,
Souvent, pour m'achever, il survient une pluie :
On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau,
Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau.
Pour traverser la rue, au milieu de l'orage,
Un ais sur deux pavés forme un étroit passage ;
Le plus hardi laquais n'y marche qu'en tremblant :
Il faut pourtant passer sur ce pont chancelant ;
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières,
Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières.
J'y passe en trébuchant ; mais malgré l'embarras,
La frayeur de la nuit précipite mes pas.

Car, sitôt que du soir les ombres pacifiques
D'un double cadenas font fermer les boutiques ;
Que, retiré chez lui, le paisible marchand
Va revoir ses billets et compter son argent ;
Que dans le Marché-Neuf tout est calme et tranquille,
Les voleurs à l'instant s'emparent de la ville.
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté
Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté.
Malheur donc à celui qu'une affaire imprévue
Engage un peu trop tard au détour d'une rue !
Bientôt quatre bandits lui serrent les côtés :
La bourse ! ... Il faut se rendre ; ou bien non, résistez,
Afin que votre mort, de tragique mémoire,
Des massacres fameux aille grossir l'histoire.
Pour moi, fermant ma porte et cédant au sommeil,
Tous les jours je me couche avecque le soleil ;
Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière,
Qu'il ne m'est plus permis de fermer la paupière.
Des filous effrontés, d'un coup de pistolet,
Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet ;
J'entends crier partout: Au meurtre ! On m'assassine !
Ou : Le feu vient de prendre à la maison voisine !
Tremblant et demi-mort, je me lève à ce bruit,
Et souvent sans pourpoint je cours toute la nuit.
Car le feu, dont la flamme en ondes se déploie,
Fait de notre quartier une seconde Troie,
Où maint Grec affamé, maint avide Argien,
Au travers des charbons va piller le Troyen.
Enfin sous mille crocs la maison abîmée
Entraîne aussi le feu qui se perd en fumée.

Je me retire donc, encor pâle d'effroi ;
Mais le jour est venu quand je rentre chez moi.
Je fais pour reposer un effort inutile :
Ce n'est qu'à prix d'argent qu'on dort en cette ville.
Il faudrait, dans l'enclos d'un vaste logement,
Avoir loin de la rue un autre appartement.

Paris est pour un riche un pays de Cocagne :
Sans sortir de la ville, il trouve la campagne ;
Il peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts,
Recéler le printemps au milieu des hivers ;
Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries,
Aller entretenir ses douces rêveries.

Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu,
Je me loge où je puis et comme il plaît à Dieu.

(Satire VI)
Nicolas BOILEAU (1636-1711)

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Lun 27 Mar - 14:47

Toujours de Boileau

Rien n'est beau que le vrai...

... Rien n'est beau que le vrai : le vrai seul est aimable ;
Il doit régner partout, et même dans la fable :
De toute fiction l'adroite fausseté
Ne tend qu'à faire aux yeux briller la vérité.

Sais-tu pourquoi mes vers sont lus dans les provinces,
Sont recherchés du peuple, et reçus chez les princes ?
Ce n'est pas que leurs sons, agréables, nombreux,
Soient toujours à l'oreille également heureux ;
Qu'en plus d'un lieu le sens n'y gêne la mesure,
Et qu'un mot quelquefois n'y brave la césure :
Mais c'est qu'en eux le vrai, du mensonge vainqueur,
Partout se montre aux yeux et va saisir le coeur ;
Que le bien et le mal y sont prisés au juste ;
Quejamais un faquin n'y tint un rang auguste ;
Et que mon coeur, toujours conduisant mon esprit,
Ne dit rien aux lecteurs qu'à soi-même il n'ait dit.
Ma pensée au grand jour partout s'offre et s'expose,
Et mon vers, bien ou mal, dit toujours quelque chose...

(Épître IX)

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 30 Mar - 20:15

On va remonter encore plus loin... en voguant, comme à mon habitude, sur le wired, je suis tombée sur Christine de Pisan. Et me suis souvenue que cette femme de lettre du Moyen-âge m'avait marqué dans mes enfances...
Je vous mets ici le lien sur sa vie
http://www.anthologie.free.fr/anthologie/pisan/pisan.htm

Et un extrait d'oeuvre... disons, la première que j'ai rencontré d'elle.

Ballade: Seulette suis

Seulette suis et seulette veux être,
Seulette m'a mon doux ami laissée,
Seulette suis, sans compagnon ni maître,
Seulette suis, dolente et courroucée,
Seulette suis en langueur mésaisée,
Seulette suis plus que nulle égarée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Seulette suis à huis ou à fenêtre,
Seulette suis en un anglet muchée,
Seulette suis pour moi de pleurs repaître,
Seulette suis, dolente ou apaisée,
Seulette suis, rien n'est qui tant me siée,
Seulette suis en ma chambre enserrée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Seulette suis partout et en tout être,
Seulette suis, où je vais où je siée,
Seulette suis plus qu'autre rien terrestre,
Seulette suis, de chacun délaissée,
Seulette suis, durement abaissée,
Seulette suis souvent toute épleurée,
Seulette suis sans ami demeurée.

Princes, or est ma douleur commencée:
Seulette suis de tout deuil menacée,
Seulette suis plus tainte que morée,
Seulette suis sans ami demeurée.

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Ven 31 Mar - 16:57

Puisque nous en sommes aux dames du temps jadis, en voici un, très ................. de Louise Labé.


Baise m'encor, rebaise-moi et baise

Baise m'encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m'en un de tes plus savoureux,
Donne m'en un de tes plus amoureux :
Je t'en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j'apaise,
En t'en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m'Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.

(Sonnets)
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Ven 31 Mar - 19:54

Oh, Louise Labbé!! La Belle Cordière!! Une lyonnaise et me semble-t-il seule femme de la Pléiade lovejap

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Ven 31 Mar - 20:15

http://franceweb.fr/poesie/labe2.htm

Voici quelques renseignements sur Louise, qu'on a effectivement surnommé, la belle cordière et qui était une ardente féministe, en plus de savoir écrire de beaux poèmes .... Smile
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Lun 3 Avr - 0:46

*Une ancêtre des Quintuplette, dites...*

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Louise Labé

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Ven 7 Avr - 14:16

C'est...spécial...Mais c'est lovedevil
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Lun 22 Mai - 19:09

dans Dead Man l'indien Nobody cite un partie de ce poème (en italique), comme j'ai bien aimé ces vers je suis allée chercher le reste ^^

William Blake - Auguries of Innocence

To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.
A Robin Red breast in a Cage
Puts all Heaven in a Rage.
A dove house fill'd with doves & Pigeons
Shudders Hell thro' all its regions.
A dog starv'd at his Master's Gate
Predicts the ruin of the State.
A Horse misus'd upon the Road
Calls to Heaven for Human blood.
Each outcry of the hunted Hare
A fibre from the Brain does tear.
A Skylark wounded in the wing,
A Cherubim does cease to sing.
The Game Cock clipp'd and arm'd for fight
Does the Rising Sun affright.
Every Wolf's & Lion's howl
Raises from Hell a Human Soul.
The wild deer, wand'ring here & there,
Keeps the Human Soul from Care.
The Lamb misus'd breeds public strife
And yet forgives the Butcher's Knife.
The Bat that flits at close of Eve
Has left the Brain that won't believe.
The Owl that calls upon the Night
Speaks the Unbeliever's fright.
He who shall hurt the little Wren
Shall never be belov'd by Men.
He who the Ox to wrath has mov'd
Shall never be by Woman lov'd.
The wanton Boy that kills the Fly
Shall feel the Spider's enmity.
He who torments the Chafer's sprite
Weaves a Bower in endless Night.
The Caterpillar on the Leaf
Repeats to thee thy Mother's grief.
Kill not the Moth nor Butterfly,
For the Last Judgement draweth nigh.
He who shall train the Horse to War
Shall never pass the Polar Bar.
The Beggar's Dog & Widow's Cat,
Feed them & thou wilt grow fat.
The Gnat that sings his Summer's song
Poison gets from Slander's tongue.
The poison of the Snake & Newt
Is the sweat of Envy's Foot.
The poison of the Honey Bee
Is the Artist's Jealousy.
The Prince's Robes & Beggars' Rags
Are Toadstools on the Miser's Bags.
A truth that's told with bad intent
Beats all the Lies you can invent.
It is right it should be so;
Man was made for Joy & Woe;
And when this we rightly know
Thro' the World we safely go.
Joy & Woe are woven fine,
A Clothing for the Soul divine;
Under every grief & pine
Runs a joy with silken twine.
The Babe is more than swaddling Bands;
Throughout all these Human Lands
Tools were made, & born were hands,
Every Farmer Understands.
Every Tear from Every Eye
Becomes a Babe in Eternity.
This is caught by Females bright
And return'd to its own delight.
The Bleat, the Bark, Bellow & Roar
Are Waves that Beat on Heaven's Shore.
The Babe that weeps the Rod beneath
Writes Revenge in realms of death.
The Beggar's Rags, fluttering in Air,
Does to Rags the Heavens tear.
The Soldier arm'd with Sword & Gun,
Palsied strikes the Summer's Sun.
The poor Man's Farthing is worth more
Than all the Gold on Afric's Shore.
One Mite wrung from the Labrer's hands
Shall buy & sell the Miser's lands:
Or, if protected from on high,
Does that whole Nation sell & buy.
He who mocks the Infant's Faith
Shall be mock'd in Age & Death.
He who shall teach the Child to Doubt
The rotting Grave shall ne'er get out.
He who respects the Infant's faith
Triumph's over Hell & Death.
The Child's Toys & the Old Man's Reasons
Are the Fruits of the Two seasons.
The Questioner, who sits so sly,
Shall never know how to Reply.
He who replies to words of Doubt
Doth put the Light of Knowledge out.
The Strongest Poison ever known
Came from Caesar's Laurel Crown.
Nought can deform the Human Race
Like the Armour's iron brace.
When Gold & Gems adorn the Plow
To peaceful Arts shall Envy Bow.
A Riddle or the Cricket's Cry
Is to Doubt a fit Reply.
The Emmet's Inch & Eagle's Mile
Make Lame Philosophy to smile.
He who Doubts from what he sees
Will ne'er believe, do what you Please.
If the Sun & Moon should doubt
They'd immediately Go out.
To be in a Passion you Good may do,
But no Good if a Passion is in you.
The Whore & Gambler, by the State
Licenc'd, build that Nation's Fate.
The Harlot's cry from Street to Street
Shall weave Old England's winding Sheet.
The Winner's Shout, the Loser's Curse,
Dance before dead England's Hearse.
Every Night & every Morn
Some to Misery are Born.
Every Morn & every Night
Some are Born to sweet Delight.
Some are Born to sweet Delight,
Some are born to Endless Night.

We are led to Believe a Lie
When we see not Thro' the Eye
Which was Born in a Night to Perish in a Night
When the Soul Slept in Beams of Light.
God Appears & God is Light
To those poor Souls who dwell in the Night,
But does a Human Form Display
To those who Dwell in Realms of day


édit : ouin j'arrive pas à trouver de version française de ce poème bouhouhou! aidez moi...

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Mer 5 Juil - 18:44

ce n'est pas forcément un mal, beaucoup de poèmes anglophones perdent beaucoup à la traduction
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Tuor
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Mer 5 Juil - 21:50

Tiens, j'ai encore envie de mettre un poème farfelu d'André Breton...les deux poèmes plus ma signature, je vais passer pouir un groupie d'André Breton (bah oui, et alors ?)
Dans ce poème, vous pouvez constater à quel point l'ecriture automatique peut accoucher de recits remarquables par leur (relative) cohérence:


Mais senfin ou-sommes nous
Je lustre de deux doigts le poil de la vitre
Un griffon de transparence passe la tête
Au tarvers je ne reconnais pas le quartier
Le soir tombe il est clair que nous allons depuis longtemps à l'aventure
Doucement doucement voyons
Et moi je vous dis qu"'il y avait une plaque là à gauche

Rue quoi, Rue-ou-peut-etre-donné-le-droit-à-la-bonne-chère
Et dix-sept cent franc au compteur c'est insensé
Qu'attendez-vous pour conjsulter votre plan nom de Dieu
Mais le chauffeur semble sorti d'un rêve
La tête tournée à droite il lit à haute voix
Rue-des-chères-bonnes-âmes
Eh bien
Ca ne lui fait ni chaud ni froid
Bien mieux il parle de reprendre la course
Il a déjà la main sur son drapeau
Ou allions-nous j'ai oublié

Nous entrons dans un tabac vermoulu
Il faut écarter d'epais rideaux de gaze grises
Comme les bayahondes d'Haiti
Au comptoir une femme nue ailée
Verse le sang dans des verres d'eclipses
Les etiquettes des bouteilles portent les mots Libres pêcheurs Gondine on dirait de l'eau-de-vie de Dantzig Evita de Martine
Et les boites de cigares flamboient d'images d'echaffourées
La merveille au mur est un eventail à soupiraux
Madame sommes nous louin de Chorhyménée
Mais la belle au buisson ardent se mire dans ses ongles
Des joueurs au fond de la pièce battent des flaises de vitraux
Nous rebroussons

La route est brodée de maisons en construction
Dont pointe le pistil et se deploient en lampe à arc les étamines
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Mer 5 Juil - 22:20

Une rose seule, c'est toutes les roses
et celle-ci: l'irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.

Comment jamais dire sans elle
ce que furent nos espérances,
et les tendres intermittences,
dans la partance continuelle.

Aus: Les Roses
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 0:07

Allez, après Breton, changeons de registre avec ce magnifique poème en prose d'Yves Bonnefoy, qui donnes son nom au recueil etudié cete année pour le bac L:

Les Planches courbes:

L'Homme etait grand, très grand, qui se tenait sur la rive, près de la barque. La clarté de la lune était derrière lui, posée sur l'eau du fleuve. A un leger bruit l'enfant qui s'avancait, lui tout à fait silencieusement, comprenait que la barque bougeait, contre un appontement ou contre une pierre. Il trnait serréee dans sa main la petite pièce de cuivre.
"Bonjour monsieur, dit-il d'une voix claire mais mais qui tremblait car il craignait d'attirer trop fort l'atention de l'homme, du géant, qui était là immobile. Mais le passeur, absent de soi comme il semblait l'être, l'vait déjà aperçu, sous les roseaux.
"Bonjour mon petit, qui es tu ?"
-Oh, je ne sais pas, dit l'enfant."
-Comment, tu ne sais pas ! Est-ce que tu n'as pas de nom ?
L'enfant essaye de comprendre ce que pouvait être un nom. "je ne sais pas" dit-il à nouveau, assez vite.
"Tu ne sais pas !Mias tu sazis bien ce que tu entend quand on te fais signe, quand on t'appelle !"
-On ne m'appelle pas."
-On en t'appelle pas quand il faut rentrer à la maison ? Quand tu as joué dehors et que c'est lm'heure pour ton repas, pour dormir ? N'as-tu pas un père, une mère, une maison ? Dis-moi !"
Et l'enfant de demander ce qu'était un père, une mère; ou une maison.
"un père, qu'est-ce que c'est ?"
Le passeur s'assit sur une pierre, près de sa barque. Sa voix vient de moins loin dans la nuit. Mais il avait eu d'abord une sorte de petit rire.
"Une père ? Eh bien, celui, qui te prends sur ses genoux quand tu pleure, et qui s'assied prés de toile soir quand tu as peur de t'endormir, pour te raconter une histoire."
L'enfant ne repondit pas.
"Souvent on n'a pas de père, c'est vrai, repris le génant après quelque reflexions, mais alors il y a ces jeunes et douces femmes, dit-on, qui allument le feu, qui vous assoient près de lui, qui vous chantent une chanson. Et quand elles s'eloignent, c'est pour faire cuire les plats, on sent l'odeur de l'huile qui chauffe la marmite.
-je ne me souviens pas de cla non plus", dit l'enfant de sa lègére voix craistalline. Il s'était appriché du passeur qui maintenant se taisait, il entendait sa respiration égale, lente. "je dois traverser le fleuve, j'ai de quoi payer le passage".
Le génat, se pencha, le pris dans ses vastes mains, le place sur ses epaules, se redressa et descendit dans la barque, qui céda un peu sous son poids.
"Allons, dit-il, tiens toi bien fort à mon cou".
D'une main, il retenait l'enfant par une jambe, de l'autre il planta la perche dans l'eau. L'enfant se cramponna à son cou d'un mouvement bruque, avec un soupir. Le passeur put prendre alors la perche à deux mains, il la retira de la boue, la barque quitta la rive, le bruit de l'au s'elargit sous les reflets, dans les ombres.
ET un instant après un doigt toucha son oreille.
"Ecoute, dit l'enfant, veut-tu être mon père ?" Mais il s'interrompit aussitot, la voix brisée par les larmes.
"Ton père ! Mais je ne suis que le passeur ! Je ne m'eloigne jamais d'un bord ou de l'autre du fleuve."
-Mais je resterais avec toi, au bord du fleuve.
-Pour être un père, il fautr avoir une maison, ne comprend-tu pas ? je n'ai pas de maison, je vis dans les joncs de lrive.
-Je reserais si volontier avec toi sur la rive !
-Non, dit le passeur, ce n'est pas possible. Et vois d'ailleur !"
Ce qu'il faut voir, c'est que la barque semble flechir de plus en plus sous le poids de l'homme et de l'enfant, qui s'accroit à chaque seconde. le passeur peine à la pousser en avant, l'eau arrive à la hauteur deu bords, elle le franchit, elle atteint le haut de ces grandes jambes qui sentent se derober tout appui dans les planches courbes. l'esquif ne coule pas, cependant, c'est plutot comme s'il se dissipait, dans la nuit, et l'homme nage, maintenant, le petit garçon toujours aggripé à son cou. "N'aie pas peur, dit-il, le fleuve n'est pas si large, nous arriverons bientot.
-oh, s'il te plait, sois mon père ! SDois ma maison !"
-Il faut oublier tou cela, dit le géant, à voix basse. Il faut oublier ces mots. Il faut oublier les mots."
Il aprepris dans main la petite jambe, qui est immense déjà, et de son bras libre il nage dans cet espace sans fin de courants qui s'entrechoquent, d'abimes qui s'entrouverent, d'etoiles.

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 0:13

Pour une fois que je connais... Wink N'empêche que j'aime bien ce texte, comme dit ma prof de lettres, ça fait penser un peu au petit prince !!
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 0:23

Pour une fois que je connais... N'empêche que j'aime bien ce texte, comme dit ma prof de lettres, ça fait penser un peu au petit prince !!

Aaaaaargh (bon d'accord, c'erst très bien le petit prince, mais quand meme, la comparaison estr assez...choquante)_________________
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 0:28

Si, le passage de la rencontre entre l'aviateur et le petit prince.

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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 0:34

Magnifique ce poème , je ne connaissais pas du tout , allégorie ou métaphore ?
Je pense qu’il faut connaître un peu le poète pour proposer une interprétation . Mais combien de symboles s’y accumulent pour nous faire vibrer même au premier degré .
Ce n’est pas au Petit Prince que je l’associerais mais plutôt au Roi des Aulnes. Ne me demandez pas pourquoi !
Tiens j’aimerais bien que ceux qui l’ont étudié nous en parlent un peu plus !
Mj
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 0:48

Tiens j’aimerais bien que ceux qui l’ont étudié nous en parlent un peu plus !
Mj

(Fouille dans ses souvenirs de cours de cette année)

Bah il y a beacoup de choses à dire, mais je me contenterai de quelques remarques, aprés si quelqur'un veut compléter, comme artie...
Tout d'abrod, le rpincipal à savoir, c'est que Bonnefoy refuse les concepts platoniciens et base sa poèsie sur les realités imples du quotidien. Vous remarquerez que la definition que le passeur donne du père et de la mère est elaborée à partir de frangments de vécu.
Le travail de l'incosncient est donc primoridial dans cette poèsie. Ce recit peut rappler à certains l'univers du conte, le mythe de Charon, celui de Saint-Christophe...et autres elements issus du plus profond de notre esprit.
Et puis il ya l'enfant qui en grandissant devient symboliqument le père de son père. Il apprend les mots pendant que l'adulte (le paseur) desapprend, jusqu'à se fondre dans la nature à la fin du poème..la fusion des deux etres avec la nature resout le rpoblème de la quête d'identité de l'enfant (je sais pas je suis clair là...vous inquiètez pas, moi ausi je nage lol! ).

Et puis il ne fait pas oublier l'exeptionnelle qualtié de la langue de la langue bonnefidienne, comme dans le remarquable "le passeur s'asit sur une pierre, prés de sa barque" ou sont reprises toute les consonnes du miot passeur, que 'on entend come dans un rêve.
Voilà, j'espère que c'est assez piur vous donner une tiote idée.
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 3:02

Déjà bien de la matière en effet ! Merci Tuor !

J’aime beaucoup cette adresse à nous suggérer des grands mythes pour cadre de sentiments plus simples comme s’il y avait plusieurs niveaux d’émotion C’est vrai que l’image de Charon s’impose dans le rite du passage , comme celle de Saint Christophe dans son role protecteur . Et c’est en parallèle qu’on ressent tout ce qui manque à l’enfant , ce à quoi il aspire ; juxtaposition aussi de deux idées fortes : celle du géant qui s’enfonce pour peu à peu se fondre dans la nature(vieillesse ?) et l’oubli nécessaire des mots qui définissent l’état de l’enfance . Je pense qu’il y aurait encore beaucoup à dire !
Quelle richesse dans ce poème .
Mj
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 6 Juil - 19:19

Allez, encore un peu d'Yves Bonnefoy, extrait du même recueil:

La maison natale, X:

La vie, alors, et ce fut à nouveau
Une maison natale.Autour de nous
Le grenier d'au-dessus l'eglise defaite,
Le jeu d'ombre léger des nuées de l'aube,
Et en nous cette odeur de la paille sèche
Restée à nous attenre, semblait-t'il,
Depuis le dernier sac maonté, de blé ou de seigle,
Dans l'autrefois sans fin de la lumière
Des étés tamisés par les tuiles chaudes.
Je pressentais que le jour allait poindre,
Je m'eveillais, et je me tourne encore
vers celle qui rêva à côté de moi
Dans la maison perdue. A son silence
Soient dédiés, au soir,
Les mots qui semblent ne parler que d'autres choses.

(je m'eveillais,
J'aimais les jours que nous avions, jours preservés
Comme va lentement un fleuve, bien que déjà
pris dans le bruit de vouete de la mer.
Ils avancaient, avec la majesté des choses simples,
Les grandes voiles de ce qui est voulaient bien prendre
L'humaine vie precaire sur le navire
Qu'etendait la montagne tout autour de nous.
Ô souvenir,
Elles couvraient des claquements de leur silence
Le bruit, d'eau sur les pierres, de nos voix,
Et en avant ce serait bien la mort,
Mais de cette couleur laiteuse du bout des plages
Le soir, quand les enfants
Ont pieds, loins, rient dans l'eau calme, et jouent encore)

La maison natale, XII:

Beauté et verité, mais ces hautes vagues
Sur ces cris qui s'obstinent. Comment garder
Audible l'espèrance dans le tumulte,
Comment faire pour que vieillir, ce soit renaitre,
Pour que la maison s'ouvre, de l'interieur
Pour que ce ne soit pas la mort qui pousse
Dehors celui qui demandait un lieu natal ?

Je comprends maintenant que ce faut Cérés
Qui me arut, de nuit, chercher refuge
Quand on frappait à la porte, et dehors,
C'était d'un coup sa beauté, sa lumière
Et son desir aussi, son besoin de boire
Avidement au bol de l'espérance
Parcequ'était perdu mais retrouvable
Peut-être, cet enfant qu'elle n'avait su,
Elle pourtant divine et riche de soi
Soulever de la flamme des jeunes blés
Pour qu'il ait rire, dans l'evidence qui fait vivre
Avant la convoitise du dieu des morts

Et pitié pour Cérés et non moquerie,
Rendez-vous à des carrefours dans la nuit profonde,
Cris d'appel au travers des mots, même sans réponse
Parole même obscure mais qui puissent
Aimer enfin Cérés qui cherche et souffre
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Dim 20 Aoû - 23:04

La Passante d'Été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l'heureuse,
Celle que l'on envie, la promeneuse?
Au tournant de la route il faudrait qu'elle soit
Saluée par de beaux messieurs d'autrefois.


Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
Elle exploite la tendre alternative:
S'effaçant un instant à la trop brusque lumière,
Elle ramène l'ombre dont elle s'éclaire.


Rainer Maria Rilke (Vergers)
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MessageSujet: Re: Poèmes du jour   Jeu 12 Oct - 17:43

Ca fait trop longtemps qu'il n'y a pas eu de poème... En voilà un, j'espère qu'il n'a jamais été copié ici auparavant...
Je n'en connais pas le titre exact, apparemment c'est "Sur une barricade", mais je n'en suis pas sûre - donc si quelqu'un sait, je serais ravie d'en savoir plus !

Sur une barricade, au milieu des pavés
Souillés d'un sang coupable et d'un sang pur lavés,
Un enfant de douze ans est pris avec des hommes.
- Es-tu de ceux-là, toi ! - L'enfant dit : Nous en sommes.
- C'est bon, dit l'officier, on va te fusiller.
Attends ton tour. - L'enfant voit des éclairs briller,
Et tous ses compagnons tomber sous la muraille.
Il dit à l'officier: Permettez-vous que j'aille
Rapporter cette montre à ma mère chez nous ?
- Tu veux t'enfuir ? - Je vais revenir. - Ces voyous
Ont peur ! Où loges-tu ? - Là, près de la fontaine.
Et je vais revenir, monsieur le capitaine. - Va-t'en, drôle! -
L'enfant s'en va. - Piège grossier !
Et les soldats riaient avec leur officier,
Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle
Mais le rire cessa, car soudain l'enfant pâle,
Brusquement reparu, fier comme Viala,
Vint s'adosser au mur et leur dit: Me voilà.

Victor Hugo.
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