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 Andrea Camilleri, Montalbano et la Sicile

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Kusanagi
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MessageSujet: Andrea Camilleri, Montalbano et la Sicile   Sam 27 Fév - 0:30

Bon, je sais, c'est la même version que sur Lambton, mais voilà... alors, présentation du plus grand écrivain transalpin encore vivant (et si vous avez une folle envie de vivre dans une maison en bord de mer, en Sicile après Montalbano, je décline toute responsabilité... mais je veux bien venir avec vous )



Tout d’abord, une brève biographie (merci Wiki) :
Né le 6 septembre 1925 à Porto
Empedocle
(la Vigàta de ses romans), dans la province d'Agrigente, en Sicile, Andrea
Camilleri va connaître deux vie. L’une comme metteur en scène, l’autre comme
écrivain. Fils unique dans une famille de la haute-bourgeoisie, mais
désargentée, Camilleri poursuit ses études à Palerme
où il fréquente la bohème. Il commence alors sa carrière d'écrivain par des
nouvelles et des articles pour des journaux et des revues ainsi que de la
poésie. En 1947, il remporte le prix de poésie Libera Stampa devant Pasolini et en 1949, à Florence,
un prix prestigieux pour une pièce de théâtre, Giudizzi a mezzanotte
(Jugement à minuit). Durant son
voyage de retour en Sicile, il relit sa pièce et s'en trouve si peu satisfait
qu'il la jette par la fenêtre du train. C'était le seul exemplaire. Quelque
temps après, il reçoit une bourse de l'Académie
des arts dramatiques et quitte la Sicile.


C'est le début de sa première carrière : il est metteur
en scène et enseignant et théoricien d'art dramatique. Il collabore à L'Enciclopedia
dello Spettacolo
, enseigne au Centro
sperimentale di cinematografia. En tant que metteur en scène, il
travaille aussi bien pour le théâtre,
la télévision que la radio.
C'est à ce moment qu'il produit une adaptation célèbre en Italie des enquêtes
du commissaire Maigret de Simenon.
Parallèlement, il continue d'écrire des nouvelles, mais pas de romans malgré
les encouragements de son ami, autre auteur sicilien, Leonardo
Sciascia
.


Et là, va commencer sa deuxième carrière. En 1982 enfin, à
cinquante-sept ans, il publie son premier roman, bientôt suivi de nombreux
autres. C'est sa deuxième carrière, celle du romancier, dont l'inspiration
suivra une double voie. Comme Sciascia, il prend prétexte d'un fait divers
réel, dans la Sicile du XIXe siècle
pour bâtir un récit historico-policier, ou, autre voie suivie, il écrit des
romans policiers, avec le commissaire Montalbano comme héros dont les enquêtes
se déroulent dans la ville imaginaire de Vigàta,
en Sicile (qui ressemble beaucoup à sa ville natale).


A partir de Montalbano et des autres romans, tous ou presque
ayant pour cadre la Sicile, Camilleri va devenir un véritable phénomène en
Italie. Et l’adaptation par la RAI des aventures de Montalbano un des succès du
groupe télévisuelle. Entre nous soit dit, une excellente adaptation,
malheureusement introuvable en France.


Passons à moi et Camilleri.


Il y a déjà longtemps, la télé française avait diffusé les
premières aventures du commissaire Montalbano. J’avais bien aimé. Puis un jour,
dans une librairie, je découvre que c’est adapté d’une série de romans. J’en
achète un. J’aime le style. Il faut dire que les Camilleri sont excellemment
bien traduit. En italien, c’est écrit dans une langue qui mélange allégrement
l’italien « officiel » et le dialecte sicilien. Il faut savoir qu’en
Italie les dialectes sont encore très vivaces, et les auteurs n’hésitent pas à
employer celui de leur régions (sauf Umberto Eco, qui emploie tout, et surtout
du latin… hum… nan, je plaisante, parce qu’il écrit parfois en dialecte
milanais, mais là n’est pas le sujet)


Et le traducteur français des Montalbano, Serge Quadruppani,
a fait un très grand travail d’adaptation, qui fait sentir toute l’âme de la
langue.


Bref, j’ai adoré donc ma rencontre, et lors de mes séjours
en Italie, j’ai acheté les derniers sortis directement en VO… et les coffrets
DVD de la série télé.


Montalbano, c’est un peu Maigret, un peu Sherlock Holmes,
beaucoup la Sicile. Pas toujours des histoires de crimes sanguinaires, pas
toujours la Mafia, mais toujours un Montalbano caractériel, dont l’humeur
dépend du temps qui fait et profondément humain. Comme son auteur, comme ses
histoires. Un commissaire amateur de bonne chère, de bons vins et surtout, un
commissaire grand lecteur, avec une importante bibliothèque, et qui puise
l’inspiration, parfois, dans ses livres. On rit énormément à la lecture de
Camilleri, de ce rire typique en Italie, teinté de malinconia. On s’enerve aussi devant l’absurde de certaines
situations, la bêtise des gens. On se rend compte que la Sicile est un joli
pays, mais parfois oublié, volontairement, par ceux qui décident. Que la Mafia
n’est pas ce que l’on croit, et qu’on peut vivre en-dehors… mais pas sans elle.


Pour en revenir aux livres, je vous conseille, pour vous
familiariser, de commencer par les recueils de nouvelles :


- Un mois avec
Montalbano



- La démission de
Montalbano



Pour les romans, le premier de la série est La Forme de l’eau. Mais mon préféré
reste La patience de l’araignée (que
je n’ai pas en français, je ne sais plus d’ailleurs où en est la traduction
française), qui est pour moi, un petit bijou de construction, et une terrible
histoire de vengeance. Mais aussi une très belle histoire.


J’ai aussi commencé à lire ses autres romans, non policier,
avec la Concession du Téléphone,
plongé dans l’absurdité bureaucratique, et les petits arrangements, dans une
Sicile de la fin du XIème siècle, nouvellement rattachée à l’Italie. On y
retrouve toujours ce ton, à la fois drôle et… comment dire, vous savez, quand
vous soupirez devant un truc, déprimé….


Bon, j’essaierai de faire un peu plus construit pour la
suite !

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MessageSujet: Re: Andrea Camilleri, Montalbano et la Sicile   Sam 6 Mar - 20:02

Bon, je ne vais pas apporter la même précision que sur Lambton.... après tout, wiki est votre ami aussi

Je vais vous parler des trois romans que je préfère, dans la série des Montalbano:

Chien de Faïence/ Il cane di terracotta. (1996)

Citation :
Tano u grecu, important mafieux menacé par ses pairs, décide de se
livrer au commissaire Montalbano, mais il est abattu par ses anciens
complices en même temps que deux policiers. Avant de mourir, il a révélé
l'existence d'une importante cache d'armes dans une grotte aux environs
de Vigàta. Bientôt le cadavre d'un employé municipal vient s'ajouter à
la liste. L'affaire ne s'arrête pas là : dans l'arrière-fond de la
grotte, on trouve les corps de deux amants s'étreignant dans la mort.
Touchant ! Troublant, surtout, ce chien de faïence qui semble monter la
garde devant les défunts..

J'aime particulièrement celui-ci, pour plusieurs raisons... d'abord, la description douce-amère, comme toujours, de la Sicile et de l'Italie, économiquement et politiquement. Mais surtout parce que Montalbano va plus s'intéresser à un cas remontant à 50 ans, que réellement à l'enquête en cours. C'est, comme toujours chez Camilleri, avec Montalbano surtout, truffé de référence littéraire... et surtout une à Umberto Eco . Une bonne entrée en matière de ce que j'appelle, la "première période" dans les enquêtes du commissaire.

Le tour de la bouée/ Il giro di boa (2003)

Citation :
Malgré les injonctions de sa fiancée Livia, le commissaire Montalbano a décidé de démissionner. Les événements de juillet 2001 à Gênes, marqués par le comportement scandaleux d'une bonne partie des forces de l'ordre, lui font perdre toute confiance dans le corps auquel il appartient. Sa décision prise, il veut, comme à l'accoutumée, se débarrasser de la laideur du monde en nageant dans cette mer qu'il a sous ses fenêtres. Et voici qu'il heurte le cadavre d'un inconnu en état de décomposition avancée, aux poignets et aux chevilles portant la marque de liens. Ce coup de force du destin le contraint à reprendre son boulot de flic. Sur cette côte sicilienne tournée vers l'Afrique, d'autres corps échouent, ceux des immigrés clandestins dont des féroces mafias organisent le trafic. Un enfant meurt, renversé par une voiture...

Et c'est celui-là qui va constituer pour moi un tournant dans l'œuvre de Camilleri et les aventures de son commissaire. Bien sûr, les enquêtes de Montalabno ont toujours eu un rapport avec la politique, avec l'état de l'Italie, et l'humeur de Montalbano un point important. Mais à partir de cette enquête (qui fut aussi la première que j'ai lu en italien), les évènements de Gêne vont fortement influencer sur la vision de monde, qui va se teinter de pessimisme. Un pessimisme que personnellement, hélas, je trouve tout à fait justifier. Montalbano vieillit, Montalbano fait de moins en moins confiance au système qu'il sert, et le système lui-même devient de plus en plus... bref, la plume de Camilleri devient grinçante, le commissaire se parle de plus en plus à lui-même, et même la mer, la magnifique mer Méditerranée qui illuminait les récits, ne parvient plus à laver toutes les mal-pensées.... trop engorgée elle-même de ce que les hommes produisent...déchets, cadavres des clandestins, cadavres des exécutés...

La patience de l'araignée/ la pazienza del ragno (2004)

Citation :
La commissaire Montalbano, bien que convalescent, est chargé d'une nouvelle affaire : une jeune fille a disparu. Tout prête à croire qu'elle a été enlevée. Mais par qui ? Pourquoi ? Il faudra au Sicilien la patience de l'araignée pour découvrir comment la toile du rapt a été tissée...

Ce tome fait suite directement au précédent (le Tour de la bouée, donc) Et on retrouve un Montalabano convalescent... Je crois que c'est mon préféré, car il ne s'agit pas d'une enquête banale, sur un crime quelconque. Pas de mafia ici, pas d'organisation criminelle, pas de sang... mais une vengeance ô combien terrible, digne des plus grandes tragédies shakespeariennes. Une histoire où la limite entre le bien et le mal est très floue, car finalement, rien en nous permet de juger. Ou plutôt, si... mais à lire absolument.

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MessageSujet: Re: Andrea Camilleri, Montalbano et la Sicile   Mar 9 Mar - 11:14

Tout comme sur Lambton, je viens soutenir à fond cet écrivain, que j'apprécie, dont je déguste à la fois l'originalité des intrigues, les parfums de méditerranée et les descriptions délicieuses des plats de la bonne Adelina !! Le dernier lu "chien de faïence" m'a ravie et l'histoire des dormants m'a littéralement enchantée !! Il FAUT lire les avantures de Montalbano !! bounce bounce cheers cheers
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MessageSujet: Re: Andrea Camilleri, Montalbano et la Sicile   Mar 9 Mar - 21:44

Merci ma Clinchamps

Voui, il faut lire Montalbano... et Camilleri en général ^^

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